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Crise au Sahel : le double discours de Macky Sall dénoncé

Dimanche 20 Août 2023

Le Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, était l’invité de marque de l’émission « Objection » sur Sud FM, ce dimanche. Une occasion pour le directeur de la radio et non moins animateur de ce rendez-vous dominical, Baye Oumar Guèye, d’aborder sans langue de bois les questions sécuritaires épineuses auxquelles la sous-région ouest-africaine fait face et qui ont pour noms : terrorisme et instabilité politico-militaire.


Prenant l’exemple du Mali qui se bat depuis 2013 contre le terrorisme et qui a connu dans la même foulée des coups d’État, le Premier ministre se réjouit des résultats réalisés par les nouvelles autorités militaires avec à leur tête le président de la transition, le colonel Assimi Goïta. 


Selon lui, ces dernières ont réussi là où les opérations Serval, Barkhane (France) et la Minusma (Nations Unies) ont lamentablement échoué.

Embrayant d’ailleurs sur le retrait de la dernière opération onusienne après le départ des troupes françaises, Choguel Maïga se dit « étonné » du « double discours » du président sénégalais Macky Sall. Ce dernier s’interrogeait, il y a quelques années, sur l’échec des opérations militaires internationales au Mali malgré tous les moyens humains et matériels dont elles disposaient. Un discours qui a littéralement changé au moment où les nouvelles autorités maliennes ont demandé le retrait de la Minusma.

« En 2019, le président Macky Sall a dit clairement, dans une conférence sur la sécurité qui s’est tenue à Dakar, qu’il ne peut pas comprendre qu’il y a plus de 50 000 hommes armés sur le territoire malien et l’insécurité ne fait que s’étendre. J’ai été surpris que le même président, cette année (2023), change de discours pour dire que si la Munisma part les Maliens ne pourront rien faire. Mais cela ne peut pas devenir pire. Lui-même, il a déjà constaté qu’avec 50 000 hommes rien n’a changé », souligne le PM Maïga qui ne cache pas ses soupçons contre Serval.

« En 2013, Serval avait trois objectifs : détruire le terrorisme, rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble de son territoire et appliquer les résolutions des Nations Unies. Mais au bout de 7 ans qu’est-ce qu’on constate finalement : le terrorisme s’est multiplié et a atteint 80 % du territoire malien, l’autorité de l’État n’est pas restaurée et une enclave a été créée par les français dans laquelle les terroristes se sont réorganisés de 2013 en 2015. Ensuite, ils ont lancé des attaques au centre du Mali », confie-t-il sur les ondes de Sud FM.  

Aujourd’hui, s’enorgueillit-il, « notre armée est l’une des plus équipées de la sous-région. Nous n’avons plus besoin de l’autorisation ou des moyens techniques de qui que ce soit pour aller dans n’importe quel coin de notre territoire ».

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