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Ousmane Sonko : l’ego en bandoulière, la fonction en arrière-plan

Lundi 20 Avril 2026

Ousmane Sonko : l’ego en bandoulière, la fonction en arrière-plan
Il y a chez Ousmane Sonko une constance presque rassurante : même en changeant de costume, il garde les vieux réflexes. Le voilà désormais Premier ministre, mais avec l’âme intacte d’un opposant en campagne permanente. La fonction appelle à la retenue, à la pesée des mots, à une certaine gravité. Lui préfère encore la posture, le coup d’éclat, la phrase qui claque comme si chaque déclaration devait encore galvaniser une foule imaginaire.

Sa sortie contre Donald Trump en est une illustration presque caricaturale. Sur le fond, beaucoup peuvent partager ses réserves. Mais sur la forme, on assiste à un décalage troublant : celui d’un chef de gouvernement qui parle comme s’il était encore en meeting, libre de tout, responsable de rien.

Et puis il y a cet épisode presque savoureux, digne d’une comédie politique : la fameuse histoire du “maître du monde”. Une formule lancée, visiblement prise au pied de la lettre. Là où d’autres auraient vu une image, une exagération ou même une pointe d’ironie, lui y a vu une invitation presque une mission. Comme si les mots avaient déclenché une vocation soudaine.

On pourrait appeler cela “l’effet Boniface” : cette étrange alchimie où la flatterie, surtout lorsqu’elle vient de l’extérieur, agit comme un accélérateur d’ego. Certains dirigeants y résistent. D’autres s’y abandonnent avec une ferveur presque touchante. Chez Sonko, l’effet semble particulièrement puissant : il ne s’agit plus seulement de convaincre, mais de prouver, coûte que coûte, qu’il mérite le titre qu’on lui prête fût-il imaginaire.

Le problème, c’est que gouverner n’est pas un exercice de démonstration personnelle. Ce n’est ni un concours d’éloquence, ni une scène où l’on joue à être plus grand que nature. À trop vouloir incarner le rôle du combattant, il risque d’oublier celui du responsable. À trop chercher les applaudissements, il pourrait finir par négliger le silence exigeant de l’État.

En politique, il arrive un moment où il faut choisir : continuer à séduire ses « talibans », excusez du peu, ses militants les plus fanatiques ou commencer à gouverner.

Ibrahima Thiam, Président du parti ACT
exclusif net

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