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Soutien à la candidature de Macky SALL à l’ONU et rappel de principes ( Mayacine CAMARA)

Samedi 21 Mars 2026

Président, Cher frère,
Au moment où votre candidature au poste de Secrétaire Général des Nations Unies se déploie sur la scène mondiale, je me dois de vous adresser ces mots de soutien et d’alerte. Ils ne sont pas dictés par la complaisance, mais par une loyauté envers l'État et envers l'homme que j'ai accompagné dès le début de sa conquête présidentielle.
Il est nécessaire, pour la clarté de l'histoire et la dignité de mon engagement, d’affirmer ici que je ne regrette en rien ma décision de m'écarter de votre démarche politique en 2023, tout en restant dans l’amitié et la collaboration administrative. Ce choix était un acte de résistance face à une dérive que je ne pouvais cautionner.


J’ai combattu, et je combattrai, en fonction de mes moyens intellectuels, politiques et spirituels, sous n’importe quel régime, l’effondrement de l’exigence de compétence au sein de nos structures publiques et plus strictement de notre administration publique.
Mon opposition n'était pas un simple désaccord de circonstance, mais un acte de fidélité à des principes que j’ai refusé de voir sacrifiés sur l’autel de l'arrogance financière. Cette dérive qui s’était érigée, sous nos yeux, en unique baromètre de réussite sociale et que voyais perpétuer avec certaines figures politiques que vous soutenez aveuglément. J’ai refusé, avec une determination sans faille, cette pente vers une malfaisance organisée qui a fini par installer un régime d’incompétence systémique au sommet de nos prestigieuses structures.

Ce système délétère a malheureusement fini par inhiber vos plus belles et majestueuses initiatives, faisant écran à la réalisation d’œuvres dont l'envergure, pourtant, demeure sans égale en termes de patriotisme et de souverainisme. En choisissant de refuser ces postures, je protégeais l'essence même de notre engagement mutuel scellé en début de la campagne politique de 2012, campagne qui nous a menés à la victoire, contre ceux que nous aurions considérés comme des prédateurs, et qui auraient voulu en effacer la trace.


Il m’était devenu insupportable de voir la promotion de véritables délinquants de nos deniers publics, portés au pinacle au seul motif de leur capacité à inféoder quelques bases électorales par des méthodes peu orthodoxes. Nous étions arrivés à un point de dérive où une simple nomination en Conseil des Ministres suffisait, aux yeux de certains, à justifier une richesse indécente, exposée sans scrupule ni pudeur, alors même que le patrimoine de l'État était pris en otage.

Ce que j'ai refusé de cautionner, c’est cette fâcheuse tendance à confier nos ministeres techniques, nos agences nationales, nos directions générales et nos leviers de développement à des hommes de main sans titres, au mépris de tout diplôme et de toute éthique, ou à des intellectuels dévoyés n’ayant aucun respect pour le bien commun. Ce trafic d'influence généralisé, où la prédation du patrimoine national devenait le prix de la survie politique, représentait une trahison de l’idéal de rigueur que nous avions pourtant gravé au cœur de notre engagement initial.

Monsieur le Président, je n’ai rien changé de mes convictions de base d’un militant formé dans l’école de parti de And-Jeef PADS ! Ma rupture fut donc un acte de salubrité publique mais morale, nécessaire pour ne pas être complice de cette clochardisation à la politicienne (excuses !) de notre État.

Ce trafic d'influence, où la loyauté partisane primait sur l'intérêt national, représentait à mes yeux une trahison de l’idéal que nous voudrions bâtir ensemble. Mon opposition à ces postures politiques était, reste et restera, un combat salvateur pour l’intégrité de nos institutions. Il s'agissait de protéger l'État, à ma manière, contre ce pillage qui rendait nos ressources publiques inefficaces.

Cependant, Monsieur le Président, si ma voix s'est élevée pour dénoncer  avec beaucoup d’amertume l'inefficacité d'un système qui s'affaissait sous le poids d'un clientélisme dévorant, je n’ai jamais cessé de respecter, en vous, le Bâtisseur. Bâtisseur ! ce terme, dans ma compréhension, dépasse la pierre et l'acier de nos chemins de fer. Il désigne cette architecture intérieure, faite d'une discipline de fer et d'une résilience quasi spirituelle, qui vous permet de concevoir l'avenir là où d'autres ne voient que l'immédiat. Être un Bâtisseur, c’est posséder cette force morale capable de porter les espérances d'un peuple, et aujourd'hui d'un continent, d’une planete, avec une générosité d'âme qui refuse la fatalité.

Libéré des pressions étouffantes de ceux qui ne voyaient en l’État qu'une proie ou un instrument de promotion personnelle, vous retrouvez aujourd’hui la plénitude de vos facultés originelles. Cette expertise technique hors pair, cette discipline de fer qui vous caractérise, et surtout, cette capacité de projection qui dépasse les frontières ! Nous l'avons vu, Monsieur le Président, lors de vos grands rendez-vous avec l'Histoire . Votre aisance naturelle et le respect que vous inspirez aux grand de ce monde ne trompent pas. Que ce soit face à Barack Obama, dans vos échanges avec Vladimir Poutine, ou lors de votre présidence remarquée de l'Union Africaine, vous avez toujours su incarner cette "force tranquille" et cette autorité intellectuelle qui forcent l'admiration des chancelleries les plus exigeantes.

Vos succès diplomatiques, de la gestion des crises régionales à votre plaidoyer infatigable pour une gouvernance mondiale plus juste, prouvent que votre véritable temple est désormais celui de la paix mondiale. Le monde n'attend pas un chef de parti, mais ce stratège aguerri, ce médiateur d’envergure que vous redevenez dès lors que vos collaborateurs n'ont plus aucune chance d'être les prédateurs du bien public.
À New York, Incha Allah, enfin extrait de l'arène étouffante des combinaisons partisanes, vous saurez incarner ce bâtisseur de ponts dont les civilisations ont un besoin vital. Le monde changera si vous arrivez à sa tête, car vous possédez cette intelligence des grands enjeux qui, dès lors qu'elle n'est plus parasitée par les calculs de survie électorale, a le pouvoir de déplacer des montagnes.

Monsieur le Président, de par votre longue et prestigieuse carriere professionnelle et politiqque,vous savez mieux que quiconque, que l'immense majorité de la population mondiale subit des conflits qu'elle ne désire pas. Ces guerres ne sont souvent que le fruit de l'orgueil de dirigeants aveuglés par la fausse lueur d'une protection illusoire de leurs peuples, alors qu'ils ne font qu'alimenter un cycle de destruction.
Votre œuvre au Sénégal, une fois déflatée des agissements regrettables de certains membres de votre entourage d’alors, porte en elle les gènes de la réussite. Elle démontre que vous possédez cette rare combinaison de pragmatisme et de vision qui permet de débloquer les situations là où vos prédécesseurs ont calé. Vous n'apportez pas seulement une expertise, vous apportez une sagesse africaine capable d'apaiser les tensions mondiales par le dialogue, la recherche de consensus et la construction.
Dans cette nouvelle ère de responsabilité planétaire qui pourrait s’ouvrir à vous, je le souhaite vivement, je porte une doléance fondamentale qui, à mes yeux, doit constituer le socle moral et technique de votre action pour la paix. Celle-ci est la réalisation de la Transcontinentale Dakar-Djibouti et l’achèvement de la Grande Muraille Verte.

Beaucoup plus que de simples infrastructures, ces deux chantiers sont les deux poumons d'une Afrique stable et les seules garanties d'un monde apaisé abritant un continent épanoui. Le rail et la forêt sont les remparts ultimes contre la désolation et l'instabilité. C'est d'ailleurs cette conviction profonde qui m'anime aujourd'hui, après une mission publique longue et enrichissante au service de notre pays, je me retrouve actuellement ici, à Djibouti, à l'autre extrémité de ce futur ruban d'acier, pour accompagner la réflexion sur le développement et la connectivité du continent.
En observant l'horizon depuis la Corne de l'Afrique, je mesure l'urgence de notre rêve commun. La réaliser serait une forme de reconnaissance au Président Burundais, Président en exercice de l’UA Evarist Ndayishimye et Son Eminence M. Mouhamoud Ali Youssouf, ancien Minsitre des Affaires Etrangere de Djiboutien, Secretaire Exécutif de cette meme organisation, et rendre un vibrant hommage mérité de tous ceux qui vous soutenu dans leur rand et qualité.  


En tant qu’ancien Secrétaire d’État au Réseau Ferroviaire, membre de conseil des ministres, je sais que vous possédez, au-delà de l'expertise, cette "poigne" de bâtisseur nécessaire pour imposer ces projets de rupture sur l'échiquier mondial. Vous avez le pouvoir de transformer cette utopie transcontinentale en une réalité tangible, capable de lier les peuples de l'Atlantique à la Mer Rouge. Je compte sur votre leadership pour porter cette plaidoirie sans commune mesure, car si Dieu fait de vous le garant de la marche du monde, vous serez l'artisan d'une paix qui passera par le rail et la terre retrouvée.

Que ce message vous fortifie moralement ! Ma confiance en vos capacités est totale. Assumez vos erreurs passées comme le terreau d'une sagesse nouvelle, et marchez vers New York avec la certitude que ceux qui vous ont combattu pour vos principes sont aussi ceux qui reconnaissent, avec la plus grande honnêteté, votre grandeur intrinsèque. Avec ma considération la plus distinguée,

Mayacine CAMARA
Ancien Secrétaire d’État en charge du Réseau Ferroviaire, ancien Maire de Koungheul
 
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