L’ancien détenu politique Alioune Badara Dème est décédé ce samedi des suites d’une maladie, alors qu’il était hospitalisé à l’hôpital Youssou Mbargane de Rufisque. L’annonce de sa disparition suscite une vive émotion au sein de plusieurs militants et sympathisants du parti Pastef.
Alioune Badara Dème faisait partie des nombreuses personnes arrêtées dans le contexte des tensions politiques ayant opposé, entre 2021 et 2024, le régime de Macky Sall à l’opposition dirigée par Ousmane Sonko.
Durant cette période marquée par de violentes manifestations et une forte crispation politique, plus de 2 000 personnes avaient été interpellées ou emprisonnées, selon plusieurs organisations et acteurs politiques. Les affrontements et troubles enregistrés dans différentes localités du pays avaient également fait plus de 80 morts, selon divers bilans avancés par des organisations de défense des droits humains et des acteurs de l’opposition.
Pour plusieurs proches des anciens détenus, ce décès remet sur la table la question de la prise en charge des ex-prisonniers politiques, souvent membres ou sympathisants de Pastef. Ils estiment que les promesses de justice, d’accompagnement et d’indemnisation tardent encore à se concrétiser.
Depuis leur libération intervenue en mars 2024, plus d’une dizaine d’anciens détenus auraient perdu la vie, selon leurs soutiens, faute de moyens et de prise en charge adéquate. Une situation qui continue d’alimenter les critiques sur le sort réservé aux victimes des tensions politiques ayant secoué le Sénégal ces dernières années.

