Depuis près de huit mois, la Guinée traverse une pénurie persistante de billets de banque qui continue de paralyser l’activité économique et d’éroder la confiance des citoyens envers le système bancaire. Malgré les mesures engagées par la Banque centrale et les établissements financiers commerciaux pour juguler la crise, la distribution de liquidités demeure lente et largement insuffisante.
Dans les banques de Conakry comme à l’intérieur du pays, les restrictions sur les retraits de certains montants sont toujours en vigueur. Si les longues files d’attente devant les guichets se sont quelque peu réduites, la réalité est tout autre : se procurer des billets est devenu un véritable parcours du combattant pour de nombreux usagers.
Cette pénurie a des répercussions bien au-delà des banques classiques. M’Bany Sidibé, président de l’Union pour la défense des consommateurs, alerte sur l’impact global de la crise : « C’est une crise qui affecte non seulement les banques primaires, mais aussi les transactions électroniques, que ce soit Orange Money, Mobile Money, Kulu ou d’autres plateformes. Non seulement cela ralentit l’activité économique, mais cela crée aussi d’énormes difficultés pour les consommateurs. »
Une crise de confiance au cœur du problème
Pour plusieurs observateurs, la pénurie de liquidités trouve sa source dans une rupture durable de confiance entre l’État guinéen et les acteurs économiques. L’économiste Mohammed Camara estime que le dialogue est aujourd’hui indispensable pour restaurer la crédibilité de la place financière guinéenne. Selon lui, une partie des opérateurs économiques a choisi de contourner le système bancaire national en plaçant ses fonds à l’étranger, notamment à Dakar, Bissau ou Freetown.
« Le cash ne passe plus par le système bancaire. À peine 10 % des Guinéens disposent d’un compte bancaire. Les autres utilisent la monnaie électronique. Or, les agents économiques sont historiquement habitués aux transactions en espèces. Les mesures prises récemment par les autorités ont créé une véritable peur, alimentant une crise de confiance entre les opérateurs économiques et le système financier national », explique-t-il, avant de rappeler que « la place financière doit rassurer pour fonctionner ».
Débancarisation et crainte des gels de comptes
Depuis l’arrivée de la junte militaire au pouvoir, les gels de comptes ciblés se sont multipliés. Les échanges d’informations entre banques et justice se sont intensifiés, tandis que les règles réglementaires se sont durcies. Cette situation a poussé de nombreux acteurs économiques à se débancariser, préférant conserver leurs liquidités hors du circuit officiel.
Une évolution inquiétante que déplore M’Bany Sidibé, qui appelle au respect strict des principes bancaires : « Tout le monde a eu peur des banques. Il faut d’abord une réforme structurelle au niveau de la Banque centrale. Le secret bancaire doit être respecté et les comptes ne doivent être bloqués que sur décision de justice. »
Dans un premier temps, la Banque centrale de la République de Guinée avait attribué la pénurie à une « thésaurisation massive » des billets, les citoyens conservant leur argent en dehors des banques. Toutefois, la mise en circulation de nouveaux billets, intervenue fin 2025, n’a pas permis de résorber la crise.
Pour de nombreux analystes, la pénurie de liquidités n’est plus conjoncturelle mais bel et bien structurelle. Sans un rétablissement durable de la confiance, une réforme en profondeur du secteur bancaire et un apaisement des relations entre l’État et les acteurs économiques, la Guinée pourrait continuer à subir les effets d’une crise financière aux conséquences lourdes pour son économie et ses consommateurs.
Dans les banques de Conakry comme à l’intérieur du pays, les restrictions sur les retraits de certains montants sont toujours en vigueur. Si les longues files d’attente devant les guichets se sont quelque peu réduites, la réalité est tout autre : se procurer des billets est devenu un véritable parcours du combattant pour de nombreux usagers.
Cette pénurie a des répercussions bien au-delà des banques classiques. M’Bany Sidibé, président de l’Union pour la défense des consommateurs, alerte sur l’impact global de la crise : « C’est une crise qui affecte non seulement les banques primaires, mais aussi les transactions électroniques, que ce soit Orange Money, Mobile Money, Kulu ou d’autres plateformes. Non seulement cela ralentit l’activité économique, mais cela crée aussi d’énormes difficultés pour les consommateurs. »
Une crise de confiance au cœur du problème
Pour plusieurs observateurs, la pénurie de liquidités trouve sa source dans une rupture durable de confiance entre l’État guinéen et les acteurs économiques. L’économiste Mohammed Camara estime que le dialogue est aujourd’hui indispensable pour restaurer la crédibilité de la place financière guinéenne. Selon lui, une partie des opérateurs économiques a choisi de contourner le système bancaire national en plaçant ses fonds à l’étranger, notamment à Dakar, Bissau ou Freetown.
« Le cash ne passe plus par le système bancaire. À peine 10 % des Guinéens disposent d’un compte bancaire. Les autres utilisent la monnaie électronique. Or, les agents économiques sont historiquement habitués aux transactions en espèces. Les mesures prises récemment par les autorités ont créé une véritable peur, alimentant une crise de confiance entre les opérateurs économiques et le système financier national », explique-t-il, avant de rappeler que « la place financière doit rassurer pour fonctionner ».
Débancarisation et crainte des gels de comptes
Depuis l’arrivée de la junte militaire au pouvoir, les gels de comptes ciblés se sont multipliés. Les échanges d’informations entre banques et justice se sont intensifiés, tandis que les règles réglementaires se sont durcies. Cette situation a poussé de nombreux acteurs économiques à se débancariser, préférant conserver leurs liquidités hors du circuit officiel.
Une évolution inquiétante que déplore M’Bany Sidibé, qui appelle au respect strict des principes bancaires : « Tout le monde a eu peur des banques. Il faut d’abord une réforme structurelle au niveau de la Banque centrale. Le secret bancaire doit être respecté et les comptes ne doivent être bloqués que sur décision de justice. »
Dans un premier temps, la Banque centrale de la République de Guinée avait attribué la pénurie à une « thésaurisation massive » des billets, les citoyens conservant leur argent en dehors des banques. Toutefois, la mise en circulation de nouveaux billets, intervenue fin 2025, n’a pas permis de résorber la crise.
Pour de nombreux analystes, la pénurie de liquidités n’est plus conjoncturelle mais bel et bien structurelle. Sans un rétablissement durable de la confiance, une réforme en profondeur du secteur bancaire et un apaisement des relations entre l’État et les acteurs économiques, la Guinée pourrait continuer à subir les effets d’une crise financière aux conséquences lourdes pour son économie et ses consommateurs.

