À l’occasion de la célébration de la Fête du Travail, le Collectif des employés, anciens employés et retraités de l’Agence panafricaine d’information (Panapress) est monté au créneau pour dénoncer une situation sociale qu’il juge intenable. Dans une déclaration rendue publique ce 1er mai 2026, les travailleurs interpellent directement les plus hautes autorités de l’État sénégalais afin d’obtenir le paiement de plusieurs années d’arriérés de salaires et d’indemnités.
Alors que les centrales syndicales déposaient leurs cahiers de doléances auprès des autorités, réclamant notamment des augmentations salariales, l’amélioration des conditions de travail et une meilleure prise en compte du pouvoir d’achat, les agents de Panapress ont rappelé qu’ils se battent depuis des années pour des droits élémentaires restés, selon eux, sans réponse.
Dans leur communiqué, les membres du collectif affirment réclamer au directeur général de l’agence, Babacar Fall, « le paiement d’un cumul de plus de quatre années d’arriérés de salaires et divers indemnités non payés ». Ils soutiennent que plusieurs démarches ont été entreprises auprès des autorités sénégalaises, de la justice ainsi que d’organes d’arbitrage, sans qu’aucune solution concrète n’ait été trouvée jusqu’à présent.
Les travailleurs reviennent également sur un contentieux ancien qu’ils disent avoir déjà largement documenté dans un mémorandum publié l’année dernière. Ils dénoncent ce qu’ils qualifient de refus de dialogue de la part de la direction générale. « M. Babacar Fall n’a comme méthode de gestion de crise que la répression, les mesures de rétorsion, l’intimidation, le recours à l’usure du temps et l’oubli », écrivent-ils.
Selon le collectif, plusieurs rencontres avec le directeur général, dont la dernière remonte à 2020, se seraient soldées par « un chapelet de promesses non tenues ». Ils rappellent qu’à l’époque, la direction évoquait un programme de refinancement et de restructuration soutenu par l’État libyen pour justifier un règlement imminent des salaires impayés.
Cette situation alimente aujourd’hui de nombreuses interrogations parmi les employés. Le collectif demande notamment des clarifications sur le statut actuel de Panapress, la composition de son conseil d’administration, le rôle des autres États parties prenantes ainsi que sur l’utilisation des subventions accordées par l’État sénégalais.
« Est-ce que Panapress a été cédée à la Libye ? », s’interrogent-ils, avant d’appeler à un audit administratif, organisationnel et financier de l’agence, qu’ils décrivent comme « une nébuleuse impénétrable ».
Les agents rappellent par ailleurs que Panapress est une société de droit sénégalais bénéficiant d’un accord de siège et de privilèges diplomatiques, ce qui, selon eux, impose à l’État du Sénégal un devoir de contrôle sur la conformité de ses activités avec les lois nationales.
Le collectif affirme également que le conflit social a eu des conséquences humaines dramatiques. Les signataires disent vouloir profiter de cette Fête du Travail pour rendre hommage à des collègues décédés après le déclenchement de la grève. Ils accusent la direction d’avoir privé certains employés grévistes et leurs familles d’accès aux soins de santé et aux médicaments.
Face à cette situation, les travailleurs lancent un nouvel appel au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, au Premier ministre Ousmane Sonko ainsi qu’à l’ensemble du gouvernement afin qu’une solution soit rapidement trouvée.
Dans leur déclaration, les membres du collectif réaffirment plusieurs revendications qu’ils considèrent comme prioritaires : « le paiement intégral de tous les arriérés de salaire et indemnités », « l’arrêt des licenciements jugés illégaux et abusifs » et « la réparation des préjudices causés aux employés de Panapress ».

