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Amnesty international refuse une nouvelle fois de qualifier les actes du Hamas de «terroristes»

Vendredi 10 Novembre 2023

La secrétaire générale de l’ONG Agnès Callamard a affirmé que cette qualification «n’existait pas en droit international» et que ces «polémiques» étaient «absolument ridicules». Un débat juridique ou politique ?


Amnesty International, déjà sous le feu des critiques, persiste et signe. «Le terroriste n’existe pas en droit international», a martelé la secrétaire générale de l’ONG, Agnès Callamard, au micro de Franceinfo ce vendredi 10 novembre, refusant ainsi de qualifier comme telles les exactions commises par le Hamas contre Israël, le 7 octobre dernier. «Ces polémiques sont absolument ridicules», a-t-elle même tancé.




En effet, la polémique court depuis une semaine. Et pour cause : le président d’Amnesty France, Jean-Claude Samouiller, avait tenu des propos identiques sur le plateau de LCP, le 2 novembre dernier. Il avait refusé d’employer le terme «terroriste» pour parler du Hamas, lui préférant celui de «groupe armé, en l'occurrence palestinien» et coupable de «crimes de guerre». «Pourquoi ?», s'était-il interrogé en direct. «Car le terme terroriste n'est pas reconnu par le droit international». Or, «pour que la justice passe, il faut que l'on qualifie les choses précisément», avait-il poursuivi.



Une rhétorique qui n’est pas propre à la célèbre ONG. La France insoumise, par la voix de son chef de file Jean-Luc Mélenchon, avait déjà adopté cet argument, quelques jours seulement après l’attaque du groupe islamiste contre l’État hébreu. Pour défendre la position de son parti sur le Hamas, Jean-Luc Mélenchon affirmait alors : «si nous acceptions de caractériser comme terroriste une action de guerre, nous la soustrairions au droit international». Un débat juridique, donc, mais peut-être avant tout politique.

La «réalité terroriste»
«Nous sommes une organisation internationale, nous nous basons sur le droit international, nous ne nous basons pas sur le droit de la France ou sur le droit européen. En droit international, le terrorisme n’a aucune, aucune définition», a ainsi asséné Agnès Callamard pour expliquer sa position. Sur ce point, la secrétaire générale n’a pas tout à fait tort. Si l’Union européenne, tout comme l'organisation des États américains qui réunit une grande partie des pays du continent américain, ou encore la France, le Canada et le Japon reconnaissent le Hamas comme une organisation «terroriste», ce n’est effectivement pas le cas de l'Organisation des Nations unies. En effet, «aucun consensus général n’a été trouvé entre les États membres pour définir ce crime» (le terrorisme), expliquait déjà au Figaro , William Julié, avocat en droit international au barreau de Paris, le 12 octobre dernier.

Néanmoins, «s'il est exact qu'il n'existe pas en droit international une infraction autonome de crime terroriste, il n'en demeure pas moins que la notion de terrorisme (et accessoirement de crime et d'organisation terroriste) existe bel et bien», poursuivait l’expert en expliquant, par exemple, que l'office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) considérait que «les actes individuels de terrorisme pouvaient parfaitement figurer dans la catégorie des crimes de guerre ou celles des crimes contre l'humanité».

En outre, la «réalité terroriste» est reconnue par le droit international, résumait le spécialiste, avant de trancher sur les propos de Jean-Luc Mélenchon : «Je crois que LFI attire le débat vers quelque chose qui n'est pas tant du droit, mais relève plutôt de la déclaration politique».

En effet, refuser catégoriquement d’employer le terme «terrorisme» pour décrire les massacres qui ont eu lieu le 7 octobre dernier contre des Israéliens interroge certains politiques, telle que l’eurodéputée Renaissance, Nathalie Loiseau, qui s’est insurgée la semaine dernière de la position identique de l’ONG. «Le terme terroriste “pas reconnu en droit international” ??? Pardon ???», s’était-elle énervée.



Un terme «politique»
Mais la secrétaire générale d’Amnesty international s’est également défendue en affirmant que la notion de «terrorisme», en plus de ne pas exister en droit international, pouvait être utilisée à mauvais escient : «Rappelons que depuis que le terrorisme est devenu une guerre que nous menons, des milliers des défenseurs des droits humains sont emprisonnés à l’heure actuelle car ils sont présentés comme des terroristes», a-t-elle ainsi soutenu.

Avant d’ajouter : «Nous demandons la remise en liberté de journalistes, de défenseurs et d’avocats qui sont accusés de terrorisme à droite à gauche. Le terrorisme n’a aucune valeur juridique, point. C’est un terme politique». Et face au journaliste de Franceinfo qui lui a rétorqué que cette qualification était aussi un mot de «clarté», Agnès Callamard a simplement répondu : «Non, pas du tout». Tout le «reste», ce «sont des élucubrations politiques».
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