La dernière enquête mondiale sur le tabac chez les adultes (GATS), menée en 2023 au Sénégal, révèle une baisse encourageante de la prévalence du tabagisme, tout en démontrant les défis persistants pour la santé publique. Par ailleurs les récentes déclarations sur une supposée baisse de 25 % du tabagisme au Sénégal faites par l'ex président Amadou Moustapha GAYE ont été fermement démenties
« Les chiffres avancés par M. Amadou Moustapha GAYE, affirmant une baisse de 25,6 % de la prévalence du tabac entre 2015 et 2023, sont erronés », a déclaré Mme Adama MBAYE, responsable de l’unité Suivi-Évaluation du Programme national de lutte contre le tabac (PNLT) /DP/MSHP, Point focal GATS 2023, soulignant que « ces données relayées par certains médias n’engagent pas la LISTAB et ne reflètent pas la réalité mesurée par l’enquête GATS 2023 de l’ANSD ».
« On a une baisse de la prévalence. Si on compare 2015, où la prévalence était de six pour cent, et 2023, où nous avons une prévalence de 4,4 pour cent, on se retrouve avec un taux de prévalence de 25,6 %, c’est-à-dire 0,256 de baisse », a indiqué Mme MBAYE, responsable de l’unité Suivi-Évaluation du Programme national de lutte contre le tabac (PNLT) /DP/MSHP, Point focal GATS 2023.
Selon elle, cette amélioration est le fruit d’une mobilisation soutenue : « Le ministère de la Santé a mis en place un programme national de lutte contre le tabac. Bien avant, nous avons eu les acteurs de la société civile, dont la LISTAP, qui nous ont accompagnés jusqu’à la loi de 2014 du 28 mars 2014 », souligne-t-elle.
Les maladies liées au tabagisme restent néanmoins diverses et préoccupantes. Mme MBAYE rappelle que « le tabac provoque des maladies cardiovasculaires, des cancers, comme le cancer de la bouche et des poumons, ainsi que des maladies non transmissibles (MNT). Le tabac, tel que l’alcool, n’a que des conséquences nocives sur la santé des populations ».
L’enquête GATS est une norme mondiale permettant de surveiller systématiquement la consommation de tabac chez les adultes, y compris le tabac à fumer, le tabac sans fumée et chauffé. Au Sénégal, elle a été menée auprès de 4 148 ménages, avec un taux de réponse global de 97,3 %, offrant des données représentatives à l’échelle nationale.
Parmi les faits marquants de l’enquête : Consommation de tabac et cigarettes électroniques : 4,4 % des adultes consomment actuellement du tabac (0,5 million d’adultes), dont 8,2 % d’hommes et 0,8 % de femmes. 0,4 % utilisent du tabac sans fumée et 0,4 % des cigarettes électroniques.
Cessation : 62,5 % des fumeurs actuels envisagent d’arrêter, et 52,4 % ont tenté d’arrêter au cours des 12 derniers mois. Fumée secondaire : 21,1 % des adultes exposés au travail, 15 % à domicile et 24,8 % dans les restaurants. Économie : le coût moyen pour 20 cigarettes manufacturées est de 849,2 francs CFA, pour une dépense mensuelle moyenne de 8 777,8 francs CFA. Médias et sensibilisation : 37,4 % des adultes ont remarqué des informations antitabac à la télévision ou à la radio, tandis que 10,7 % ont vu des publicités pour cigarettes ou promotions liées.
Connaissances et perceptions : 87,2 % estiment que fumer provoque des maladies graves, 85,7 % que la fumée des autres est dangereuse et 93,4 % sont favorables à une augmentation des taxes sur le tabac.
« L’enquête GATS renforce notre capacité à concevoir, mettre en œuvre et évaluer les programmes de lutte antitabac », a ajouté Mme MBAYE, soulignant l’importance de poursuivre les efforts pour protéger la santé des populations et réduire la consommation de tabac au Sénégal.


