À l'approche des manifestations prévues le 30 juin en Afrique du Sud, le nom de l'ancien président Jacob Zuma revient avec insistance dans les analyses des services de sécurité et des responsables politiques. Sans être officiellement désigné comme l'organisateur du mouvement, plusieurs éléments laissent penser que son entourage politique et certains de ses proches jouent un rôle, direct ou indirect, dans la mobilisation.
Les autorités redoutent en effet un scénario comparable aux émeutes meurtrières de juillet 2021, déclenchées après l'incarcération de Jacob Zuma pour outrage à la justice. Ces violences avaient fait plus de 350 morts et provoqué des pertes économiques estimées à plusieurs milliards de rands. À l'époque, le gouvernement avait qualifié les événements d'« insurrection » et de tentative de déstabilisation de l'État.
D'après "Jeune Afrique", le parti uMkhonto weSizwe (MK), fondé par Jacob Zuma, affiche ouvertement son soutien au mouvement March and March, à l'origine des manifestations. Il y a quelques semaines, l'ancien chef de l'État a également durci son discours sur l'immigration clandestine, estimant que les étrangers en situation irrégulière ne devaient plus être protégés et appelant à un renforcement de la politique migratoire sud-africaine. Cette prise de position tranche avec celle qu'il défendait il y a une quinzaine d'années, lorsqu'il plaidait pour une coexistence pacifique entre Sud-Africains et immigrés.
Le secrétaire général de l'ANC, Fikile Mbalula, accuse directement Jacob Zuma et son parti d'instrumentaliser la question migratoire à des fins politiques. Selon lui, les nouvelles formations politiques exploitent le sentiment anti-immigrés pour créer un climat de peur et fragiliser les institutions à l'approche des prochaines élections municipales.
Les interrogations portent également sur le financement du mouvement. D'après plusieurs enquêtes citées dans la presse sud-africaine, des réseaux d'extorsion auraient participé au financement de March and March. Les services de renseignement s'intéressent notamment à un chef traditionnel dont les réseaux recouperaient ceux de Jacob Zuma. Une autre enquête révèle que deux responsables de l'organisation gravitent dans l'entourage familial de l'ancien président : Nozibusiso Khambule, qui reçoit des dons destinés au mouvement sur son compte personnel, est la fille d'une proche de Zuma, tandis que Sanele Khambule figurait sur les listes électorales du parti MK lors des élections de 2024.
Par ailleurs, l'un des principaux leaders des manifestations, Ngizwe Mchunu, avait déjà été poursuivi pour son rôle présumé dans les émeutes de 2021 avant d'être acquitté. Jacob Zuma assistait régulièrement à ses audiences judiciaires, alimentant les spéculations sur la proximité entre les deux hommes.
Si les autorités renforcent considérablement le dispositif sécuritaire pour prévenir de nouveaux débordements, plusieurs chercheurs mettent en garde contre une lecture exclusivement politique de la crise. Selon eux, la montée des sentiments anti-immigrés trouve aussi son origine dans la dégradation des conditions de vie, le chômage et la stagnation économique, qui favorisent la désignation des étrangers comme boucs émissaires.
Ainsi, sans preuve établissant une implication directe de Jacob Zuma dans l'organisation des manifestations, les liens politiques, familiaux et idéologiques mis en évidence autour du mouvement March and March nourrissent les soupçons des autorités et accentuent les tensions dans un pays déjà marqué par les violences de 2021.
Les autorités redoutent en effet un scénario comparable aux émeutes meurtrières de juillet 2021, déclenchées après l'incarcération de Jacob Zuma pour outrage à la justice. Ces violences avaient fait plus de 350 morts et provoqué des pertes économiques estimées à plusieurs milliards de rands. À l'époque, le gouvernement avait qualifié les événements d'« insurrection » et de tentative de déstabilisation de l'État.
D'après "Jeune Afrique", le parti uMkhonto weSizwe (MK), fondé par Jacob Zuma, affiche ouvertement son soutien au mouvement March and March, à l'origine des manifestations. Il y a quelques semaines, l'ancien chef de l'État a également durci son discours sur l'immigration clandestine, estimant que les étrangers en situation irrégulière ne devaient plus être protégés et appelant à un renforcement de la politique migratoire sud-africaine. Cette prise de position tranche avec celle qu'il défendait il y a une quinzaine d'années, lorsqu'il plaidait pour une coexistence pacifique entre Sud-Africains et immigrés.
Le secrétaire général de l'ANC, Fikile Mbalula, accuse directement Jacob Zuma et son parti d'instrumentaliser la question migratoire à des fins politiques. Selon lui, les nouvelles formations politiques exploitent le sentiment anti-immigrés pour créer un climat de peur et fragiliser les institutions à l'approche des prochaines élections municipales.
Les interrogations portent également sur le financement du mouvement. D'après plusieurs enquêtes citées dans la presse sud-africaine, des réseaux d'extorsion auraient participé au financement de March and March. Les services de renseignement s'intéressent notamment à un chef traditionnel dont les réseaux recouperaient ceux de Jacob Zuma. Une autre enquête révèle que deux responsables de l'organisation gravitent dans l'entourage familial de l'ancien président : Nozibusiso Khambule, qui reçoit des dons destinés au mouvement sur son compte personnel, est la fille d'une proche de Zuma, tandis que Sanele Khambule figurait sur les listes électorales du parti MK lors des élections de 2024.
Par ailleurs, l'un des principaux leaders des manifestations, Ngizwe Mchunu, avait déjà été poursuivi pour son rôle présumé dans les émeutes de 2021 avant d'être acquitté. Jacob Zuma assistait régulièrement à ses audiences judiciaires, alimentant les spéculations sur la proximité entre les deux hommes.
Si les autorités renforcent considérablement le dispositif sécuritaire pour prévenir de nouveaux débordements, plusieurs chercheurs mettent en garde contre une lecture exclusivement politique de la crise. Selon eux, la montée des sentiments anti-immigrés trouve aussi son origine dans la dégradation des conditions de vie, le chômage et la stagnation économique, qui favorisent la désignation des étrangers comme boucs émissaires.
Ainsi, sans preuve établissant une implication directe de Jacob Zuma dans l'organisation des manifestations, les liens politiques, familiaux et idéologiques mis en évidence autour du mouvement March and March nourrissent les soupçons des autorités et accentuent les tensions dans un pays déjà marqué par les violences de 2021.


