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Départ des soldats français du Sahel : un ancien Premier ministre malien accuse Macron d’avoir falsifié les faits

Mardi 12 Mai 2026

L’ancien Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, est monté au créneau pour répondre aux récentes déclarations du président français Emmanuel Macron, faites lors du Africa Forward Summit tenu à Nairobi le 10 mai 2026, coorganisé par la France et le Kenya. Le chef de l’État français y avait estimé que le Mali n’avait « pas pris la meilleure décision » en demandant le départ des forces françaises en 2021.

 

Dans une mise au point rendue publique publiée sur sa page facebook par son équipe de com, l’ancien chef du gouvernement malien rejette fermement cette lecture et accuse le président français de « tentative de falsification des vraies raisons du départ de la France du Mali ». Il estime qu’il est « nécessaire, pour l’Histoire, de rétablir la vérité, à l’attention de l’opinion publique nationale et internationale, ceci dans le but d’éviter la manipulation et la falsification des faits ».
 

Selon lui, les faits ayant conduit à la rupture entre Bamako et Paris sont clairement établis et doivent être rappelés dans leur chronologie. « Le Président français Emmanuel Macron, s'était dans un premier temps accommodé du pouvoir issu du changement du 18 août 2020. Les Maliens et le monde entier se rappellent de la phrase qu'il avait prononcée plusieurs fois, sur un ton de satisfaction sur les antennes de RFI, c'était en 2020 : “Le Gouvernement de Bah N’DAOU est entrain de réussir, en trois mois, ce que Ibrahim Boubacar Keita n'a pu faire en sept ans” », rappelle Choguel Kokalla Maïga.
 

L’ancien Premier ministre revient ensuite sur la période de transition et la « Rectification » intervenue le 24 mai 2021, qu’il présente comme un tournant décisif dans les relations avec Paris. Il affirme notamment que le président français aurait tenté d’imposer ses choix institutionnels au Mali, ce que Bamako aurait refusé.  Il poursuit : « Macron a voulu désigner pour le Mali le Président de la Transition et le Président du CNT. Ce que le Vice-président en exercice de la Transition d’alors avait catégoriquement rejeté. À la suite de la nomination du Premier ministre […] il était entré apparemment dans une colère bleue et a décidé, unilatéralement, sans préavis, d’annoncer le retrait de la France du Mali ».
 

Pour Choguel Kokalla Maïga, cette décision aurait été vécue comme une rupture brutale et non concertée : « Il a ainsi poignardé le Mali dans le dos. C'était comme pour nous dire : “nous vous laissons seuls face au JNIM ou GISM” […] débrouillez-vous seuls, sans nous ! » Il affirme également que la décision aurait été annoncée sans consultation des autorités maliennes : « Le Chef de l'État du Mali avait appris cette décision de Macron par les médias, comme un citoyen lambda, ce qui est pour le moins maladroit, voire irrespectueux ».
 

L’ancien Premier ministre évoque ensuite la crise autour du G5 Sahel, de la Force Takuba et des choix stratégiques du Mali. Il accuse Paris d’avoir voulu influencer les décisions souveraines de Bamako, notamment en matière de partenariats militaires. « Emmanuel Macron voulait choisir pour le Mali avec quels partenaires stratégiques il devrait travailler à l'avenir. […] Ce que les Autorités de la Transition malienne ont rejeté catégoriquement. La France nous a alors “abandonné en plein vol” », souligne-t-il.
 

Il rappelle par ailleurs sa propre déclaration devant les Nations unies en septembre 2021 : « La France nous a abandonnés en plein vol », une formule qu’il qualifie d’euphémisme pour exprimer une rupture profonde.Dans sa mise au point, Choguel Kokalla Maïga évoque également le retrait du Mali de plusieurs dispositifs militaires internationaux, la montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa), ainsi que la redéfinition des partenariats stratégiques du pays.
 

« Voici la vérité des faits. Halte donc à l'oblitération des faits ! En somme, le Mali avait pris la décision la plus opportune, en s'affranchissant de la tutelle française ! », insiste-t-il. Réagissant à la nouvelle sortie d’Emmanuel Macron à Nairobi, il estime que le président français persiste dans une lecture erronée de la situation malienne. Il voit dans ces déclarations une tentative de raviver un débat déjà tranché par les autorités de transition.
 

Dans un ton résolument souverainiste, l’ancien Premier ministre conclut en affirmant la résilience du pays : « Le Mali a retrouvé sa souveraineté, son indépendance et sa dignité. Les vicissitudes actuelles ne changeront rien fondamentalement dans la trajectoire victorieuse finale du Mali, et des pays de l'AES. In Sha Allah ! »

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