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Voyage des enfants Palestiniens détenus vers l’enfer israélien

Mercredi 27 Mars 2019

Ces dernières heures, le Monde entier a pu suivre, l’arrestation par les forces d’occupation israélienne à l’intérieur d’un école primaire, près de la ville palestinienne de Ramallah, d’un petit enfant de 7 ans de la famille Abou Leyla, petit frère du martyr Omar, celui qui avait attaqué, avec un simple couteau de la cuisine, un groupe des soldats et des colons armés, près de Salfit en Cisjordanie occupée il y a quelques jours déjà.
 
Cet enfant de sept ans est l’un des centaines d’enfants palestiniens qu’Israël arrête chaque année : les estimations varient entre 800 et 1000. Il y a, à ce moment présent, environ 270 enfants palestiniens dans des prisons israéliennes.

La raison la plus répandue pour leur arrestation — jet de pierres.
Les conditions auxquelles sont soumis les enfants palestiniens revenaient à toutes formes de maltraitance physique et psychologique pendant l’arrestation, les périodes de transfert et d’attente, et pendant les interrogatoires.

Environ la moitié des arrestations d’adolescents palestiniens ont lieu dans leur foyer. Les soldats des Forces d’occupation israéliennes font irruption dans la maison au milieu de la nuit, saisissent le jeune recherché et l’embarquent. De plus, les mains des mineurs sont parfois trop petites pour les menottes, comme l’a dit un soldat de la brigade d’infanterie de Nahal à l’ONG Breaking the Silence (Briser le silence).


L’étape suivante de l’arrestation est le voyage vers l’inconnu : les jeunes sont emmenés à une base de l’armée ou à un poste de police dans une colonie voisine, leurs yeux couverts par un bandeau.


Dans la plupart des cas, l’enfant, menotté et les yeux bandés, sera déplacé d’un endroit à un autre avant d’être réellement interrogé. Parfois il est laissé dehors un moment, en plein air. Pendant ce temps, de nombreux actes de violence ont lieu, au cours desquels les soldats frappent les détenus, et ils ne sont pas répertoriés. Une fois à la base de l’armée ou au poste de police, le mineur, toujours menotté et les yeux bandés, est placé sur une chaise ou sur le plancher pendant quelques heures, généralement sans qu’on lui donne quoi que ce soit à manger.


La mémoire de l’incident reste des années même après la relaxe du garçon. Elle lui implante un sentiment permanent d’absence de sécurité qui restera avec lui sa vie entière.
Le cauchemar peut durer plus ou moins longtemps. Entre trois et huit heures après l’arrestation, alors que le jeune est fatigué et affamé —et parfois souffre à cause des coups reçus, est effrayé par les menaces et ne sait même pas pourquoi il est là —, il est emmené pour un interrogatoire. Ce peut être le premier instant où le bandeau est enlevé et ses mains libérées.


La procédure commence d’habitude par une question générale, comme « Pourquoi jettes-tu des pierres sur les soldats ? ». La suite est plus intense — une rafale de questions et de menaces, visant à obtenir que le jeune signe des aveux. Dans certains cas, on lui promet que, s’il signe, on lui donnera quelque chose à manger.
L’étape suivante est la prison. Avant de passer dans un centre de détention, le mineur dut rester debout pendant 30 mn, nu, parfois en plein hiver. Les enfants détenus ne parlent pas à leurs familles pendant des mois et n’ont droit qu’à une visite par mois, à travers une vitre.

Le tribunal est d’habitude l’endroit où les parents voient leur enfant pour la première fois, parfois plusieurs semaines après l’arrestation. Les larmes sont la réaction la plus courante à la vue du jeune détenu, qui porte un uniforme de prison et des menottes, avec un nuage d’incertitude pesant sur tout. Les gardes du Service des prisons israéliens n’autorisent pas les parents à approcher du jeune et les orientent vers le banc des visiteurs.

Alors que les enfants et leurs familles essaient d’échanger quelques mots et des regards, la procédure continue. Comme dans un univers parallèle.
 
Dakar, le Mercredi, 27/03/2019
L'Ambassade de l'Etat de Palestine

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