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Que devient Domingos Simões Pereira, l'opposant empêché de briguer la présidence en Guinée-Bissau ?

Mardi 30 Juin 2026

La crise politique reste vive en Guinée-Bissau. Libéré après plus de deux mois de détention, l’opposant Domingos Simões Pereira, plus connu sous les initiales DSP, demeure sous forte surveillance militaire, selon ses avocats. Le leader du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), empêché de se présenter à la présidentielle de novembre 2025, reste au cœur d’une procédure que sa défense qualifie d’arbitraire.

Arrêté dans la foulée du putsch avec d’autres figures de l’opposition, Domingos Simões Pereira avait été remis en liberté le 31 janvier dernier. Aucune mesure judiciaire formelle n’aurait été prononcée contre lui. Pourtant, selon son avocat Me Saïd Larifou, son domicile reste placé sous surveillance par d’importants dispositifs militaires, limitant ainsi sa liberté de mouvement.

La situation judiciaire de DSP demeure également incertaine. Le 4 juin, il a de nouveau été entendu par un tribunal militaire dans le cadre d’une enquête portant sur une supposée tentative de coup d’État en octobre 2025. Sa défense rejette catégoriquement ces accusations et conteste surtout la compétence de la juridiction militaire pour entendre un responsable politique civil.

« Le seul but de cette procédure arbitraire est de le condamner pour de nouveau l’empêcher de se présenter aux élections », dénonce Me Saïd Larifou.

Pour les avocats de l’opposant, cette procédure s’inscrit dans une stratégie politique visant à écarter durablement le patron du PAIGC du jeu électoral. Déjà empêché d’être candidat en 2025, DSP reste l’une des principales figures de l’opposition bissau-guinéenne.

Le cas de Fernando Dias da Costa illustre également les tensions persistantes. Soutenu par le PAIGC lors de la présidentielle, l’ancien candidat avait revendiqué la victoire, affirmant que les procès-verbaux collectés laissaient entrevoir un ballotage favorable à l’opposition.

Après avoir trouvé refuge pendant deux mois à l’ambassade du Nigeria, Fernando Dias da Costa se trouverait toujours à Bissau, selon son équipe. Ses avocats affirment qu’il ne fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire, mais qu’il subit, lui aussi, une surveillance étroite de son domicile.

Ces deux dossiers ravivent les inquiétudes autour de l’état des libertés politiques en Guinée-Bissau. Entre procédures contestées, surveillance militaire et accusations d’instrumentalisation judiciaire, l’opposition dénonce une volonté de verrouiller le jeu politique avant les prochaines échéances électorales.
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