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Présidentielle: Emmanuel Macron, ou l'ascension éclair d'un homme pressé


Rédigé le Dimanche 23 Avril 2017 à 22:14



Inconnu des Français il y a trois ans, Emmanuel Macron  a réussi l’exploit de se hisser au second tour de l’ élection présidentielle. Le candidat du mouvement En Marche ! obtiendrait, selon les instituts de sondage, entre 23 % et 24 % des voix, devant Marine Le Pen, à 21,7 %, selon les premières estimations. Benjamin de l’élection présidentielle, il pourrait devenir à 39 ans le plus jeune président de la Ve République le 7 mai prochain. 20 Minutes revient sur le parcours atypique de ce candidat qui a su s’imposer dans la vie politique en un temps record.

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Une page de la vie politique française se tourne

Emmanuel Macron, arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle, a estimé ce dimanche auprès de l’AFP que « l’on tourne clairement aujourd’hui une page de la vie politique française ». « Les Français ont exprimé leur désir de renouvellement. Notre logique est désormais celle du rassemblement que nous poursuivrons jusqu’aux élections législatives », a-t-il poursuivi dans une déclaration transmise à l’AFP. « Nous considérons qu’il est déterminant d’œuvrer à obtenir la majorité la plus large possible pour procéder au rassemblement de tous les progressistes », a insisté l’ancien ministre de l’Economie, qui sera opposé à Marine Le Pen au deuxième tour. Le candidat d’En Marche ! a également souligné, sur « une note plus solennelle » qu’il s’agissait d’une « journée grave, un moment historique pour la France ».

Une jeunesse sous le signe de l’ambition

Né le 21 décembre 1977 à Amiens, Emmanuel Macron est le fils d’un couple de médecins. Elève brillant, il intègre le prestigieux lycée parisien Henri IV où il ira jusqu’en khâgne. Son échec au concours de l’Ecole normale supérieure ne le démonte pas et il poursuit son cursus par un DEA de philosophie. Il décroche aussi le diplôme de Sciences Po Paris en 2001, avant d’intégrer ensuite l’inspection générale des Finances.


Une expérience de banquier qui marque à jamais sa vie 

En 2008, Emmanuel Macron devient ensuite banquier d’affaires  dans la société Rotchschild, l’une des banques d’affaires les plus influentes en France. Un épisode qui marquera tant sa vie professionnelle que son image, ses détracteurs pendant la campagne le renvoyant toujours à son passé de banquier. Chez Rotchschild, il gravit rapidement les échelons et se fait remarquer par quelques faits d’armes, comme la négociation du rachat de Pfizer par Nestlé en 2012. Sa forte rémunération lors de son passage chez Rotchschild, suscitera plus tard la curiosité des médias.


Un ministre de l’économie surprise

Mais l’intrépide Emmanuel Macron a décidément la bougeotte et quitte Rothschild, pour rejoindre François Hollande en tant que conseiller sur l’économie avant la présidentielle de 2012. Là encore, il épouse cette carrière politique avec brio et connaît une ascension éclaire. Il devient ensuite secrétaire général adjoint de l’Elysée, entre 2012 et 2014. Mais ce n’est que l’été 2014 que les Français font connaissance avec lui. C’est alors que François Hollande le nomme ministre de l’Économie, en remplacement d’Arnaud Montebourg.


Il devient rapidement un des ministres les plus populaires du gouvernement. Il est plébiscité par les patrons de start-up et représente pour beaucoup de Français le renouveau de la classe politique. Bon orateur, il s’affiche volontiers dans les médias et n’hésite pas à sortir du cadre, via ses déclarations sur les 35 heures par exemple. Quitte à hérisser une partie du PS. « Macron ? Comment vous dire… Ras-le-bol  », lance ainsi le 23 septembre 2015 la maire PS de Lille Martine Aubry. Son passage à Bercy est aussi marqué par  la loi qui porte son nom. Elle entraîne là aussi des réformes qui sont loin de faire l’unanimité : libéralisation du transport en autocar, liberté d’installation des notaires, extension des ouvertures le dimanche pour les commerçants, accélération des procédures devant la justice prud’homale ou modification des règles du licenciement collectif.

Sa vie privée passionne les foule

Parallèlement, l’homme intrigue. Les médias s’intéresse à sa vie sentimentale atypique, car Emmanuel Macron est marié à Brigitte Trogneux, de 24 ans son aînée, qui était enseignante dans le lycée dans lequel il était élève à Amiens. L’homme n’hésite d’ailleurs pas à mettre en scène sa vie maritale, en acceptant la publication de photos de son couple à Paris-Match , avant de le regretter. Il fait aussi l’objetd’une rumeur persistante, qui lui prête une liaison avec le PDG de Radio France, Mathieu Gallet. Mais Emmanuel Macron décide de l’affronter et dément publiquement cette double vie.

#Instantané  Emmanuel Macron et sa femme Brigitte Trogneux sur un télésiège aujourd'hui à Bagnères-de-Bigorre 

📷 Eric Feferberg #AFP

Il s’émancipe d’Hollande et devient l’invité surprise de la présidentielle

Multipliant les déclarations transgressives, il créé son mouvement En Marche !  en avril 2015, alors qu’il est encore ministre. Les observateurs du monde politique comprennent alors que l’homme a des ambitions présidentielles. Mais Emmanuel Macron entretient le suspense. Il pense que François Hollande, très affaibli dans les sondages, ne se représentera pas à la présidentielle. Fin août 2016, il démissionne de Bercy. Mais ce n’est que le 16 novembre de la même année, qu’il se déclare candidat à l’élection présidentielle.

Une campagne réussie hors des partis traditionnels

Dès le début de sa campagne, le candidat d’En Marche ! poursuit sa stratégie « ni droite ni gauche ». Il incarne un libéralisme de gauche, est proeuropéen, tout en voulant prendre en compte « la France périphérique »… Mais il tarde à présenter un programme  avec des propositions concrètes. Télégénique et percutant dans les débats télévisés, Emmanuel Macron ne cesse pourtant de monter dans les sondages. Depuis mars, toutes les enquêtes le créditent d’entre 22 et 26 % des intentions de vote au premier tour.

EXCLUSIF. Emmanuel Macron: «Il faut aller plus loin, plus clair, plus fort que ce quinquennat» http://bit.ly/2pCTSjd 

Il parvient aussi à rassembler des poids lourds de droite comme de gauche. Et si ses détracteurs lui reprochent son flou politique jusqu’à la fin de la campagne du premier tour et que les autres candidats font de lui leur cible privilégiée,  il demeure malgré tout le candidat favori jusqu’aux derniers jours du scrutin.

A l’annonce de la qualification au second tour de la présidentielle d’Emmanuel Macron, les militants d’En marche !, réunis au Parc des expositions de la porte de Versailles à Paris, ont explosé de joie ce dimanche, émus parfois jusqu’aux larmes.

A 20h, lorsque l’écran de télévision affiche l’image de leur champion au côté de la candidate FN Marine Le Pen sur le perron de l’Elysée en premier finaliste pour ce second tour, les militants s’égosillent : « Macron président ! »

Ils brandissent des drapeaux de manière frénétique, avant d’entonner une Marseillaise à l’unisson. Portés par la joie, ils s’embrassent et s’étreignent chaleureusement.

Selon les estimations des instituts de sondage, Emmanuel Macron obtiendrait entre 23 % et 24 %, Marine Le Pen entre 21,6 % et 23 %.

Premières estimations des résultats du premier tour de l’élection présidentielle  :





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