Une affaire de diffusion non consentie de vidéos intimes, sur fond de rupture sentimentale et de soupçons de vengeance, a été examinée par le tribunal de Mbao. À la barre, un chauffeur de 42 ans, poursuivi pour complicité présumée, tandis que l’auteur principal, établi au Canada, demeure hors de portée de la justice sénégalaise.
Selon L’Observateur, présent à l’audience, le dossier trouve son origine dans la séparation entre une femme mariée, identifiée sous le nom de M. Mbaye, et son ancien compagnon, O. Samb. Installé au Canada, ce dernier aurait mal vécu la rupture et entrepris de porter atteinte à la vie privée de son ex-partenaire en diffusant des vidéos intimes qu’elle lui avait envoyées durant leur relation.
D’après les éléments exposés devant le tribunal, un numéro sénégalais aurait été utilisé pour créer un compte WhatsApp à partir duquel des contenus à caractère intime auraient été transmis à des membres de la belle-famille de la plaignante, dans l’objectif présumé de provoquer une crise conjugale.
C’est dans ce contexte que A.C. Ndiaye, chauffeur et proche des deux parties, s’est retrouvé poursuivi. Il lui était reproché d’avoir acquis et enregistré à son nom une puce téléphonique Free qui aurait servi à l’ouverture du compte incriminé. Pour la partie civile, cette démarche ne pouvait être anodine et traduisait une participation consciente à l’entreprise de diffusion.
À la barre, le prévenu a nié toute intention délictuelle, affirmant avoir simplement rendu service à un ami sans connaître le projet sous-jacent. Les expertises techniques réalisées par la gendarmerie sur ses téléphones n’ont, selon les débats, révélé aucune trace de vidéos ni d’échanges compromettants.
Le procureur avait requis six mois de prison ferme, estimant que la fourniture de la puce constituait une complicité matérielle suffisante. Mais le tribunal n’a pas suivi cette analyse. Considérant que l’élément intentionnel n’était pas établi de manière probante, le juge a prononcé la relaxe d’A.C. Ndiaye.
L’auteur présumé de la diffusion, quant à lui, reste à l’étranger, laissant pour l’instant l’affaire partiellement inachevée sur le plan judiciaire.

