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Dépenses totales : 2 814,6 milliards FCFA, dont 2 232,7 milliards en fonctionnement

Dimanche 17 Août 2025

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. À mi-parcours de l’année 2025, l’État sénégalais affiche une santé budgétaire contrastée : des recettes fiscales en nette progression, mais des investissements en retrait et une dépendance accrue aux ressources internes face au recul des financements extérieurs. C’est ce que révèle le rapport d’exécution budgétaire du deuxième trimestre, publié par le ministère des Finances et du Budget.


Le ministère des Finances et du Budget du Sénégal a publié le rapport trimestriel d’exécution budgétaire pour le deuxième trimestre 2025, offrant un aperçu détaillé de la gestion des finances publiques à mi-parcours de l’année. Dans un contexte économique mondial marqué par un ralentissement aux États-Unis, un rebond en Zone euro et un dynamisme des économies émergentes, notamment la Chine, le Sénégal affiche des résultats encourageants, portés par une croissance robuste du PIB réel de 12,1 % au premier trimestre, principalement grâce à l’exploitation des hydrocarbures.

À fin juin 2025, les ressources du budget général s’élèvent à 4 474,1 milliards de FCFA, soit 43,1 % des prévisions de la Loi de Finances rectificative (LFR) fixées à 10 384,5 milliards de FCFA. Les recettes budgétaires, quant à elles, atteignent 2 226,3 milliards de FCFA, représentant 47,7 % de l’objectif annuel de 4 668,9 milliards de FCFA. Ces chiffres traduisent une progression notable de 175,3 milliards de FCFA (+8,5 %) par rapport à la même période en 2024, soutenue par le regain de l’activité économique et les efforts des services fiscaux.


Les impôts directs se distinguent particulièrement, avec un taux de réalisation de 60,3 % (913,9 milliards de FCFA), dont 392,3 milliards de FCFA pour l’impôt sur les sociétés. Les impôts indirects ne sont pas en reste, avec une collecte de 1 074,2 milliards de FCFA. En revanche, les recettes non fiscales s’élèvent à 116,6 milliards de FCFA (41,2 % de l’objectif annuel), tandis que les dons budgétaires restent faibles, à 19,3 milliards de FCFA (8 % de l’objectif annuel de 241,6 milliards), reflétant une dépendance accrue aux ressources internes face à la chute des financements extérieurs.Les ressources de trésorerie, mobilisées à hauteur de 2 247,8 milliards de FCFA (39,3 % du besoin annuel), sont dominées par les fonds levés sur les marchés bancaires et financiers (1 677 milliards de FCFA, soit 74,6 %). Les prêts programmes, en revanche, affichent un faible taux de réalisation de 3,5 % (20,7 milliards de FCFA).

Dépenses : Priorité aux charges courantes, investissements en retrait

Les dépenses du budget général s’établissent à 2 814,6 milliards de FCFA, soit 41,9 % des prévisions de la LFR. Les dépenses de fonctionnement dominent, avec un taux d’exécution de 50,4 % (2 232,7 milliards de FCFA), portées par les transferts courants (844,9 milliards de FCFA) et une masse salariale en hausse de 3,3 % à 724,1 milliards de FCFA. Les dépenses en capital, en revanche, affichent un taux d’exécution plus modeste de 30,1 % (581,9 milliards de FCFA), avec 186,6 milliards de FCFA pour les investissements sur ressources internes (31,8 %) et 395,3 milliards de FCFA pour ceux sur ressources externes.


Ce retard dans les investissements pourrait refléter des contraintes administratives ou une prudence budgétaire.Les charges de trésorerie, couvertes à hauteur de 1 490,4 milliards de FCFA, sont principalement absorbées par l’amortissement de la dette (1 331,2 milliards de FCFA) et l’apurement des arriérés extérieurs (138,6 milliards de FCFA).

Le déficit budgétaire s’élève à 588,3 milliards de FCFA à fin juin 2025, soit 34,7 % de la cible annuelle de 1 695,9 milliards de FCFA. Les financements mobilisés (2 247,8 milliards de FCFA) ont permis de couvrir ce déficit et les charges de trésorerie, avec un rapport de couverture des besoins de 1,08, témoignant d’une gestion maîtrisée des besoins de financement.

Fonds National de Retraite et organismes publics

Le Fonds National de Retraite (FNR) reste excédentaire, avec des recettes de 91,2 milliards de FCFA contre des dépenses de 78,0 milliards de FCFA, dégageant un excédent de 13,2 milliards de FCFA (+0,8 milliard par rapport à 2024). Cette performance s’explique par une augmentation du nombre de cotisants (+11 872).Les 160 organismes publics suivis cumulent un budget de 1 458,9 milliards de FCFA, avec un taux d’absorption de 29,9 % (435,6 milliards de FCFA). Leur encours de dette s’élève à 820,3 milliards de FCFA, dont 536,3 milliards de FCFA de dette bancaire, principalement portée par le Fonds d’Entretien Routier Autonome (FERA, 512,1 milliards de FCFA).

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