Procès massacre Boffa : Un témoin à charge s’est contredit devant le juge

Mercredi 23 Mars 2022

Le procès tant attendu des tueries de Bayotte a démarré, ce matin, après les houleuses prises de contact effectuées hier, lundi 21 mars. Alors que 14 personnes –dont l’ombre de César Atoute Badioute- jouent leur avenir, le tribunal -qui avait été saisi par Me Clédor Ciré Ly, l’avocat constitué des détenus, pour repousser les débats d’audience suite du décès de “sa maman”- a décidé de maintenir le jugement des présumés “tueurs de Boffa.” Ainsi donc, après avoir notifié aux détenus que « la demande leur avocat a été rejetée», le tribunal a décidé que René Capain Bassène, Oumar Ampoï Bodian et compagnie doivent se préparer à répondre aux juges. C’est ce que certains ont décidé de faire pour en finir avec cette «escroquerie de gendarmerie».


Et alors que les détenus avaient fait savoir qu’ils ne faisaient confiance qu’en leur avocat de toujours, Me Ciré Clédor Ly et qu’ils refuseraient de répondre aux questions des juges, en l’absence de ce dernier parti à Kaolack suite au décès de sa mère adoptive, Mme Cissé Fofana. Le tribunal, ayant pris acte de cette décision martelée par six des détenus, a décidé d’ouvrir ses débats, ce matin, avec les auditions des jumeaux Badji: Ousseynou et Assane Badji, qui ont fait face aux juges, ont déclaré ne rien savoir de ce qu’on les accuse. « Nous sommes des innocents. Nous avons été arrêtés dans notre village pour une affaire à laquelle nous ne savons rien.» Ont-ils dit avec fermeté. Et le tribunal, qui n’a produit aucune preuve matérielle à leur encontre, a fait comparaitre un certain I. Daffé, témoin à charge. Ce dernier, rescapé des tueries, aurait accusé les frères Badji -qu’il connaissait très bien- d’avoir fait partie du commando de tueurs de cette journée du 6 janvier 2018.



Alors qu’il aurait indexé les frères Badji à la gendarmerie, devant le tribunal ce même témoin a déclaré qu’il n’est désormais « sûr de rien puisque les tueurs étaient encagoulés. » Poursuivant, il a affirmé “reconnaitre l’un d’eux, de par sa démarche“, tout en pointant un doigt accusateur sur le nommé Ousseynou Badji qu’il connait, pourtant, très bien pour l’avoir fréquenté dans son village de Toubacouta. Pour rappel, dans ce village où était installé le comité inter villageois pour la protection de la foret séjournait de nombreux coupeurs de bois. Ils s’y reposaient et mangeaient avec ces mêmes villageois qui les hébergeaient parfois sur de longues périodes. Contrairement aux propos contenus dans le procès verbal de gendarmerie, I. Daffé s’est confondu dans ses déclarations pour finir par dire au tribunal qu’il n’avait jamais tenu certains propos qui lui sont attribués.

Après les frères Badji dont le père, devenu aveugle se meurt à petit feu en attendant le retour probable de ses enfants, ça a été le tour de Jean-Christophe Diatta. L’autre auteur, avec Maurice Badji et Ibou Sané Nafaoute, des fameuses listes de dénonciation dont s’est servie la gendarmerie pour procéder à des arrestations. Alors qu’il était le principal accusateur dans cette affaire, le natif d’Emaye a fait savoir qu’il n’a jamais fait parti de ce maudit commando de tueurs qui a exécuté 14 bûcherons ce 6 janvier 2018. “Le jour des faits j’étais parti à Sighanar où un de mes oncles est décédé. C’est vers 13 heures et après le repas que je suis parti au garage, ensuite j’ai pris une voiture pour Sighanar” a-t-il déclaré devant le tribunal. Son épouse appelée à témoigner a confirmé les propos de son mari et cela malgré les insistances du procureur. S’il avait déclaré, à l’enquête préliminaire, “avoir participé aux tueries et avoir ensuite ramassé les armes qu’il aurait ramené au village”, sans jamais être capable de les remettre aux hommes du Lt-colonel Issa Diack,  Jean-Christophe Diatta a dit au tribunal que tout ce qu’il avait dit a été fait sous la contrainte et la torture. “Je ne suis ni de près ni de loin mêlé à cette affaire. Ils m’ont fait dire et signer ce qu’ils voulaient entendre


“. A soutenu l’étranger du village de Toubacouta.
Pour rappel, comme l’avait toujours affirmé Kéwoulo, tout le village de Toubacouta était réuni ce jour là pour les funérailles d’un des doyens de la contrée: Ousmane Diédhiou dit Fane… Et seul Jean-Christophe Diatta n’était pas présent. Aujourd’hui, il a indiqué au tribunal que s’il n’était visible ce jour-là, à Toubacouta, c’est qu’il était parti faire le deuil d’un de ses oncles à Sighanar. Pour mémoire, Kéwoulo précise que c’est de la Guinée-Bissau qu’est venu Jean-Christophe Diatta pour s’installer à Toubacouta. Aussi, alors que le procureur poursuit tout le monde pour entre autres infractions «les chef d’association de malfaiteurs», Jean Christophe Diatta, interrogé par Me Gaoussou Bodian, a déclaré n’avoir connu Oumar Ampoï Bodian qu’en prison. Une autre confirmation de ce que Kéwoulo a toujours avancé: ces gens ne se connaissaient pas. Et, une fois de plus, le tribunal n’a produit aucune preuve pour contrecarrer les propos de Jean Christophe Diatta…C’est sur ces notes de déception que le tribunal a levé sa séance du jour. Demain, d’autres présumés tueurs comparaitront….
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