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ON NE GOUVERNE UN PAYS PAR SUSPENS ( Par Nicolas Silandibithe Bassène)

Vendredi 23 Février 2024

Le Sénégal vit des moments uniques de son histoire politique depuis son indépendance. Tout fonctionne au minima du point de vue économique, la tension est palpable du point de vue sociale et le peuple retient son souffle à cause d’une gouvernance par suspens.


La marche du Sénégal est cadencée par des hésitations, des doutes et des suspens. Après la désacralisation de la parole d’honneur, la fragilisation des institutions de la République c’est le tour du règne de la gouvernance par suspens que nous vivons.
Depuis que l’opposition à prêter des velléités, au président sortant, de vouloir briguer un troisième mandat, le long silence de celui-ci  à exprimer clairement sa position de ne pas briguer un mandat de trop, la durée du choix de son candidat dans BBY, l’arrêt du processus électoral pour des questions très légères de supposer conflit entre institution (suspicion de corruption de juge du conseil constitutionnel) sans fournir des éléments de preuves ou des indices concordants à une telle manœuvre à la population à travers l’incompréhensible décret à quelques heures du démarrage effectif  de la campagne électorale actant le report de l’élection sans date et le vote d’une loi liberticide par les députés de la majorité accompagnés par leurs alliés de circonstance prolongeant expressément la durée du président pour 6 mois. Nous sénégalais vivons au quotidien entre somnolence administrative, situations circonstancielles et suspens guidés par des intérêts personnels de politiciens véreux au grand dam de la vitalité de notre démocratie et du peuple.


Au regard de nos lois, le président sortant Macky Sall doit quitter le pouvoir le 02 avril 2024 à venir. De ce fait, il est crucial de mettre fin au dilatoire, au suspens et de signer le décret convoquant le corps électoral au plus vite pour éviter au pays de vivre une impasse après cette date ce qui relèverait de la galanterie républicaine qui a toujours habité les anciens présidents sortants de l’histoire politique du Sénégal.
 La vie de notre nation au plan économique et sociopolitique actuellement est mise en veilleuse par une paralysie quasi-totale du processus électoral due à l’hésitation et au suspens exprès à choisir une date pour l’élection tant attendue. Face à cette hésitation et au suspens habituels entretenus, nous nous demandons et bon nombre d’observateurs d’ailleurs, qu’elle est la plus-value face aux défis et aux enjeux réels. Aussi, nous ne saurions comprendre cette attitude au moment où le peuple est prêt à aller aux élections où nous souffrons de besoins sécuritaires, financiers, judiciaires, emplois, cherté de la vie et sociopolitiques qui se posent de plus en plus complexe au quotidien qu’on nous parle de dialogue en ce temps. Ce n’est que du dilatoire et une perte de temps.


En définitive, le peuple sénégalais a tout donné aux politiciens, il en a d’ailleurs donné plus qu’il en devait. En conséquence fixer la date de l’élection présidentielle serait le seul moyen de lui rendre service et non de jouer au dilatoire par la convocation de dialogue clanique au pseudo national qui on le sait déjà ne va pas prospérer. Une chose est à retenir par nos gouvernants toute patience à une limite et les promesses ou discours ont leur limite. Chaque jour qui passe, c’est du temps de trop perdu pour répondre à leur devoir et à leurs responsabilités de fixer la date et d’organiser une élection démocratique et transparente permettant au nouveau président de prendre les rênes et d’amorcer une nouvelle page de l’histoire politique avec comme priorités réconciliation nationale, développement et état de droit pour un Sénégal de tous pour tous.

Nicolas Silandibithe Bassène
media net

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