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Le Lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba prépare t-il une contre-offensive ?

Samedi 1 Octobre 2022

D’aucuns pensaient l’affaire « pliée » après l’annonce, vendredi 30 septembre au soir, de la destitution du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba par un groupe de jeunes militaires, avec à leur tête le capitaine Ibrahim Traoré. Il est désormais permis d’en douter.

Ce samedi, alors que la situation semblait revenir au calme à Ouagadougou, de nouveaux tirs ont résonné dans le centre de la capitale, des barrages ont été érigés et des hélicoptères aperçus volant à basse altitude, laissant planer la crainte d’un affrontement ouvert entre militaires pro et anti-Damiba. Un scénario du pire ramenant le pays aux heures chaudes du putsch manqué de 2015. De nouvelles tractations entre officiers étaient censées se tenir dans la journée pour tenter de l’éviter, mais dans l’après-midi, la situation semblait se tendre.

Damiba toujours dans le pays
Un bras de fer est enclenché entre les putschistes, qui ont annoncé avoir pris les rênes de la transition, et les partisans du président, qui n’a, lui, toujours pas démissionné. Dans l’entourage de Damiba, certains sont convaincus que le rapport de force leur est favorable.

Selon nos informations, le lieutenant-colonel n’a, contrairement à certaines rumeurs, pas quitté le pays mais il reste invisible. Résidant dans une villa ministérielle de Ouaga 2000 depuis son putsch du 24 janvier, il a disparu vendredi après-midi, alors que de jeunes officiers et sous-officiers contestataires commençaient à faire vaciller son pouvoir. Il n’était pas présent au Palais des sports de Ouaga 2000, où de premières discussions entres militaires se sont tenues vendredi après-midi.

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D’après des sources concordantes, il est toujours à Ouagadougou, entouré de fidèles des forces spéciales, un corps acquis à sa cause, et de militaires du Groupement de sécurité et de protection républicaine (GSPR), chargés de sa protection.

Les putschistes pointent la France
Dans l’après-midi de samedi, un communiqué signé du capitaine Ibrahim Traoré, lu à la télévision nationale par un de ses hommes, a donné une nouvelle tournure à la crise en cours. Il affirme au contraire que Damiba se serait réfugié à une trentaine de kilomètres de la capitale « au sein de la base française de Kamboinsin ».

Et de poursuivre : « Il est en mesure de planifier une contre-offensive afin de semer le trouble au sein de nos forces de défense et de sécurité. Cela fait suite à notre ferme volonté d’aller vers d’autres partenaires prêts à nous aider dans notre lutte contre le terrorisme. » Une allusion à peine voilée à la Russie, déjà principale alliée des autorités de transitions maliennes.

Dans la soirée de vendredi, certaines sources avaient en effet évoqué la présence de Damiba dans le camp de Kamboinsin, mais auprès des forces spéciales burkinabè et non celles, françaises, du détachement Sabre. De leur côté, plusieurs responsables français joints par Jeune Afrique assurent que Damiba n’a bénéficié d’aucune assistance ni protection de leur part.

Dans un communiqué publié samedi en fin de journée, le ministère français des Affaires étrangères a démenti « formellement toute implication dans les évènements en cours au Burkina Faso ». « Le camp où se trouvent les forces françaises n’a jamais accueilli Paul-Henri Sandaogo Damiba, pas davantage que notre ambassade », poursuit le texte.

Cela n’a pas empêché des dizaines d’individus de s’en prendre à l’ambassade de France à Ouagadougou, dont ils ont tenté d’incendier le mur d’enceinte ce samedi, et à l’Institut français de Bobo-Dioulasso, la deuxième ville du pays. Dans la capitale, l’attaque a été très violente, selon un témoin joint par Jeune Afrique.

Des manifestations de soutien au capitaine Traoré – qui a annoncé la levée du couvre-feu décrété la veille au soir – ont par ailleurs eu lieu dans la plupart des grandes villes, à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, mais aussi à Kaya et Ouahigouya.

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