Menu

Gaza au cœur de Venise : Kaouther Ben Hania reçoit un prix et dénonce les crimes israéliens

Dimanche 7 Septembre 2025

Le film choc La voix de Hind Rajab de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania, qui raconte le calvaire d'une fillette palestinienne tuée début 2024 à Gaza, a été récompensé samedi du Lion d'argent à Venise, deuxième récompense la plus prestigieuse.


« Le cinéma ne peut pas ramener Hind et effacer les atrocités commises contre elle », a réagi Kaouther Ben Hania, accueillie par une ovation du public, en recevant son prix. Mais « le cinéma peut préserver sa voix [...], car son histoire n'est pas que la sienne. C'est celle tragique de tout un peuple, un peuple souffrant d'un génocide infligé par un gouvernement israélien criminel qui agit avec impunité », a-t-elle insisté.

Lors de sa projection à la Mostra de Venise, mercredi 3 septembre, le film a été applaudi pendant 23 minutes. Une première très remarquée qui faisait du film de la Tunisienne Kaouther Ben Henia, l’un des favoris en lice pour le Lion d’Or, finalement remporté par Father Mother Sister Brother de Jim Jarmusch. La Voix de Hind Rajab remporte tout de même le second prix de la compétition.

Le film sur une fillette palestinienne tuée à Gaza en janvier 2024 par l'armée israélienne s'appuie sur les véritables enregistrements de ses appels aux secours au Croissant-Rouge palestinien. « Ce film a été très important pour moi, car, lorsque j'ai entendu pour la première fois la voix d'Hind Rajab, il y avait quelque chose de plus que sa voix. C'était la voix de Gaza qui appelait à l'aide et personne ne pouvait entrer », a affirmé la réalisatrice, entourée de ses acteurs en conférence de presse lors de la projection.

Je dédie ce prix au Croissant-Rouge palestinien et à ceux qui ont tout risqué pour sauver des vies à Gaza, ce sont de véritables héros. La voix de Hind, c’est celle de Gaza. Un cri pour être secouru, que le monde entier a entendu et auquel, pourtant, il n’a pas répondu. Nous croyons tous en la force du cinéma. Le cinéma ne peut pas ramener Hind, pas plus qu’il ne peut effacer les atrocités qu’elle a subies. Mais le cinéma peut préserver sa voix et la faire résonner par-delà les frontières.


À Gaza, « l’histoire de Hind rouvre des blessures qui saignent encore »
Eyad Amawi, humanitaire à Gaza, raconte auprès notre correspondante à Ramallah, Amira Souilem, ses sentiments contrastés face à la ferveur autour du docufiction : « D’un côté, il y a une profonde tristesse parce que l’histoire de Hind rouvre des blessures qui saignent encore. Et en même temps, il y a aussi une sorte de soulagement et même de joie à l’idée de constater que la voix des hommes prend toujours le dessus sur les tentatives de l’étouffer. »

Cette voix est celle de Hind Rajab, 5 ans. Fuyant des bombardements, elle se retrouve prise sous le feu de l’armée israélienne. Dans la voiture, tous ses proches sont abattus. Seule survivante, elle passe alors près de trois heures au téléphone avec les secouristes. 

La petite fille sera retrouvée douze jours plus tard. Morte et la voiture criblée de 335 impacts de balles. Aucun Palestinien n’a oublié cette histoire ici. Et sûrement pas Mustafa Sheta, directeur du théâtre de la Liberté de Jénine dans le nord de la Cisjordanie occupée : « Nous sommes fiers que Motaz Malhees, un de nos anciens étudiants, ait participé à ce film. Nous sommes vraiment heureux d’utiliser l’outil du cinéma, de la culture, de l’art pour toucher les gens et faire entendre nos voix. Peut-être que c’est un moyen de leur faire changer de regard sur la Palestine. » 

« Nous ne sommes pas des nombres » répètent souvent les Palestiniens. Ce film semble vouloir se faire l’écho du cri de tout un peuple.

Les deux secouristes palestiniens qui ont eu la petite fille au téléphone ce jour de janvier 2024 ont pu s'entretenir avec notre correspondante à Ramallah. Des secouristes du Croissant-Rouge palestinien qui ont aussi collaboré avec les équipes du film afin de retranscrire au mieux le déroulement d’une tragédie désormais immortalisée sur grand écran. 




 

Nouveau commentaire :




SPORTS

« Je ne mettrai pas un autre maillot que celui de la France » : cette phrase rattrape le malgache Zacharie Boucher

Équipe nationale : Patrick Vieira lance son mandat avec de nouveaux visages et des retours

Équipe nationale : Lamine Sy, la récompense d’un début de saison remarqué

Équipe nationale : Issa Soumaré, la surprise du chef

Equipe de France : voici la première liste de Zinedine Zidane

Lions : Patrick Vieira ouvre les portes à deux nouveaux gardiens

Sadio Mané forfait, Krépin Diatta non convoqué : les explications de Patrick Vieira

Patrick Vieira officiellement présenté : « Être sélectionneur du Sénégal est un rêve absolu »

Patrick Vieira dévoile sa première liste : 29 Lions convoqués, plusieurs nouveaux visages

« Quatre ans, c’est trop » : Pape Sidy Ba alerte sur le contrat de Patrick Vieira





PEOPLE

« Femme forte » : le coup de gueule d’Esther UHA

À Touba, Awa Fall confie : « De près, on comprend à quel point on ne savait pas grand-chose »

Kandi Burruss : son ex-mari Todd Tucker fait des révélations sur leur vie intime après 11 ans de mariage

Anita Mwarabu, de la blouse d’infirmière aux projecteurs : le parcours mouvementé de « Ninita »

Yaye Awa Dièye, le sourire qui illumine « Yonubercy »

Ciblée à son arrivée au Sénégal, Mourzane Ousmanou rebondit dans le digital

Dakar Olympic City : hôtels, bureaux et 660 appartements prévus à Diamniadio

Musique : Paco Diatta lève le mystère sur « La Lettre J » et dénonce les ravages de la jalousie

Satou, plus de 20 ans d’engagement au service du hip-hop

Thaïlande : un influenceur nigérian meurt après une opération d’agrandissement du pénis