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ANRAC : le conseil de surveillance délocalisé pour la première fois à Ziguinchor

Mercredi 17 Décembre 2025

À la veille de la tenue de son cinquième conseil de surveillance, l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC) a choisi, pour la première fois depuis sa création, de délocaliser cette rencontre stratégique à Ziguinchor. En prélude à ce conseil, les membres du conseil de surveillance, venus de Dakar, ont effectué une visite de terrain afin de constater de visu les réalisations en cours dans plusieurs localités de la région.

Conduite par le directeur général de l’ANRAC, Iba Sané, la délégation s’est d’abord rendue à Diocadou, où un poste de santé a été construit par le Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (PUMA). Elle a ensuite mis le cap sur Djibidione pour visiter des maisons réalisées par l’ONG ICEO, avant de terminer à Madiediame, où des travaux de réseaux d’adduction d’eau potable sont en cours, toujours sous la conduite du PUMA, dans le cadre du Plan Diomaye pour la Casamance.
"Nous tenons demain notre cinquième conseil de surveillance. Jusqu’ici, tous les conseils se tenaient à Dakar. Cette année, nous avons décidé, pour la première fois, de l’organiser à Ziguinchor afin de permettre à nos collègues conseillers venus de Dakar de visiter ensemble les réalisations du Plan Diomaye pour la Casamance ", a expliqué Iba Sané.
Selon le directeur général, cette démarche vise à rapprocher les instances de décision des réalités du terrain et à permettre aux conseillers de mieux apprécier l’impact concret des actions menées au bénéfice des populations déplacées et affectées par le conflit.

" C’est une occasion pour nos conseillers de voir concrètement ce que nous faisons au profit des populations. L’objectif est qu’ils puissent prendre de bonnes notes et mieux accompagner la structure que je dirige ", a-t-il ajouté.

Iba Sané a rappelé que l’ANRAC, sur le plan structurel et organisationnel, n’a pas vocation première à construire directement des infrastructures, d’autant plus que ses ressources budgétaires sont limitées. Son rôle principal est plutôt d’assurer la coordination, la cohérence et l’équité sociale des interventions de l’État et de ses partenaires en Casamance.
" Il arrive que l’on investisse davantage à Ziguinchor qu’à Kolda ou à Sédhiou. Notre rôle est d’éviter les doublons, la cacophonie et de rationaliser les moyens mis à disposition par l’État " a-t-il précisé.

À ce titre, le directeur général n’a pas manqué de souligner que l’agence veille à ce que les interventions des partenaires se fassent dans le respect des procédures et en étroite collaboration avec les collectivités territoriales, notamment les maires. Il a même révélé avoir bloqué certaines interventions de structures qui opéraient sans feuille de route claire ni implication des autorités locales.

Le Plan Diomaye pour la Casamance, pilier des actions de l’ANRAC

Activité phare de l’agence, le Plan Diomaye pour la Casamance mobilise un financement global de 53 milliards de francs CFA, destiné à accompagner les populations affectées sur les plans social et économique, en particulier les déplacés et les personnes de retour.

Concernant les retours des populations réfugiées en Gambie et en Guinée-Bissau, Iba Sané a salué une dynamique encourageante, notamment dans les zones de Djibidione et du Nord Sindian. La commune de Djibidione, l’une des plus touchées par le conflit, connaît aujourd’hui un regain d’espoir grâce aux investissements engagés.

Dans cette zone, le PUMA a initié un important programme d’un montant de 4 milliards de francs CFA, contribuant à améliorer les conditions de vie et à encourager les retours volontaires.

Toutefois, le directeur général a rappelé que le retour des populations reste conditionné par le déminage des terres. Tant que certaines zones ne sont pas sécurisées, les habitants ne peuvent regagner leurs villages d’origine, à l’image du village de Mandina Manckagne, toujours inaccessible pour cette raison.

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