Le divorce est désormais officiel entre le Burkina Faso et la France. Ouagadougou a annoncé, vendredi 27 juin, la rupture de ses relations diplomatiques avec Paris, une décision qui vient formaliser une dégradation profonde des rapports entre les deux pays depuis plusieurs années.
Les autorités burkinabè, dirigées par le capitaine Ibrahim Traoré, accusent la France d’« activisme incessant » contre les intérêts du Burkina Faso et de soutenir des réseaux jugés subversifs. Une accusation fermement rejetée par Paris, qui dénonce une décision « hostile et sans fondement ».
Pour plusieurs observateurs, cette rupture ne constitue toutefois pas une surprise. Selon l’analyste spécialiste du Burkina Faso Frédéric Lejeal, « la rupture est consommée depuis longtemps ». Elle s’inscrit dans une longue série de tensions marquées par le départ des forces françaises du pays, la fin de la coopération militaire, mais aussi la suspension de plusieurs médias français, dont RFI et France 24.
Le point de bascule remonte notamment au départ de la force Barkhane, que les autorités burkinabè avaient accusée d’échec dans la lutte contre le terrorisme. Depuis, le régime de Ouagadougou a multiplié les critiques contre la France et revendiqué une nouvelle orientation diplomatique.
La crise s’est encore accentuée après des déclarations du général Christophe Gomart, eurodéputé, devant le Parlement européen, critiquant la situation politique et sécuritaire au Burkina Faso. Ces propos ont provoqué la colère des autorités burkinabè, qui ont dénoncé une ingérence étrangère.
Un rapprochement avec de nouveaux partenaires
Cette rupture intervient dans un contexte de recomposition géopolitique au Sahel. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont progressivement pris leurs distances avec les partenaires occidentaux et renforcé leurs relations avec d’autres puissances, notamment la Russie.
Le régime d’Ibrahim Traoré revendique une rupture avec l’ancien modèle de coopération avec la France et s’inscrit dans un discours souverainiste inspiré, selon ses partisans, de l’héritage de Thomas Sankara.
Mais cette nouvelle orientation intervient alors que la situation sécuritaire reste extrêmement fragile. Les groupes jihadistes continuent leurs attaques dans plusieurs régions du pays, notamment dans l’est et le nord, tandis que des millions de personnes sont affectées par la crise humanitaire.
Pour certains spécialistes, la confrontation avec la France permet aussi au pouvoir burkinabè de renforcer son discours politique intérieur et de mobiliser une partie de la population autour d’un récit de défense de la souveraineté nationale.
Quelles conséquences pour les populations et les intérêts français ?
Malgré la rupture diplomatique, les autorités burkinabè ont indiqué que les citoyens français et les entreprises françaises ne sont pas officiellement visés. Les activités économiques peuvent se poursuivre, sous réserve qu’elles respectent les orientations du pays.
Cette crise pourrait néanmoins accentuer l’isolement international du Burkina Faso, même si Ouagadougou cherche à diversifier ses alliances avec la Russie, la Turquie ou d’autres partenaires.
La relation entre les deux pays entre donc dans une nouvelle phase. Après des décennies de coopération, le Burkina Faso et la France tournent une page majeure de leur histoire commune, même si certains observateurs estiment qu’un rapprochement reste possible à long terme.
Comme le souligne Frédéric Lejeal, les relations internationales connaissent souvent des cycles de tensions et de normalisation. Mais pour l’heure, au sein de l’AES, la dynamique reste marquée par une forte défiance envers Paris.
Les autorités burkinabè, dirigées par le capitaine Ibrahim Traoré, accusent la France d’« activisme incessant » contre les intérêts du Burkina Faso et de soutenir des réseaux jugés subversifs. Une accusation fermement rejetée par Paris, qui dénonce une décision « hostile et sans fondement ».
Pour plusieurs observateurs, cette rupture ne constitue toutefois pas une surprise. Selon l’analyste spécialiste du Burkina Faso Frédéric Lejeal, « la rupture est consommée depuis longtemps ». Elle s’inscrit dans une longue série de tensions marquées par le départ des forces françaises du pays, la fin de la coopération militaire, mais aussi la suspension de plusieurs médias français, dont RFI et France 24.
Le point de bascule remonte notamment au départ de la force Barkhane, que les autorités burkinabè avaient accusée d’échec dans la lutte contre le terrorisme. Depuis, le régime de Ouagadougou a multiplié les critiques contre la France et revendiqué une nouvelle orientation diplomatique.
La crise s’est encore accentuée après des déclarations du général Christophe Gomart, eurodéputé, devant le Parlement européen, critiquant la situation politique et sécuritaire au Burkina Faso. Ces propos ont provoqué la colère des autorités burkinabè, qui ont dénoncé une ingérence étrangère.
Un rapprochement avec de nouveaux partenaires
Cette rupture intervient dans un contexte de recomposition géopolitique au Sahel. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont progressivement pris leurs distances avec les partenaires occidentaux et renforcé leurs relations avec d’autres puissances, notamment la Russie.
Le régime d’Ibrahim Traoré revendique une rupture avec l’ancien modèle de coopération avec la France et s’inscrit dans un discours souverainiste inspiré, selon ses partisans, de l’héritage de Thomas Sankara.
Mais cette nouvelle orientation intervient alors que la situation sécuritaire reste extrêmement fragile. Les groupes jihadistes continuent leurs attaques dans plusieurs régions du pays, notamment dans l’est et le nord, tandis que des millions de personnes sont affectées par la crise humanitaire.
Pour certains spécialistes, la confrontation avec la France permet aussi au pouvoir burkinabè de renforcer son discours politique intérieur et de mobiliser une partie de la population autour d’un récit de défense de la souveraineté nationale.
Quelles conséquences pour les populations et les intérêts français ?
Malgré la rupture diplomatique, les autorités burkinabè ont indiqué que les citoyens français et les entreprises françaises ne sont pas officiellement visés. Les activités économiques peuvent se poursuivre, sous réserve qu’elles respectent les orientations du pays.
Cette crise pourrait néanmoins accentuer l’isolement international du Burkina Faso, même si Ouagadougou cherche à diversifier ses alliances avec la Russie, la Turquie ou d’autres partenaires.
La relation entre les deux pays entre donc dans une nouvelle phase. Après des décennies de coopération, le Burkina Faso et la France tournent une page majeure de leur histoire commune, même si certains observateurs estiment qu’un rapprochement reste possible à long terme.
Comme le souligne Frédéric Lejeal, les relations internationales connaissent souvent des cycles de tensions et de normalisation. Mais pour l’heure, au sein de l’AES, la dynamique reste marquée par une forte défiance envers Paris.



