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Dette publique : Cheikh Diba alerte, « Sur chaque 100 francs de recettes, 25 francs servent à payer les intérêts

Mardi 1 Septembre 2026

Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a dressé un constat préoccupant du poids de la dette sur les finances publiques sénégalaises. Selon lui, en 2026, le paiement des seuls intérêts absorbe 25 % des recettes mobilisées par l’État. Face à cette contrainte, il défend le traitement de la dette comme un levier destiné à restaurer les marges budgétaires du pays, sans sacrifier les investissements et les dépenses sociales.


Le poids du service de la dette est devenu l’un des principaux défis auxquels les finances publiques sénégalaises doivent faire face. Cheikh Diba en a exposé les conséquences en défendant la nouvelle trajectoire économique et budgétaire engagée par le Gouvernement.

Pour le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, l’assainissement des comptes publics ne doit pas se faire au détriment du développement et des populations.

« Le redressement budgétaire ne doit pas être opposé au développement économique ni à la justice sociale. Nous devons réduire et maîtriser le déficit, mais préserver les investissements qui préparent l’avenir », a déclaré Cheikh Diba.

Cette orientation implique, selon lui, une augmentation des ressources de l’État, mais avec une meilleure répartition de l’effort demandé aux citoyens.

« Nous devons mobiliser davantage de recettes tout en répartissant équitablement l’effort. Nous devons orienter les subventions vers ceux qui, parmi les Sénégalais, en ont réellement besoin », a-t-il soutenu.

Le ministre insiste également sur la nécessité de revoir la gouvernance des sociétés nationales. « Nous devons mieux gérer nos entreprises publiques tout en préservant les intérêts stratégiques de l’État », a-t-il ajouté.

« La dégradation de la dette avait commencé avant 2019 »

Cheikh Diba s’est longuement attardé sur la situation de la dette publique. Il rappelle que les difficultés ne sont pas apparues récemment.

« La dégradation de la situation de la dette avait commencé avant 2019 », a-t-il affirmé.

L’audit des finances publiques couvrant la période allant de janvier 2019 à mars 2024 a cependant, selon lui, permis de mesurer plus précisément l’ampleur des contraintes auxquelles le Sénégal est confronté.

Le ministre avance ainsi qu’à la fin de l’année 2024, « la dette de l’administration centrale représentait 119 % du PIB, compte non tenu des travaux en cours de rebasage du PIB ». Mais pour Cheikh Diba, le niveau global de l’endettement ne constitue qu’une partie du problème. C’est surtout le poids du service de la dette sur les ressources budgétaires qui inquiète.

25 francs sur 100 pour les seuls intérêts

Le ministre a livré à ce sujet un chiffre particulièrement révélateur de la pression exercée sur les finances publiques.

« En 2026, sur chaque tranche de 100 francs de recettes mobilisées par l’État, 25 francs sont consacrés au seul paiement des intérêts de la dette », a-t-il indiqué.

Cheikh Diba a même tenu à répéter ce ratio pour en souligner l’importance : « C’est important d’y insister. En 2026, sur chaque 100 francs de recettes mobilisées par l’État, 25 francs sont consacrés au seul paiement des intérêts de la dette. »

Une situation qui, selon lui, prive mécaniquement l’État de ressources pouvant être orientées vers d’autres priorités.

« Ce sont autant de ressources qui ne peuvent pas être immédiatement affectées à nos hôpitaux, à nos écoles, à notre agriculture, au soutien de nos entreprises, aux infrastructures ou à la protection des populations », a-t-il expliqué.

La pression de la dette réduit également, poursuit-il, la capacité du Sénégal à faire face aux crises. « Une charge de dette trop importante réduit également notre capacité à absorber les chocs extérieurs, à soutenir l’économie en période de difficultés et à répondre efficacement aux besoins de financement de notre développement », prévient le ministre.

Le Gouvernement veut éviter l’asphyxie budgétaire

Sans correction de cette trajectoire, Cheikh Diba redoute que le service de la dette et les autres charges incompressibles finissent par absorber une part toujours plus importante des ressources publiques.

« Si nous ne corrigeons pas cette dynamique, nous risquons d’atteindre un point où une part toujours plus importante des ressources de l’État sera absorbée par le paiement des intérêts et des dépenses incompressibles, au détriment des investissements nécessaires à l’avenir du pays », a-t-il averti.

C’est pour éviter cette situation que le Gouvernement a placé le traitement de la dette parmi les piliers de sa nouvelle stratégie économique.

Pour Cheikh Diba, cette opération ne doit cependant pas être considérée comme « une fin en soi ». Elle doit permettre de réduire progressivement la pression sur les finances publiques et de redonner à l’État une capacité d'action.

« Le traitement de la dette n’est donc pas une fin en soi. Il a pour objectif de réduire progressivement la pression exercée sur le budget, de restaurer les marges de manœuvre de l’État et de préserver notre capacité à financer les priorités nationales », a-t-il expliqué.

Le ministre inscrit enfin cette stratégie dans une perspective de souveraineté économique : « C’est par cette démarche équilibrée, progressive et responsable que nous renforcerons notre souveraineté économique, consoliderons la confiance de nos partenaires et préserverons la capacité de l’État à financer durablement les priorités du Sénégal. »

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