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Défaillances dans la campagne arachidière : Ousmane Sonko tance les ministres des Finances, du Commerce et de l’Agriculture

Mardi 6 Janvier 2026

Le Premier ministre Ousmane Sonko a effectué une visite de suivi de la campagne de commercialisation de l’arachide dans la région de Kaolack, surnommée le bassin arachidier du Sénégal. Les acteurs de la filière ont profité de la présence de l’un des piliers du régime PASTEF pour dénoncer une campagne qui, selon eux, est loin d’être satisfaisante.

Le Premier ministre a reconnu les difficultés soulevées et n’a pas hésité à critiquer les ministres impliqués dans la conduite de cette campagne. Le ministre du Commerce, Serigne Guèye, présent dans la délégation gouvernementale, a été le premier à être mis en cause en tant que responsable de la commercialisation de l’arachide.

« Il y a des problèmes et l’État a sa part de responsabilité. L’État devait mettre tous les moyens nécessaires pour que ses promesses soient tenues. Quand on dit que les arachides doivent être vendues dans les points de collecte, le ministère du Commerce doit tout faire pour que cela se fasse effectivement dans ces points. Le fait que l’arachide soit vendue dans les marchés “louma” n’est pas normal et relève de la responsabilité du ministère du Commerce », a déclaré le Premier ministre.

Avant sa prise de parole, Ousmane Sonko avait effectué des descentes sur des sites non prévus au programme. « J’ai fait exprès de passer par ce marché “louma” pour constater la situation. Si, à Kaolack, on compte 147 points agréés et que seulement 24 ou 25 fonctionnent, il y a un problème. Lorsqu’on accorde un agrément, on doit d’abord s’assurer que le bénéficiaire dispose des capacités techniques et financières. Sinon, il prend l’agrément, le met dans sa poche et va acheter le kilo d’arachide à 245 ou 250 FCFA dans les marchés louma. Cela signifie qu’il y a un dysfonctionnement, et c’est au ministère du Commerce de veiller à ce que cela ne se produise pas », a-t-il insisté.

S’adressant directement au ministre du Commerce, le chef du gouvernement a ajouté : « Monsieur le ministre, nous vous demandons encore de revoir avec vos services afin que toutes les mesures prises lors du Conseil interministériel soient strictement respectées dans le domaine commercial ».

Un autre membre du gouvernement a également été vivement interpellé : Cheikh Diba, ministre des Finances. Sur le plan financier, a souligné le Premier ministre, les ressources nécessaires ne sont pas encore disponibles sur le terrain pour assurer une collecte efficace.

« Il y a aussi des problèmes à ce niveau. On ne peut pas attendre le démarrage de la campagne pour dire que telle banque n’a pas libéré les fonds, que l’État doit de l’argent à tel opérateur économique ou que la Sonacos doit de l’argent à tel autre. Lorsqu’on confie une mission au ministre des Finances, son rôle est de trouver des solutions. Les financements doivent être disponibles avant l’ouverture de la campagne de commercialisation de l’arachide, c’est la norme », a regretté le Premier ministre.

Selon lui, « si les schémas mis en place avant la commercialisation présentent des limites, l’ingénierie financière offre de nombreuses alternatives. Il faut les revoir et chercher d’autres solutions ». Il a illustré son propos par un exemple concret : « Entre hier et aujourd’hui, après avoir exigé que des solutions soient trouvées, on m’a informé que 50 milliards de FCFA seront mobilisés d’ici le 16 janvier. Si ces mesures avaient été prises à temps, nous n’aurions pas rencontré ces difficultés et la campagne se serait poursuivie sans accroc ».

Enfin, le ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, très actif sur les réseaux sociaux pour mettre en avant ses réalisations, a lui aussi été recadré par le chef du gouvernement. « J’ai atténué les félicitations adressées au ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, car la production agricole réalisée n’est pas une performance qualitative. On a augmenté les superficies cultivées, mais le rendement à l’hectare n’a pas évolué. Je serai satisfait lorsque le ministre parviendra à produire 2 tonnes à l’hectare sur l’ensemble du territoire national », a-t-il affirmé.

Ousmane Sonko a conclu en évoquant les implications industrielles de cet objectif : « Si cet objectif est atteint et que les superficies restent les mêmes, la production atteindra entre 1 million 700 000 et 2 millions de tonnes. Mais nous n’avons pas la capacité d’absorber un tel volume. C’est pourquoi nous allons revoir toute la politique industrielle. Dans ce cadre, après arbitrage avec le ministre des Finances, nous avons accordé 25 milliards de FCFA à la Sonacos pour réformer un outil de production devenu obsolète ».


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