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« 99 % des Guinéens ne veulent pas aller en Europe », selon Morissanda Kouyaté, ministère des Affaires étrangères

Samedi 7 Février 2026

Conakry n’entend pas céder aux avertissements de Bruxelles. Face aux menaces de durcissement des conditions de visas brandies par l’Union européenne, le ministre guinéen des Affaires étrangères et de l'intégration africaine, Morissanda Kouyaté, a répondu sans détour : la Guinée appliquera le principe de réciprocité. Une mise au point ferme, adressée directement aux diplomates européens en poste à Conakry, dans un climat marqué par les crispations autour des questions migratoires.

 

La rencontre, tenue au siège du ministère des Affaires étrangères, visait à clarifier les positions dans un contexte de pressions liées au retour des ressortissants guinéens en situation irrégulière en Europe. Si l’Union européenne se dit ouverte au dialogue, Conakry refuse toute logique de chantage.
 

L’ambassadeur de l’UE en Guinée, Xavier Sticker, a ainsi assuré que son institution souhaitait dépasser les blocages pour « définir des solutions qui permettent de résoudre les difficultés ». « Nous sommes heureux de cette occasion que vous nous donnez d’avoir cette session », a-t-il déclaré, appelant à « une coopération efficace avec la Guinée, y compris sur les questions de migration et de retour des Guinéens en situation illégale en Europe ».
 

Mais le chef de la diplomatie guinéenne a rapidement cadré le débat. « J’ai lu dans la presse que l’Union européenne menace la Guinée, parce que si la Guinée ne fait pas ceci, on ne donnera pas de visas aux Guinéens », a-t-il dénoncé, avant de relativiser l’impact de telles mesures. « Les 99 % des Guinéens ne veulent pas aller en Europe, il faut le savoir. C’est une infime partie qui veut partir. Donc, ça ne nous effraie pas », a-t-il affirmé.

Morissanda Kouyaté a ensuite prévenu que toute restriction entraînerait une réponse équivalente. « On va appliquer l’article 25, les visas vont durer. Si les visas durent, les nôtres aussi dureront chez vous », a-t-il lancé, appelant toutefois à éviter l’escalade. « Ce serait malheureux qu’une institution aussi importante dans le monde soit en conflit avec notre pays. Ce n’est pas bon ni pour l’Union européenne ni pour la Guinée. Évitons cela. Travaillons, rien ne sera restreint », a-t-il martelé sur la télévision nationale.

Au-delà des visas, le ministre a insisté sur la dimension humaine des retours. « Nous allons travailler avec vous pour trouver des solutions pragmatiques. Avec les cadres, voyez, mais à la limite de la dignité de nos concitoyens », a-t-il déclaré, appelant à rompre avec certaines pratiques. Il a notamment souhaité que « nous mettions derrière nous ces images regrettables de gens menottés et jetés dans les charters », avant d’avertir que « les identifications par téléphone cellulaire ne marcheront pas ». « Il s’agit de la dignité et des droits des personnes », a-t-il conclu, traçant une ligne claire dans le dialogue entre Conakry et Bruxelles.


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