La révocation de l’avocat général près la Cour suprême, Algassimou Diallo, suscite une vive réaction de Cellou Dalein Diallo. Le président de l’UFDG dénonce une « cabale politico-judiciaire » et conteste formellement être l’un des interlocuteurs d’un enregistrement audio présenté comme compromettant. Si les autorités guinéennes n’ont pas officiellement établi de lien entre cet audio et la sanction du magistrat, l’opposant accuse le pouvoir de Mamadi Doumbouya d’avoir orchestré un « montage » destiné à porter atteinte à sa réputation.
La révocation du magistrat Algassimou Diallo prend une dimension politique en Guinée. Suspendu le 18 août par le ministre de la Justice pour « manquement à ses obligations statutaires », l’avocat général près la Cour suprême a ensuite été révoqué par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), qui a retenu contre lui des manquements graves aux devoirs et à la dignité de sa fonction.
En parallèle, un enregistrement audio attribué à des interlocuteurs présentés comme étant proches ou liés à l’opposant Cellou Dalein Diallo et au magistrat a circulé. La conversation, tenue en langue peule, a alimenté des accusations de connivence entre les deux hommes.
Cellou Dalein Diallo et Algassimou Diallo étant tous deux issus de la communauté peule, la diffusion de cet enregistrement a également alimenté une polémique sur la dimension communautaire des propos qui leur sont attribués. À ce stade, les autorités guinéennes n’ont toutefois pas officiellement indiqué que la révocation d’Algassimou Diallo était motivée par cet enregistrement.
Cellou Dalein Diallo nie toute conversation
Face à la polémique, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) est sorti de son silence. Il rejette catégoriquement l’authenticité des propos qui lui sont attribués et nie avoir eu une conversation avec la personne présentée comme son interlocuteur. « Je dis sans ambage ni équivoque : je n’ai jamais parlé ni au téléphone ni de vive voix à Algassimou Diallo que je ne connais pas personnellement », affirme Cellou Dalein Diallo.
L’ancien Premier ministre rejette également les propos à caractère communautaire qui lui sont prêtés dans l’enregistrement. « En outre, je ne peux tenir les propos sectaires qu’on m’a attribués dans le fameux audio, ni évoquer des projets de déstabilisation de la Guinée que je n’ai pas », poursuit-il. Il affirme rester attaché à son engagement politique et à la voie démocratique. « J’ai une ligne et un projet politique clair, connu de tous, fondé sur l’éthique républicaine et le pari démocratique », soutient le président de l’UFDG.
« Une cabale politico-judiciaire montée de toutes pièces »
Cellou Dalein Diallo va plus loin en accusant directement le pouvoir de Mamadi Doumbouya d’être à l’origine d’une opération visant le magistrat et sa propre personne. « Par respect pour le peuple martyr de Guinée et épris de justice et de vérité, je ne peux me taire face à la cabale politico-judiciaire montée de toutes pièces par un régime aux abois et visant Monsieur Algassimou Diallo, un magistrat réputé d’une grande probité, et moi-même », déclare-t-il. Il qualifie l’enregistrement incriminé de « montage » et accuse les médias publics d’avoir contribué à sa diffusion. « Je ne pourrai laisser passer un montage si grossier, véhiculé par un mensonge d’État et amplifié par les médias publics dans le dessein obscur de manipuler l’opinion et de porter préjudice à mon honneur et à ma réputation », affirme-t-il.
Cellou Dalein Diallo attaque le bilan de Doumbouya
Dans sa déclaration, le président de l’UFDG replace également cette affaire dans le contexte politique guinéen depuis le coup d’État du 5 septembre 2021. Il rappelle que Mamadi Doumbouya avait notamment justifié sa prise de pouvoir par la nécessité de mettre fin à « l’instrumentalisation de la justice », au « piétinement des droits et libertés des citoyens » et au « dysfonctionnement des institutions de la République ».
Cinq ans plus tard, Cellou Dalein Diallo dresse un constat particulièrement sévère. « Aujourd’hui, cinq ans après, il est devenu le champion toute catégorie de la restriction des libertés publiques et de la violation des droits de l’homme », accuse-t-il.
L’opposant évoque également les disparitions forcées, les morts de manifestants et les décès en détention enregistrés ces dernières années, dont il impute la responsabilité politique au régime. « Il n’est un secret pour personne que la séparation du pouvoir et l’indépendance des institutions n’existent plus dans notre pays. La seule propre volonté de Mamadi Doumbouya s’impose à tous », affirme Cellou Dalein Diallo.
« La justice n’a jamais été aussi caporalisée »
L’ancien Premier ministre réserve une partie importante de sa déclaration au fonctionnement de la justice guinéenne. « Quant à la justice, elle n’a jamais été aussi caporalisée, bafouée et désolée que maintenant », accuse-t-il. Cellou Dalein Diallo estime que ceux qui se présentent aujourd’hui comme défenseurs de l’unité nationale et de l’État de droit sont précisément ceux qui, selon lui, ont affaibli les institutions du pays.
« Ceux qui ont sacrifié nos acquis démocratiques, détruit les fondements de notre nation, instrumentalisé à leur profit notre justice et qui se livrent effrontément à la dilapidation de nos ressources et à la violation de nos droits et libertés, sont ceux-là qui veulent se faire passer aujourd’hui pour des objecteurs de conscience, des patriotes soucieux de la préservation de l’unité nationale et de la défense des libertés publiques, de la démocratie et de l’État de droit », déclare-t-il.
La sortie de Cellou Dalein Diallo ouvre ainsi un nouveau front politique autour de la révocation d’Algassimou Diallo. Alors que le CSM invoque des manquements liés aux devoirs et à la dignité de la fonction de magistrat, le président de l’UFDG conteste les accusations entourant l’enregistrement audio et demande que son nom ne soit pas associé aux propos qui y sont tenus.
La révocation du magistrat Algassimou Diallo prend une dimension politique en Guinée. Suspendu le 18 août par le ministre de la Justice pour « manquement à ses obligations statutaires », l’avocat général près la Cour suprême a ensuite été révoqué par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), qui a retenu contre lui des manquements graves aux devoirs et à la dignité de sa fonction.
En parallèle, un enregistrement audio attribué à des interlocuteurs présentés comme étant proches ou liés à l’opposant Cellou Dalein Diallo et au magistrat a circulé. La conversation, tenue en langue peule, a alimenté des accusations de connivence entre les deux hommes.
Cellou Dalein Diallo et Algassimou Diallo étant tous deux issus de la communauté peule, la diffusion de cet enregistrement a également alimenté une polémique sur la dimension communautaire des propos qui leur sont attribués. À ce stade, les autorités guinéennes n’ont toutefois pas officiellement indiqué que la révocation d’Algassimou Diallo était motivée par cet enregistrement.
Cellou Dalein Diallo nie toute conversation
Face à la polémique, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) est sorti de son silence. Il rejette catégoriquement l’authenticité des propos qui lui sont attribués et nie avoir eu une conversation avec la personne présentée comme son interlocuteur. « Je dis sans ambage ni équivoque : je n’ai jamais parlé ni au téléphone ni de vive voix à Algassimou Diallo que je ne connais pas personnellement », affirme Cellou Dalein Diallo.
L’ancien Premier ministre rejette également les propos à caractère communautaire qui lui sont prêtés dans l’enregistrement. « En outre, je ne peux tenir les propos sectaires qu’on m’a attribués dans le fameux audio, ni évoquer des projets de déstabilisation de la Guinée que je n’ai pas », poursuit-il. Il affirme rester attaché à son engagement politique et à la voie démocratique. « J’ai une ligne et un projet politique clair, connu de tous, fondé sur l’éthique républicaine et le pari démocratique », soutient le président de l’UFDG.
« Une cabale politico-judiciaire montée de toutes pièces »
Cellou Dalein Diallo va plus loin en accusant directement le pouvoir de Mamadi Doumbouya d’être à l’origine d’une opération visant le magistrat et sa propre personne. « Par respect pour le peuple martyr de Guinée et épris de justice et de vérité, je ne peux me taire face à la cabale politico-judiciaire montée de toutes pièces par un régime aux abois et visant Monsieur Algassimou Diallo, un magistrat réputé d’une grande probité, et moi-même », déclare-t-il. Il qualifie l’enregistrement incriminé de « montage » et accuse les médias publics d’avoir contribué à sa diffusion. « Je ne pourrai laisser passer un montage si grossier, véhiculé par un mensonge d’État et amplifié par les médias publics dans le dessein obscur de manipuler l’opinion et de porter préjudice à mon honneur et à ma réputation », affirme-t-il.
Cellou Dalein Diallo attaque le bilan de Doumbouya
Dans sa déclaration, le président de l’UFDG replace également cette affaire dans le contexte politique guinéen depuis le coup d’État du 5 septembre 2021. Il rappelle que Mamadi Doumbouya avait notamment justifié sa prise de pouvoir par la nécessité de mettre fin à « l’instrumentalisation de la justice », au « piétinement des droits et libertés des citoyens » et au « dysfonctionnement des institutions de la République ».
Cinq ans plus tard, Cellou Dalein Diallo dresse un constat particulièrement sévère. « Aujourd’hui, cinq ans après, il est devenu le champion toute catégorie de la restriction des libertés publiques et de la violation des droits de l’homme », accuse-t-il.
L’opposant évoque également les disparitions forcées, les morts de manifestants et les décès en détention enregistrés ces dernières années, dont il impute la responsabilité politique au régime. « Il n’est un secret pour personne que la séparation du pouvoir et l’indépendance des institutions n’existent plus dans notre pays. La seule propre volonté de Mamadi Doumbouya s’impose à tous », affirme Cellou Dalein Diallo.
« La justice n’a jamais été aussi caporalisée »
L’ancien Premier ministre réserve une partie importante de sa déclaration au fonctionnement de la justice guinéenne. « Quant à la justice, elle n’a jamais été aussi caporalisée, bafouée et désolée que maintenant », accuse-t-il. Cellou Dalein Diallo estime que ceux qui se présentent aujourd’hui comme défenseurs de l’unité nationale et de l’État de droit sont précisément ceux qui, selon lui, ont affaibli les institutions du pays.
« Ceux qui ont sacrifié nos acquis démocratiques, détruit les fondements de notre nation, instrumentalisé à leur profit notre justice et qui se livrent effrontément à la dilapidation de nos ressources et à la violation de nos droits et libertés, sont ceux-là qui veulent se faire passer aujourd’hui pour des objecteurs de conscience, des patriotes soucieux de la préservation de l’unité nationale et de la défense des libertés publiques, de la démocratie et de l’État de droit », déclare-t-il.
La sortie de Cellou Dalein Diallo ouvre ainsi un nouveau front politique autour de la révocation d’Algassimou Diallo. Alors que le CSM invoque des manquements liés aux devoirs et à la dignité de la fonction de magistrat, le président de l’UFDG conteste les accusations entourant l’enregistrement audio et demande que son nom ne soit pas associé aux propos qui y sont tenus.

