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RDC : la marche de l’opposition vire aux affrontements, Martin Fayulu dénonce un « attentat prémédité »

Mardi 15 Septembre 2026

La mobilisation de la coalition d’opposition C64 a été marquée par des violences ce mardi 15 septembre à Kinshasa. Organisée à l’occasion de la rentrée parlementaire, la manifestation s’est achevée prématurément après des affrontements. Martin Fayulu, qui affirme avoir été pris pour cible, accuse le pouvoir de Félix Tshisekedi d’avoir organisé un « guet-apens ».

La marche constituait un test pour la C64, près de deux mois après le report de sa précédente mobilisation prévue en juillet. Les différents groupes de manifestants devaient converger vers le siège de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (Ecidé), parti de Martin Fayulu, situé non loin du Palais du peuple.

Mais la situation a dégénéré sur l’un des itinéraires, au niveau de la 10e rue Limete. Des manifestants accompagnés de responsables de la C64 se sont retrouvés confrontés à des jeunes présentés comme appartenant à l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti au pouvoir, dont le siège se trouve à proximité.

Selon Jeune Afrique, Martin Fayulu est finalement arrivé dans ses bureaux avec une chemise blanche tachée de sang et semblait éprouver des difficultés à marcher. L’opposant a directement mis en cause les Forces du progrès, un groupe de jeunes affiliés au parti présidentiel.

« Félix Tshisekedi nous a tendu un guet-apens. C’était un attentat prémédité », a accusé Martin Fayulu.

L’ancien candidat à la présidentielle affirme également que les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes contre les manifestants au lieu de les protéger.

« Je ne sais plus marcher car ça m’a cueilli à froid. Il fallait détaler. La police censée nous sécuriser nous a lancé des tirs lacrymogènes, laissant les Forces du progrès devant avec des machettes », a-t-il raconté.

Martin Fayulu affirme avoir réussi à quitter les lieux grâce à un taxi-moto. Après les affrontements, les manifestants ont été dispersés et la marche a pris fin. Aucun bilan officiel de la police n’était encore disponible, mais des témoins interrogés par Jeune Afrique ont fait état de plusieurs blessés.

L’opposition rejette le dialogue proposé par Tshisekedi

Cette mobilisation intervient dans un contexte de fortes tensions autour du projet de dialogue national voulu par Félix Tshisekedi. Le 27 août, le président congolais avait annoncé son intention de convoquer des discussions consacrées à « la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État ».

Le 13 septembre, il a signé une ordonnance créant un comité chargé d’organiser ces assises. Ses membres doivent notamment travailler sur les préalables au dialogue, rencontrer les différentes composantes politiques et sociales et échanger avec les partenaires concernés.

La C64 a cependant rejeté le format proposé. L’opposition considère que le processus serait entièrement contrôlé par le chef de l’État et exige notamment que celui-ci renonce à toute modification de la Constitution susceptible d’ouvrir la voie à un troisième mandat.

La question constitutionnelle devrait d’ailleurs occuper une place importante durant la nouvelle session parlementaire. Le Parlement doit notamment se pencher de nouveau sur la loi relative à l’organisation du référendum, après des réserves formulées par la Cour constitutionnelle.

Réélu en 2023, Félix Tshisekedi ne devrait, selon les règles actuellement en vigueur, plus pouvoir briguer la présidence lors du prochain scrutin prévu en 2028. En mai dernier, il avait toutefois déclaré qu’il accepterait un troisième mandat « si le peuple le lui demandait ».

Les violences survenues lors de la manifestation du 15 septembre viennent ainsi accentuer les tensions entre le pouvoir et une partie de l’opposition, au moment où le débat sur le dialogue national et l’avenir de la Constitution s’installe au cœur de la vie politique congolaise.

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