Cinq ans après sa prise du pouvoir, Mamadi Doumbouya revendique comme l’un des acquis de son action le recul de l’ethnocentrisme en Guinée. Dans son message marquant l’anniversaire du 5 septembre 2021, le président guinéen a choisi des mots particulièrement forts pour évoquer ce phénomène qui traverse depuis longtemps les rapports politiques et sociaux du pays et dont les accusations d’instrumentalisation touchent également les forces de défense et de sécurité.
« Nous avons fait reculer l’ethnocentrisme. Ce poison qui, pendant des décennies, a dressé le Guinéen contre le Guinéen, n’a plus droit de cité dans notre République », a déclaré Mamadi Doumbouya. Une affirmation lourde de sens dans un pays où l’appartenance communautaire reste régulièrement convoquée dans les confrontations politiques. Les accusations de favoritisme ethnique dans l’accès aux responsabilités publiques, les nominations administratives ou les rapports au sein de l’appareil sécuritaire ont accompagné plusieurs périodes de crise de l’histoire contemporaine guinéenne.
En Guinée, le débat politique s’est régulièrement retrouvé contaminé par les considérations communautaires. Les principaux acteurs sont parfois moins combattus sur leurs programmes que renvoyés, par leurs adversaires ou leurs partisans, à leur région ou à leur appartenance ethnique. Cette grille de lecture a particulièrement pesé lors des périodes électorales et des affrontements entre pouvoir et opposition. La compétition politique a ainsi parfois alimenté une perception selon laquelle l’arrivée au pouvoir d’un dirigeant profiterait prioritairement à sa communauté.
La sortie de Mamadi Doumbouya sur l’ethnocentrisme remet au premier plan l’une des questions les plus sensibles de la vie politique guinéenne. Dans son message marquant les cinq ans du 5 septembre 2021, le président a affirmé que son régime avait fait reculer ce qu’il qualifie de « poison » ayant longtemps opposé les Guinéens.
« Nous avons fait reculer l’ethnocentrisme. Ce poison qui, pendant des décennies, a dressé le Guinéen contre le Guinéen, n’a plus droit de cité dans notre République », a déclaré Mamadi Doumbouya.
L’histoire politique de la Guinée montre pourtant combien la question des appartenances communautaires reste délicate. Des présidents successifs aux principaux opposants, en passant par les chefs militaires, les personnalités politiques sont régulièrement associées, à tort ou à raison, à leurs communautés et à leurs régions d’origine.
Sékou Touré et l'ancrage de la Haute-Guinée
« Nous avons fait reculer l’ethnocentrisme. Ce poison qui, pendant des décennies, a dressé le Guinéen contre le Guinéen, n’a plus droit de cité dans notre République », a déclaré Mamadi Doumbouya. Une affirmation lourde de sens dans un pays où l’appartenance communautaire reste régulièrement convoquée dans les confrontations politiques. Les accusations de favoritisme ethnique dans l’accès aux responsabilités publiques, les nominations administratives ou les rapports au sein de l’appareil sécuritaire ont accompagné plusieurs périodes de crise de l’histoire contemporaine guinéenne.
En Guinée, le débat politique s’est régulièrement retrouvé contaminé par les considérations communautaires. Les principaux acteurs sont parfois moins combattus sur leurs programmes que renvoyés, par leurs adversaires ou leurs partisans, à leur région ou à leur appartenance ethnique. Cette grille de lecture a particulièrement pesé lors des périodes électorales et des affrontements entre pouvoir et opposition. La compétition politique a ainsi parfois alimenté une perception selon laquelle l’arrivée au pouvoir d’un dirigeant profiterait prioritairement à sa communauté.
La sortie de Mamadi Doumbouya sur l’ethnocentrisme remet au premier plan l’une des questions les plus sensibles de la vie politique guinéenne. Dans son message marquant les cinq ans du 5 septembre 2021, le président a affirmé que son régime avait fait reculer ce qu’il qualifie de « poison » ayant longtemps opposé les Guinéens.
« Nous avons fait reculer l’ethnocentrisme. Ce poison qui, pendant des décennies, a dressé le Guinéen contre le Guinéen, n’a plus droit de cité dans notre République », a déclaré Mamadi Doumbouya.
L’histoire politique de la Guinée montre pourtant combien la question des appartenances communautaires reste délicate. Des présidents successifs aux principaux opposants, en passant par les chefs militaires, les personnalités politiques sont régulièrement associées, à tort ou à raison, à leurs communautés et à leurs régions d’origine.
Sékou Touré et l'ancrage de la Haute-Guinée
Premier président de la Guinée indépendante, Ahmed Sékou Touré est généralement rattaché au monde malinké et à la Haute-Guinée. Né à Faranah, il dirige le pays de l'indépendance en 1958 jusqu'à sa mort en 1984.
Sous son régime, la question de la composition de l’appareil militaire et politique a déjà suscité des analyses sous l’angle communautaire. Une étude historique d’André Lewin consacrée à la fin du régime relève ainsi qu’en mars 1984, 13 des 17 postes militaires clés recensés étaient occupés par des officiers malinkés.
Cette donnée historique illustre l’ancienneté du débat sur les équilibres communautaires au sein de l’armée guinéenne, même si l’appartenance ethnique d’un responsable ne permet évidemment pas, à elle seule, de déterminer ses choix politiques ou professionnels.
Lansana Conté, un Soussou de Basse-Guinée
Sous son régime, la question de la composition de l’appareil militaire et politique a déjà suscité des analyses sous l’angle communautaire. Une étude historique d’André Lewin consacrée à la fin du régime relève ainsi qu’en mars 1984, 13 des 17 postes militaires clés recensés étaient occupés par des officiers malinkés.
Cette donnée historique illustre l’ancienneté du débat sur les équilibres communautaires au sein de l’armée guinéenne, même si l’appartenance ethnique d’un responsable ne permet évidemment pas, à elle seule, de déterminer ses choix politiques ou professionnels.
Lansana Conté, un Soussou de Basse-Guinée
Après la mort de Sékou Touré, l'armée s'empare du pouvoir en avril 1984. Lansana Conté, alors militaire de haut rang, devient le nouvel homme fort du pays.
Originaire de la Basse-Guinée et généralement présenté comme appartenant à la communauté soussou — certaines biographies mentionnant une origine Baga-Soussou , Conté restera au pouvoir pendant près d'un quart de siècle, jusqu'à son décès en décembre 2008.
Son arrivée constitue aussi une rupture dans la configuration du sommet de l'État après les longues années Sékou Touré.
Dadis Camara et l'arrivée d'un Forestier au sommet
Originaire de la Basse-Guinée et généralement présenté comme appartenant à la communauté soussou — certaines biographies mentionnant une origine Baga-Soussou , Conté restera au pouvoir pendant près d'un quart de siècle, jusqu'à son décès en décembre 2008.
Son arrivée constitue aussi une rupture dans la configuration du sommet de l'État après les longues années Sékou Touré.
Dadis Camara et l'arrivée d'un Forestier au sommet
À la mort de Lansana Conté, un nouveau coup d'État porte le capitaine Moussa Dadis Camara au pouvoir.
Avec Dadis, c'est un militaire originaire de Guinée forestière, généralement identifié à la communauté Guerzé/Kpèllè, qui accède au sommet de l'État.
Son passage au pouvoir sera bref. Mais son ascension confirme le rôle déterminant de l'armée dans les changements de régime guinéens et introduit une nouvelle configuration régionale et communautaire au sommet de l'État.
Alpha Condé et le poids du vote communautaire
L'arrivée d'Alpha Condé à la présidence en 2010 ouvre une nouvelle période. Premier président élu après la transition, il est généralement identifié comme Malinké et dispose d'un ancrage politique particulièrement important en Haute-Guinée.
Face à lui se trouve notamment Cellou Dalein Diallo, Peul originaire de Labé et figure politique majeure du Fouta-Djalon.
Les affrontements électoraux entre les deux camps vont régulièrement être interprétés à travers le prisme communautaire. La Haute-Guinée devient un bastion électoral d'Alpha Condé tandis que la Moyenne-Guinée constitue le principal réservoir électoral de Cellou Dalein Diallo.
Cette géographie électorale contribue à renforcer une perception dangereuse : celle d’une compétition pour la présidence entre communautés plutôt qu'entre projets politiques.
Cellou Dalein Diallo et le Fouta-Djalon
Face à lui se trouve notamment Cellou Dalein Diallo, Peul originaire de Labé et figure politique majeure du Fouta-Djalon.
Les affrontements électoraux entre les deux camps vont régulièrement être interprétés à travers le prisme communautaire. La Haute-Guinée devient un bastion électoral d'Alpha Condé tandis que la Moyenne-Guinée constitue le principal réservoir électoral de Cellou Dalein Diallo.
Cette géographie électorale contribue à renforcer une perception dangereuse : celle d’une compétition pour la présidence entre communautés plutôt qu'entre projets politiques.
Cellou Dalein Diallo et le Fouta-Djalon
Ancien Premier ministre devenu chef de l'opposition, Cellou Dalein Diallo est l'une des personnalités politiques les plus importantes de la Guinée contemporaine. Il est Peul, né à Labé, au cœur du Fouta-Djalon.
Son implantation particulièrement forte en Moyenne-Guinée a souvent conduit ses adversaires à présenter son parti et son électorat sous un angle communautaire.
L'intéressé a, de son côté, régulièrement cherché à donner à son combat une dimension nationale. Mais le poids de la géographie électorale guinéenne continue d'alimenter les lectures ethniques de la confrontation politique.
Cité dans l’affaire Algassimou Diallo
La question de l’ethnocentrisme ressurgit également dans une affaire judiciaire récente impliquant le magistrat Algassimou Diallo. Ce dernier, révoqué puis placé en détention, est notamment poursuivi pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence », « discrimination » et « association de malfaiteurs ».
Dans cette affaire, le nom de Cellou Dalein Diallo est évoqué sur fond de soupçons de collusion avec le magistrat. Les accusations portent notamment sur des échanges ou rapprochements présumés qui s’inscriraient, selon l’accusation, dans une problématique à caractère ethnocentriste.
Doumbouya et le retour d'un militaire originaire de Kankan
Son implantation particulièrement forte en Moyenne-Guinée a souvent conduit ses adversaires à présenter son parti et son électorat sous un angle communautaire.
L'intéressé a, de son côté, régulièrement cherché à donner à son combat une dimension nationale. Mais le poids de la géographie électorale guinéenne continue d'alimenter les lectures ethniques de la confrontation politique.
Cité dans l’affaire Algassimou Diallo
La question de l’ethnocentrisme ressurgit également dans une affaire judiciaire récente impliquant le magistrat Algassimou Diallo. Ce dernier, révoqué puis placé en détention, est notamment poursuivi pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence », « discrimination » et « association de malfaiteurs ».
Dans cette affaire, le nom de Cellou Dalein Diallo est évoqué sur fond de soupçons de collusion avec le magistrat. Les accusations portent notamment sur des échanges ou rapprochements présumés qui s’inscriraient, selon l’accusation, dans une problématique à caractère ethnocentriste.
Doumbouya et le retour d'un militaire originaire de Kankan
Le 5 septembre 2021, Mamadi Doumbouya renverse Alpha Condé. Le colonel des forces spéciales devient à son tour chef de l'État.
Né à Kankan, en Haute-Guinée, Doumbouya est lui aussi généralement rattaché au monde malinké. Son accession au pouvoir intervient donc après dix années de présidence d'Alpha Condé, lui-même associé au même grand espace socioculturel. Mais Doumbouya affirme précisément vouloir rompre avec les réflexes communautaires.
Malinkés, Peuls, Soussous, Forestiers : le piège de l'équation ethnique
Un rapide regard sur les dirigeants permet de comprendre pourquoi la question reste omniprésente : Sékou Touré, Alpha Condé et Mamadi Doumbouya sont généralement associés au monde malinké ; Lansana Conté aux Soussous de Basse-Guinée ; Moussa Dadis Camara aux Guerzés/Kpèllè de Guinée forestière ; Cellou Dalein Diallo aux Peuls du Fouta-Djalon. Mais réduire l’histoire politique guinéenne à cette répartition serait trompeur.
Le véritable problème apparaît lorsque ces appartenances deviennent des instruments de conquête ou de conservation du pouvoir, ou lorsqu’une nomination dans l’armée, l’administration ou le gouvernement est systématiquement interprétée à travers l’origine de son bénéficiaire.
L'ethnocentrisme fonctionne alors comme un cercle vicieux : les citoyens soupçonnent le pouvoir de privilégier une communauté ; les responsables politiques cherchent à sécuriser leurs bastions ; les nominations sont scrutées sous l'angle ethnique et chaque crise politique peut prendre une dimension communautaire. Dans un pays où l’armée a joué un rôle central dans plusieurs changements de régime — 1984, 2008 et 2021 , sa composition est particulièrement sensible.
L'institution militaire ne peut durablement fonctionner sur la suspicion que certains corps, unités ou postes stratégiques appartiendraient à une communauté. Une telle perception, qu'elle corresponde ou non à la réalité, peut fragiliser la confiance entre militaires et, plus largement, entre la population et l'État.
Une logique dangereuse parce qu’elle transforme une confrontation politique en opposition entre communautés et installe la suspicion jusque dans les institutions de la République. C’est précisément cette mécanique que Mamadi Doumbouya affirme avoir combattue depuis septembre 2021. « De ce sacrifice, un peuple entier a hérité d’une responsabilité. Et cette responsabilité, nous l’avons honorée là où l’on ne nous attendait pas : nous avons fait reculer l’ethnocentrisme », soutient-il.
L’armée n’échappe pas aux soupçons communautaires
Né à Kankan, en Haute-Guinée, Doumbouya est lui aussi généralement rattaché au monde malinké. Son accession au pouvoir intervient donc après dix années de présidence d'Alpha Condé, lui-même associé au même grand espace socioculturel. Mais Doumbouya affirme précisément vouloir rompre avec les réflexes communautaires.
Malinkés, Peuls, Soussous, Forestiers : le piège de l'équation ethnique
Un rapide regard sur les dirigeants permet de comprendre pourquoi la question reste omniprésente : Sékou Touré, Alpha Condé et Mamadi Doumbouya sont généralement associés au monde malinké ; Lansana Conté aux Soussous de Basse-Guinée ; Moussa Dadis Camara aux Guerzés/Kpèllè de Guinée forestière ; Cellou Dalein Diallo aux Peuls du Fouta-Djalon. Mais réduire l’histoire politique guinéenne à cette répartition serait trompeur.
Le véritable problème apparaît lorsque ces appartenances deviennent des instruments de conquête ou de conservation du pouvoir, ou lorsqu’une nomination dans l’armée, l’administration ou le gouvernement est systématiquement interprétée à travers l’origine de son bénéficiaire.
L'ethnocentrisme fonctionne alors comme un cercle vicieux : les citoyens soupçonnent le pouvoir de privilégier une communauté ; les responsables politiques cherchent à sécuriser leurs bastions ; les nominations sont scrutées sous l'angle ethnique et chaque crise politique peut prendre une dimension communautaire. Dans un pays où l’armée a joué un rôle central dans plusieurs changements de régime — 1984, 2008 et 2021 , sa composition est particulièrement sensible.
L'institution militaire ne peut durablement fonctionner sur la suspicion que certains corps, unités ou postes stratégiques appartiendraient à une communauté. Une telle perception, qu'elle corresponde ou non à la réalité, peut fragiliser la confiance entre militaires et, plus largement, entre la population et l'État.
Une logique dangereuse parce qu’elle transforme une confrontation politique en opposition entre communautés et installe la suspicion jusque dans les institutions de la République. C’est précisément cette mécanique que Mamadi Doumbouya affirme avoir combattue depuis septembre 2021. « De ce sacrifice, un peuple entier a hérité d’une responsabilité. Et cette responsabilité, nous l’avons honorée là où l’on ne nous attendait pas : nous avons fait reculer l’ethnocentrisme », soutient-il.
L’armée n’échappe pas aux soupçons communautaires
La question est encore plus sensible lorsqu’elle touche l’Armée. Au fil des changements de régime et des crises politiques, les équilibres au sein des forces de défense et de sécurité ont régulièrement donné lieu à des soupçons, accusations ou rumeurs de promotions et de mises à l’écart fondées sur des considérations régionales ou communautaires. Ces perceptions peuvent être particulièrement destructrices pour une institution dont la cohésion repose précisément sur le dépassement des appartenances ethniques, régionales et politiques.
L’histoire politique guinéenne est par ailleurs intimement liée à l’armée : plusieurs ruptures institutionnelles ont été provoquées ou arbitrées par les militaires. Dans un tel contexte, chaque nomination à un poste stratégique, chaque promotion et chaque mise à l’écart peuvent rapidement faire l’objet d’une lecture communautaire. Cela ne signifie pas que toutes ces accusations soient établies. Mais leur persistance témoigne de la profondeur du problème : l’ethnicisation du débat suffit parfois, à elle seule, à créer de la méfiance au sein de la société et des institutions.
Doumbouya parle d’un « poison »
En choisissant le terme de « poison », Mamadi Doumbouya reconnaît lui-même la gravité du phénomène. Son diagnostic est sans détour : « Ce poison qui, pendant des décennies, a dressé le Guinéen contre le Guinéen, n’a plus droit de cité dans notre République. » Le chef de l’État va même plus loin en considérant que le processus de réconciliation entre Guinéens aurait franchi un point de non-retour.
« Le vivre-ensemble n’est plus un discours de circonstance ; il est devenu une réalité, et cette réalité est désormais irréversible », affirme-t-il. Cette appréciation appartient cependant au président de la République. La disparition durable de l’ethnocentrisme ne peut se mesurer uniquement à travers le discours politique. Elle se vérifie également dans les pratiques : composition des institutions, égalité d’accès aux responsabilités, fonctionnement de l’administration, impartialité de la justice, gestion des forces de défense et de sécurité et capacité des partis à dépasser leurs bastions traditionnels.
Un défi qui dépasse le pouvoir actuel
Le phénomène ne date évidemment pas du 5 septembre 2021. Les tensions communautaires et leur exploitation politique ont traversé plusieurs régimes guinéens.
À mesure que la compétition pour le pouvoir s’est durcie, l’appartenance ethnique a parfois servi d’instrument de mobilisation électorale ou de disqualification de l’adversaire. Les réseaux sociaux ont également donné une nouvelle caisse de résonance à cette fracture, avec des discours où critique politique, stigmatisation communautaire et accusations de favoritisme peuvent rapidement se confondre.
Le défi consiste donc autant à empêcher les responsables politiques d'exploiter les appartenances qu'à garantir que les institutions publiques ne donnent aucune prise au soupçon de préférence communautaire.
Le véritable test sera celui des institutions
Cinq ans après le renversement d’Alpha Condé, Mamadi Doumbouya veut présenter la lutte contre l’ethnocentrisme comme un marqueur de son passage à la tête de la Guinée.
Mais la question demeure : l’ethnocentrisme a-t-il réellement reculé ou ses manifestations ont-elles simplement changé de forme ?
La réponse ne dépendra pas uniquement des déclarations du pouvoir. Elle se mesurera à la capacité de la Guinée à construire une armée véritablement nationale, une administration dans laquelle chaque citoyen se reconnaît et une compétition politique où un responsable est jugé sur ses actes et ses idées plutôt que sur son patronyme, son origine ou sa communauté.
Sur ce terrain, la déclaration de Mamadi Doumbouya sonne autant comme une revendication de bilan que comme un engagement à tenir : « Le vivre-ensemble n’est plus un discours de circonstance ; il est devenu une réalité. »









