L'opérateur économique Moustapha Tall a salué la décision du gouvernement sénégalais d'autoriser, pour une période limitée, l'importation du sucre afin d'approvisionner le marché national. Pour lui, cette mesure constitue une réponse à une situation créée par « plus de cinquante ans de monopole » de la Compagnie Sucrière du Sénégal (CSS), qu'il accuse de ne jamais avoir atteint les objectifs de production fixés.
S'exprimant sur la politique sucrière du pays, Moustapha Tall estime que l'État a eu tort de confier l'ensemble de la filière à un seul opérateur. « Donner le monopole à quelqu'un, ce n'est pas normal. Est-ce qu'il est normal de confier toute une filière à une seule personne ou à une seule famille ? Non. Une filière doit permettre à tout le monde d'y trouver son compte », a-t-il déclaré.
Selon lui, l'État ne devrait favoriser ni le monopole ni l'oligopole, mais garantir une concurrence saine au bénéfice des consommateurs et des producteurs. « L'État doit combattre le monopole. Il doit aussi combattre l'oligopole, où quelques acteurs puissants éliminent progressivement les petits jusqu'à contrôler tout le marché », a-t-il insisté.
« Cinquante ans sans atteindre les objectifs »
L'opérateur économique considère que la situation actuelle démontre les limites du modèle adopté depuis plusieurs décennies. « On lui a donné le monopole, cela fait 50 ans. Il n'arrive pas à atteindre les objectifs de production. Il n'arrive pas à s'en sortir. Il souffre même », a affirmé Moustapha Tall.
Faisant référence à la famille Mimran, propriétaire de la Compagnie Sucrière du Sénégal, il estime que l'entreprise ne serait plus en mesure de répondre aux besoins du marché national. « S'il pouvait vendre l'affaire, il l'aurait vendue. Il a vendu les Grands Moulins, mais la Compagnie Sucrière, personne ne veut l'acheter », a-t-il soutenu.
Pour Moustapha Tall, la solution réside dans une réforme profonde de la filière sucrière. Il plaide pour un système dans lequel les producteurs de canne à sucre pourraient vendre librement leur récolte à des industriels ou à une structure chargée de la transformation. « La canne doit être produite par les paysans, au même prix pour tout le monde. Cela permettra aux producteurs d'augmenter progressivement leur production au lieu de dépendre d'un seul acteur », a expliqué l'opérateur économique.
Un marché mondial abondant
Moustapha Tall rappelle également que le sucre est disponible en permanence sur le marché international et à des prix compétitifs. Selon lui, le Sénégal aurait toujours la possibilité de recourir aux importations pour garantir l'approvisionnement du marché.« Le marché international est approvisionné en permanence. Si vous voulez du sucre, vous en trouvez, et à bon prix », a-t-il affirmé.
Il évoque même l'analyse d'un ancien ministre des Finances qui estimait qu'une importation du sucre, accompagnée des recettes douanières générées, aurait permis de financer les salaires des travailleurs du secteur.
« Le sucre pourrait coûter 450 francs »
L'opérateur économique juge enfin que le monopole a lourdement renchéri le prix du sucre au Sénégal.
« Aujourd'hui, le sucre cristallisé vendu à plus de 600 francs pourrait être commercialisé à 450 francs en payant les droits de douane. Si on ne payait pas les droits comme on les paie actuellement, on pourrait même le vendre à 400, 375, voire 300 francs », a assuré Moustapha Tall.
Il rappelle qu'au moment où le monopole exclusif avait été accordé à la Compagnie Sucrière du Sénégal, le prix du sucre était, selon lui, de 65 francs, avant de passer rapidement à 225 francs.
« Le jour où on lui a donné le monopole exclusif, le sucre coûtait 65 francs. Le lendemain, il est passé à 225 francs. C'était une hausse de près de 300 % », a-t-il déclaré. À travers ces propos, Moustapha Tall appelle à une libéralisation encadrée de la filière sucrière, estimant que la décision du gouvernement d'ouvrir temporairement les importations constitue un premier pas vers une remise en cause d'un modèle qu'il juge dépassé.
S'exprimant sur la politique sucrière du pays, Moustapha Tall estime que l'État a eu tort de confier l'ensemble de la filière à un seul opérateur. « Donner le monopole à quelqu'un, ce n'est pas normal. Est-ce qu'il est normal de confier toute une filière à une seule personne ou à une seule famille ? Non. Une filière doit permettre à tout le monde d'y trouver son compte », a-t-il déclaré.
Selon lui, l'État ne devrait favoriser ni le monopole ni l'oligopole, mais garantir une concurrence saine au bénéfice des consommateurs et des producteurs. « L'État doit combattre le monopole. Il doit aussi combattre l'oligopole, où quelques acteurs puissants éliminent progressivement les petits jusqu'à contrôler tout le marché », a-t-il insisté.
« Cinquante ans sans atteindre les objectifs »
L'opérateur économique considère que la situation actuelle démontre les limites du modèle adopté depuis plusieurs décennies. « On lui a donné le monopole, cela fait 50 ans. Il n'arrive pas à atteindre les objectifs de production. Il n'arrive pas à s'en sortir. Il souffre même », a affirmé Moustapha Tall.
Faisant référence à la famille Mimran, propriétaire de la Compagnie Sucrière du Sénégal, il estime que l'entreprise ne serait plus en mesure de répondre aux besoins du marché national. « S'il pouvait vendre l'affaire, il l'aurait vendue. Il a vendu les Grands Moulins, mais la Compagnie Sucrière, personne ne veut l'acheter », a-t-il soutenu.
Pour Moustapha Tall, la solution réside dans une réforme profonde de la filière sucrière. Il plaide pour un système dans lequel les producteurs de canne à sucre pourraient vendre librement leur récolte à des industriels ou à une structure chargée de la transformation. « La canne doit être produite par les paysans, au même prix pour tout le monde. Cela permettra aux producteurs d'augmenter progressivement leur production au lieu de dépendre d'un seul acteur », a expliqué l'opérateur économique.
Un marché mondial abondant
Moustapha Tall rappelle également que le sucre est disponible en permanence sur le marché international et à des prix compétitifs. Selon lui, le Sénégal aurait toujours la possibilité de recourir aux importations pour garantir l'approvisionnement du marché.« Le marché international est approvisionné en permanence. Si vous voulez du sucre, vous en trouvez, et à bon prix », a-t-il affirmé.
Il évoque même l'analyse d'un ancien ministre des Finances qui estimait qu'une importation du sucre, accompagnée des recettes douanières générées, aurait permis de financer les salaires des travailleurs du secteur.
« Le sucre pourrait coûter 450 francs »
L'opérateur économique juge enfin que le monopole a lourdement renchéri le prix du sucre au Sénégal.
« Aujourd'hui, le sucre cristallisé vendu à plus de 600 francs pourrait être commercialisé à 450 francs en payant les droits de douane. Si on ne payait pas les droits comme on les paie actuellement, on pourrait même le vendre à 400, 375, voire 300 francs », a assuré Moustapha Tall.
Il rappelle qu'au moment où le monopole exclusif avait été accordé à la Compagnie Sucrière du Sénégal, le prix du sucre était, selon lui, de 65 francs, avant de passer rapidement à 225 francs.
« Le jour où on lui a donné le monopole exclusif, le sucre coûtait 65 francs. Le lendemain, il est passé à 225 francs. C'était une hausse de près de 300 % », a-t-il déclaré. À travers ces propos, Moustapha Tall appelle à une libéralisation encadrée de la filière sucrière, estimant que la décision du gouvernement d'ouvrir temporairement les importations constitue un premier pas vers une remise en cause d'un modèle qu'il juge dépassé.

