A suivre la déclaration du ministre de l’enseignement supérieur prononcé le 10 février 2026, la crise dans les campus sociaux était prévisible puisque les étudiants n’ont pas accepter de suivre les propositions du gouvernement et ont quitté une réunion organisée par le ministère au bénéfice des acteurs de l’université et tenue à l’hôtel Niambourg.
Les étudiants réclament leur rappel de portefeuille boursier mais l’autorité est sourde à cette démarche et persiste jusque là en prétextant ne rien devoir aux étudiants. Quelle belle façon de régler une crise sociale surtout lorsqu’elle débouche sur la mort d’un jeune étudiant Abdoulaye BA étudiant en 2e année de chirurgie dentaire !
Monsieur le ministre parle comme un prof et à juste titre il en est un et c’est cela le cœur invisible des humeurs de campus : la relation Prof - Étudiant est à surveiller de tel sorte que le statut de l’étudiant soit moins dévalorisé et paraisse plus attractif aux yeux de la grande masse de jeunes en refus d’instruction de notre pays. L’État doit jouer son rôle à ce niveau afin d’éviter que nos institutions en majorité soient à terre.
Néanmoins le ministre de l’enseignement supérieur dans son discours a raison lorsqu’il précise que le campus social ne fait pas partie des franchises universitaires. Nous pouvons bien l’entendre et le justifier. Seules les facultés sont concernées par les règles de franchises universitaires car les forces de l’ordre ne peuvent les envahir sans autorisation du recteur sous contrôle de l’assemblée des universités. C’est une règle française qui remonte à 1231 sous le pape Grégoire IX rédacteur du texte Parens scientiarum pour l’université de Paris dont les étudiants étaient en grève en 1229 durant deux ans à la suite de la mort d’étudiants survenue lors d’une répression sur le campus par les force de l‘ordre.
Ce texte lui permet à l’époque de confisquer la seule responsabilité de l’ordre public à l’université. Aujourd’hui l’évêque d’autrefois est devenu le recteur voire le président de l’université et l’unique responsable exclusif du campus pédagogique. Donc «Au sein des universités, c’est le président qui, seul, peut demander l’intervention des forces de l’ordre. L’article L712-2 du Code de l’éducation dispose qu’il « est responsable du maintien de l’ordre et peut faire appel à la force publique dans les conditions fixées par décret en Conseil d’Etat ». Cette compétence s’étend à l’enceinte affectée « à titre principal à l’établissement dont [le président] a la charge », selon l’article R712-1 du même code.» La loi du 22 juillet 2013 sur l’enseignement supérieur vient modifier l’ancien texte en apportant des exceptions sur les principes d’interventions.
Le Sénégal dans sa loi N°94-79 relative aux franchises et libertés universitaires reproduit sans condition les mêmes dispositions de France. C’est déplorable de relever le déficit d’intelligence sociale de cette loi qui ne protège que les aspects techniques voire pédagogiques de la fonction des universités. L’opinion qu’elle soit scientifique ou non doit savoir que toute activité fonctionnelle se construit sur deux dimensions : la dimension technique et la dimension sociale.
L’État construit des bâtiments pour le campus pédagogique mais le statut de l’université exige la construction de logements sociaux donc d’un campus social. Les deux dimensions sont indissociables. Si le campus social est perturbé le campus pédagogique ne produit pas d’enseignement car les étudiants pour lesquels l’université est faite ne seront pas présents au cours. La preuve est que à ce jour du 10 février 2026 aucun cours n’est dispensé dans le campus pédagogique. Par conséquent, quel est le mérite du génie de gestion des universités qui protège l’un et se désengage de l’autre alors que les deux sont indissociables.
L’autorité de l’enseignement supérieur par manque de vision n’a toujours pas compris qu’il faut mettre une priorité sur le social dans nos universités. Les étudiants morts dans les campus sociaux ne font pas bouger les lignes chez l’autorité. Pour l’UCAD rappelons les cas de Bassirou FAYE (tué en 2014) , Abdoulaye BA ( tué hier 9 février 2026) et pour l’UGB les souvenirs de Mouhamadou Fallou SENE ( tué en 2018), Alpha TOUNKARA ( tué en 2024) et Prosper SENGHOR ( tué en 2024) sont encore frais.
Présentement et c’est d’urgence, la réflexion doit porter sur les mécanismes de protection de l’étudiant. Il faut des mesures sociales pour anticiper la survenue des grèves dans les universités et sécuritaires pour garantir l’intimité des étudiants. Si ces derniers sont à l’origine de la violence, les forces de l’ordre par professionnalisme peuvent intervenir sans provoquer de mort d’homme. Ceci est dans leurs ressources.
Par ailleurs si le ministre insiste sur la non possibilité d’avoir violé les franchises universitaires, il décharge le recteur président des assemblées de l’université et responsabilise le directeur du campus social (COUD) et l’État ( le gouvernement). Il ouvre ainsi par extension une opportunité au siège politique dans le campus social.
Souvent les directeurs du COUD et de CROUS sont des hommes politiques comme c’est le cas ailleurs dans le service public. Ce n’est pas surprenant que le ministre de l’enseignement supérieur dénonce l’immixtion des partis de l’opposition à coté des étudiants. Son discours politise les événements dans les campus social de l’UCAD. Certains étudiants menacent aussi de porter plainte contre le premier ministre Ousmane SONKO. Il y a une politisation rampante de cette crise et c’est ce qu’il faut éviter.
Pascal OUDIANE
Sociologue
Pour une Gouvernance Sans Parti ( GSP).
Les étudiants réclament leur rappel de portefeuille boursier mais l’autorité est sourde à cette démarche et persiste jusque là en prétextant ne rien devoir aux étudiants. Quelle belle façon de régler une crise sociale surtout lorsqu’elle débouche sur la mort d’un jeune étudiant Abdoulaye BA étudiant en 2e année de chirurgie dentaire !
Monsieur le ministre parle comme un prof et à juste titre il en est un et c’est cela le cœur invisible des humeurs de campus : la relation Prof - Étudiant est à surveiller de tel sorte que le statut de l’étudiant soit moins dévalorisé et paraisse plus attractif aux yeux de la grande masse de jeunes en refus d’instruction de notre pays. L’État doit jouer son rôle à ce niveau afin d’éviter que nos institutions en majorité soient à terre.
Néanmoins le ministre de l’enseignement supérieur dans son discours a raison lorsqu’il précise que le campus social ne fait pas partie des franchises universitaires. Nous pouvons bien l’entendre et le justifier. Seules les facultés sont concernées par les règles de franchises universitaires car les forces de l’ordre ne peuvent les envahir sans autorisation du recteur sous contrôle de l’assemblée des universités. C’est une règle française qui remonte à 1231 sous le pape Grégoire IX rédacteur du texte Parens scientiarum pour l’université de Paris dont les étudiants étaient en grève en 1229 durant deux ans à la suite de la mort d’étudiants survenue lors d’une répression sur le campus par les force de l‘ordre.
Ce texte lui permet à l’époque de confisquer la seule responsabilité de l’ordre public à l’université. Aujourd’hui l’évêque d’autrefois est devenu le recteur voire le président de l’université et l’unique responsable exclusif du campus pédagogique. Donc «Au sein des universités, c’est le président qui, seul, peut demander l’intervention des forces de l’ordre. L’article L712-2 du Code de l’éducation dispose qu’il « est responsable du maintien de l’ordre et peut faire appel à la force publique dans les conditions fixées par décret en Conseil d’Etat ». Cette compétence s’étend à l’enceinte affectée « à titre principal à l’établissement dont [le président] a la charge », selon l’article R712-1 du même code.» La loi du 22 juillet 2013 sur l’enseignement supérieur vient modifier l’ancien texte en apportant des exceptions sur les principes d’interventions.
Le Sénégal dans sa loi N°94-79 relative aux franchises et libertés universitaires reproduit sans condition les mêmes dispositions de France. C’est déplorable de relever le déficit d’intelligence sociale de cette loi qui ne protège que les aspects techniques voire pédagogiques de la fonction des universités. L’opinion qu’elle soit scientifique ou non doit savoir que toute activité fonctionnelle se construit sur deux dimensions : la dimension technique et la dimension sociale.
L’État construit des bâtiments pour le campus pédagogique mais le statut de l’université exige la construction de logements sociaux donc d’un campus social. Les deux dimensions sont indissociables. Si le campus social est perturbé le campus pédagogique ne produit pas d’enseignement car les étudiants pour lesquels l’université est faite ne seront pas présents au cours. La preuve est que à ce jour du 10 février 2026 aucun cours n’est dispensé dans le campus pédagogique. Par conséquent, quel est le mérite du génie de gestion des universités qui protège l’un et se désengage de l’autre alors que les deux sont indissociables.
L’autorité de l’enseignement supérieur par manque de vision n’a toujours pas compris qu’il faut mettre une priorité sur le social dans nos universités. Les étudiants morts dans les campus sociaux ne font pas bouger les lignes chez l’autorité. Pour l’UCAD rappelons les cas de Bassirou FAYE (tué en 2014) , Abdoulaye BA ( tué hier 9 février 2026) et pour l’UGB les souvenirs de Mouhamadou Fallou SENE ( tué en 2018), Alpha TOUNKARA ( tué en 2024) et Prosper SENGHOR ( tué en 2024) sont encore frais.
Présentement et c’est d’urgence, la réflexion doit porter sur les mécanismes de protection de l’étudiant. Il faut des mesures sociales pour anticiper la survenue des grèves dans les universités et sécuritaires pour garantir l’intimité des étudiants. Si ces derniers sont à l’origine de la violence, les forces de l’ordre par professionnalisme peuvent intervenir sans provoquer de mort d’homme. Ceci est dans leurs ressources.
Par ailleurs si le ministre insiste sur la non possibilité d’avoir violé les franchises universitaires, il décharge le recteur président des assemblées de l’université et responsabilise le directeur du campus social (COUD) et l’État ( le gouvernement). Il ouvre ainsi par extension une opportunité au siège politique dans le campus social.
Souvent les directeurs du COUD et de CROUS sont des hommes politiques comme c’est le cas ailleurs dans le service public. Ce n’est pas surprenant que le ministre de l’enseignement supérieur dénonce l’immixtion des partis de l’opposition à coté des étudiants. Son discours politise les événements dans les campus social de l’UCAD. Certains étudiants menacent aussi de porter plainte contre le premier ministre Ousmane SONKO. Il y a une politisation rampante de cette crise et c’est ce qu’il faut éviter.
Pascal OUDIANE
Sociologue
Pour une Gouvernance Sans Parti ( GSP).

