Menu

Bombardement de l'armée à Ziguinchor: Mais finalement on tire sur qui ?

Vendredi 12 Janvier 2018

(Par Malick Sonko)


L’Armée sénégalaise a intensifié ses actions pour retrouver les auteurs de l’attaque de Bofa, qui a fait 15 morts. Depuis hier vendredi  et ce samedi , elle a procédé à des frappes aériennes, qui perturbent le sommeil des Ziguinchorois. Nous diffusons in extenso le communiqué ci-dessous de Malick Sonko, responsable politique APR à Ziguinchor sur ces événements :

C’est avec un cœur étreint d’une vive émotion que nous avons appris le rappel à Dieu du vénéré khalife général des mourides, Cheikh Sidy Mokhtar MBACKE.  Qu’il repose en paix. Gloire au défunt qui a su perpétuer la voie exemplaire tracée par Serigne Touba !  Que son souvenir reste en nous comme un réconfort et un viatique !

Tout se passe comme si, une certaine fatalité pesait sur nous ces derniers jours, semant le deuil et la consternation au sein d’une population déjà si douloureusement éprouvée par les événements de Boffa Bayotte. Le samedi 06 janvier 2018, à Boffa, dans la commune de Nyassia, quatorze (14) jeunes au total ont été froidement assassinés par des individus munis d’armes de guerre, selon des témoins qui ont échappé au massacre. Certains parmi eux étaient encagoulés.

Ce n’est pas la première fois qu’on assiste en Casamance à des attaques sanglantes et meurtrières contre des victimes civiles innocentes. Rappelons-nous les évènements de Niahoump où 07 personnes avaient atrocement perdu la vie. Les condamnations de salon, les protestations à peine audibles, les murmures et les silences coupables avaient toujours, jusqu’ici, caractérisé l’ambiance.

Les réactions qui ont suivi les événements de Boffa, les réprobations clairement assumées, la condamnation quasi unanime de l’acte à travers les medias, les réseaux sociaux, les quartiers, les bus et les écoles,  sont, sous ce rapport, les marqueurs signifiants d’une puissante et inaliénable aspiration à la Paix. Le tollé général soulevé par ce forfait et qui est assez représentatif du changement de mentalité qui s’opère progressivement au sein des populations, traduit l’émergence d’une opinion publique nouvelle.

Cette nouvelle posture citoyenne du casamançais lambda, qui est peut-être plus efficace que les chars et les canons des militaires, est une des résultantes majeures de la tuerie de Boffa. Après la longue période accalmie notée ces dernières années, ayant gouté aux délices de la Paix, les populations semblent avoir fait maintenant une option résolue pour une alternative définitive à ce conflit qui mine et domine la Casamance depuis plus de trois décennies.  

La Paix est désormais en guerre ouverte contre toute forme d’exactions ou de résurgence du conflit. Cette dynamique nouvelle qui voit des jeunes et des femmes de toutes conditions prendre résolument leur destin en main est à saluer, à encourager et à encadrer par les pouvoirs publics.

Il est heureux de constater dans le même temps, que même le MFDC, que certains soupçonnent pourtant d’être derrière l’ignominie, a condamné l’acte, tout en montrant des dispositions courageuses pour des négociations de sortie de crise. Aucune autre faction n’a eu à revendiquer  l’acte criminel, tant les réprobations ont été fortes et unanimes. 

Hélas, comme toujours, il y a des voix discordantes pour lancer des appels à l’éradication du mouvement irrédentiste ou pour annoncer prématurément son incapacité à la guerre. C’est une grave erreur qu’il ne faut pas commettre. Ce n’est pas en un tournemain qu’on met fin à l’existence d’un mouvement qui a mené des actions de terrain pendant près de 30 ans.

Au point où nous en sommes, il faut surtout éviter de réveiller les démons de la guerre par une réaction militaire disproportionnée et mal circonscrite ou par des commentaires malveillants  susceptibles de titiller l'amour propre des combattants assagis. 

Le forfait a été commis par une trentaine de personnes qui se sont volatilisées depuis lors. Quel sens faut-il alors donner au déploiement imposant de l’Armée nationale ? S’agit-il d’une opération d’assaut des bases rebelles situées dans les environs ou d’un redéploiement visant à sécuriser les alentours de Ziguinchor ?

Quoiqu’il en soit, un récent communiqué du MFDC accusant l’Etat d’avoir effectué des tirs de mortier sur des bases supposées appartenir au MFDC en dit long sur le climat de tensions qui règne en ce moment dans les secteurs concernés. Les réactions disproportionnées sont très souvent sources  de radicalisation dans les conflits. La rébellion casamançaise s’est mise sur orbite après la répression disproportionnée et sanglante perpétrée contre les fameux marcheurs du 26 décembre 1982. Au Nigéria,  l’insurrection djihadiste de Boko Haram a éclaté en 2009 après un soulèvement trop durement réprimé par l’Armée et l’exécution sommaire du prédicateur Mohamed YUSUF, leader du mouvement. C’est alors que son second, Abubakar SHEKAU prend les commandes du mouvement et entame  une campagne de guerilla, d’attentats et de massacres, au grand dam des populations civiles innocentes.

Ne réveillons pas les ardeurs d’un mouvement en arrêt de combat et en attente de négociations sincères pour une solution définitive au conflit. Evitons d’allonger la liste des victimes en procédant à une recherche méthodique et chirurgicale des coupables dont l’action s’apparente plus aux méthodes du terrorisme qu’à la guérilla.

Les ressources naturelles de la Casamance doivent être exploitées au même titre que les ressources naturelles des autres régions. Il s’agit simplement de trouver les mécanismes inclusifs appropriés de façon que tous les acteurs y trouvent leur compte.
 Je rêve du jour où, déposant leurs armes, les désormais ex-combattants du MFDC de concert avec les populations sans exclusive, dans une symphonie bien orchestrée, amène leur Zircon et leurs bois, au moment où les autres apportent leur pétrole et leur silicium, pour la co-construction d’un Sénégal de paix et de prospérité.

En tout état de cause, nous faisons confiance au professionnalisme de  notre Armée et sens de la responsabilité des leaders MFDC pour éviter de retomber dans les affres d’un combat fratricide où il n’y aura que des perdants.

                                    Malick SONKO, responsable politique APR à Ziguinchor


Nouveau commentaire :



SPORTS

Retour des Lionnes du Mexique : la Fédération dément tout retard et apporte des précisions sur les conditions de voyage

Basket féminin : après l’échec à Guadalajara, Didi Kane interpelle la Fédération

Etats Unis : Lionel Messi sanctionné après avoir giflé un adversaire en plein match

Mondial 2026 : la Fifa sanctionne sévèrement les Argentins

Premier League : mauvaise nouvelle pour Pape Matar Sarr

Élection à la FSF : le TAS renvoie le recours de Mady Touré devant la Commission électorale

Cameroun : le sacre des Lionnes à la CAN ravive les tensions entre Samuel Eto’o et le ministre des Sports

Football : un vice-président du conseil de la Fifa retire son soutien à Infantino

Football : Patrick Vieira, l’enfant de Dakar, à la tête des Lions

Patrick Vieira choisi pour diriger les Lions : un salaire de 35 millions FCFA par mois



PEOPLE

Amber Rose : ses révélations sur les hommes plus jeunes enflamment les réseaux sociaux

Musique : Awa Fall dévoile une tournée internationale 2026 entre l’Europe, le Sénégal et le Kenya

Patrimoine : le « Madd » de Casamance décroche une reconnaissance internationale

Harry et Meghan vont quitter les États-Unis pour revenir vivre au Royaume-Uni

Italie : une Ivoirienne placée en détention après la mort de son mari

Abou Dhabi : les concerts de Shakira et Christina Aguilera annulés sur fond de guerre au Moyen-Orient

Égypte : Hossam Hassan hospitalisé après une violente dispute entre ses deux épouses

Violences conjugales présumées : les organisations féministes interpellent le procureur dans l’affaire Boury Bathily

Balla Gaye 2 : son épouse Boury Bathily réclame le divorce et dénonce des violences

Guinée-Bissau : la fille d’un imam devient sœur catholique à 27 ans