Menu






Chaos à Bukavu : Double explosion lors du meeting du chef rebelle Corneille Nangaa

Jeudi 27 Février 2025

La Place de l'Indépendance à Bukavu était noire de monde, ce jeudi 27 février, pour écouter Corneille Nangaa, chef de l'Alliance Fleuve Congo (AFC) et allié du M23. Ce dernier, qui a troqué sa barbe fournie et son treillis militaire pour une tenue plus sobre - une veste zippée noire et une casquette assortie - venait parler de "révolution" et d'amélioration des conditions de vie des habitants de Bukavu. Pourtant, ce rassemblement soigneusement organisé a été plongé dans le chaos par une double explosion meurtrière.

Selon Albert Migabo Nyagaza, coordonnateur des vingt chefs de quartier de Bukavu, la manifestation s'est d'abord déroulée sans encombres. "Quand ça s’est terminé, l’autorité AFC/M23 a quitté le podium. Je descendais de la tribune dans la même colonne, avec Nangaa qui a pris son véhicule. Et ça a explosé peu après son départ. Moi, j’étais à 10 mètres de l’explosion, j’ai senti le souffle des bombes derrière moi."

Un infirmier témoigne avoir vu un blessé courir en quête d’aide avant qu'une seconde détonation ne vienne semer la panique. Corneille Nangaa, épargné par l'attaque, a ensuite réapparu, le visage grave, pour annoncer un premier bilan lourd : au moins 11 morts et 65 blessés. L’auteur de l’attaque, non revendiquée, aurait péri dans l'explosion.

Une guerre de responsabilités
Corneille Nangaa n'a pas tardé à accuser le président congolais Félix Tshisekedi de "terrorisme d’État". De son côté, la présidence congolaise a réagi sur X, condamnant "fermement cet acte terroriste odieux qui a été perpétré par une armée étrangère présente illégalement sur le sol congolais".

Si cette attaque n'a pas atteint le niveau de destruction de la prise de Goma fin janvier, qui aurait fait environ 3 000 morts selon l'ONU, elle a ravivé les craintes d'une explosion de la criminalité. "L’insécurité est devenue très grande dans la ville, il y a beaucoup de cas de pillages. Le soir, les gens ont peur de sortir", rapporte un membre de la société civile. "Pour le moment, il n’y a pas de policiers, ça nous inquiète. En leur absence, ce sont les militaires qui devraient patrouiller."

Le M23 impose son autorité
Deux semaines après la prise de Bukavu, l'administration du M23 et de l'AFC peine à se structurer. Le nouveau gouverneur, son vice-gouverneur, les bourgmestres et les administrateurs territoriaux doivent être nommés le 1er mars. En attendant, les rebelles tentent de rallier des figures locales à leur cause, à l'image de Crispin Kashale, ancien directeur de communication de la Fondation Panzi. "Les Congolais ont faim, ils veulent gagner de l’argent rapidement", ironise un observateur face aux ralliements opportunistes.

D'autres, comme Samy Jean Takimbula, vice-président de la société civile, justifient leur dialogue avec le M23. "On n’a pas le choix. Ils ont la force, ils ont le pouvoir", affirme-t-il, tout en mettant en garde : "S’ils viennent pour faire la révolution, on doit voir la différence avec ce que nous avons déjà vécu."

Une population sous tension
Les habitants de Bukavu vivent dans la peur et l'incertitude. Néné Bintu Iragi, présidente de la société civile, est en exil depuis la prise de la ville. "Ici on ne blague pas, si on vous menace, il faut le prendre sérieusement", affirme un militant en quête de refuge après avoir reçu des menaces.

L'attaque du 27 février a encore renforcé cette atmosphère anxiogène. "Tout est calme à Bukavu, mais les activités sont très lentes, les gens sont dans l’observation", explique un religieux. Pour Albert Migabo Nyagaza, la double explosion risque d'aggraver la situation : "Elle pourrait avoir un effet négatif sur la population." Un avertissement qui laisse présager une période incertaine pour Bukavu, entre tensions politiques et insécurité croissante.

Nouveau commentaire :



AUTRES INFOS

Ligue des champions : Liverpool renverse Galatasaray et s’offre un choc contre le PSG

Retrait du trophée au Sénégal : la réaction de Mady Touré

TECNO lance la série CAMON 50 : zoom ultra-précis, IA artistique et sécurité renforcée pour un smartphone complet

Retrait du trophée de la CAN 2025 au Sénégal : une députée ivoirienne s’en mêle

Litige Sénégal–Maroc : la FSF dénonce une décision “inique” et saisit le TAS

Trophée retiré au Sénégal : les précisions de la Fédération marocaine de football

Tribunal Arbitral du Sport : ce que la FSF peut entreprendre pour contester la décision de la CAF

Augustin Senghor fustige la décision du TAS : « Ils ont osé se substituer à l’arbitre ! »

Claude Le Roy sans filtre : « Cette décision va faire rire toute la planète football »

CAN 2025: la CAF retire le titre au Sénégal et déclare le Maroc vainqueur