La cérémonie de dédicace de l'ouvrage de l'ambassadeur du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri, intitulé Sahara marocain : enjeux géopolitiques d'une question majeure pour le Maroc, a été marquée par un échange diplomatique inattendu entre l'ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, et l'ambassadeur de Mauritanie à Dakar, Mohamed Ould Abdellahi Ould Ethmane.
À l'origine de cette passe d'armes, une déclaration de Cheikh Tidiane Gadio sur les liens historiques entre le Sénégal et le Maroc. « Nous, Sénégalais, dans notre imaginaire, avons grandi quasiment avec l'idée que le Maroc était à quelques kilomètres du Sénégal », a-t-il affirmé. Évoquant notamment les réalités historiques de la région, M. Gadio a suscité une vive réaction de l'ambassadeur de la République islamique de Mauritanie au Sénégal, Mohamed Ould Abdellahi Ould Ethmane, qui a interrompu l'orateur pour dénoncer des propos qu'il a estimés offensants pour l'histoire et l'identité de son pays. Un échange verbal nourri s'est alors engagé entre les deux hommes.
Prenant la parole, Mohamed Ould Abdellahi Ould Ethmane a tenu à rappeler la place de son pays dans l'histoire et la géographie de la sous-région. « J'ai écouté les propos de M. Gadio. J'espère que ce n'est pas l'avis de tous les Sénégalais sur la position géographique de la Mauritanie. Votre voisin, c'est la Mauritanie. Ce sont les Mauritaniens qui ont combattu les colons à Saint-Louis dans les années 1800. Il y a un peuple à côté de vous qui s'appelle la Mauritanie. C'est un pays de 1 800 000 km². C'est celui qui assure aujourd'hui la stabilité du Sahel », a-t-il déclaré.
Cheikh Tidiane Gadio a ensuite repris le micro afin de lever toute ambiguïté. « Vous ne m'avez pas du tout compris. Vous avez compris tout le contraire de ce que j'ai dit. On va prendre le temps de se parler. De tous les diplomates sénégalais, je serai le dernier à qui on peut donner des leçons sur la Mauritanie. Ma sœur qui vient après moi est une Mauritanienne », a répondu l'ancien chef de la diplomatie sénégalaise.
Poursuivant ses explications, Cheikh Tidiane Gadio a replacé ses propos dans leur contexte historique. Il a évoqué le royaume du Tekrour, qui entretenait des relations avec les Almoravides entre les IXᵉ et Xᵉ siècles, précisant que ni le Sénégal ni le Maroc n'existaient alors sous leur forme actuelle.
« Quand on parle du Tekrour, qui allait jusqu'à Tombouctou, entre le IXᵉ et le Xᵉ siècle, pour les gens du Tekrour qui communiquaient avec les Almoravides, nous, Sénégalais, avons grandi dans notre imaginaire que c'était cela l'empire du Tekrour. En ces temps, ni le Sénégal ni le Maroc n'existaient. Personne ne peut me prendre à défaut sur ces questions », a-t-il soutenu.
Face à cette montée de tension, l'ambassadeur du Maroc, Hassan Naciri, a choisi de calmer les esprits en appelant à dépasser les divergences d'interprétation historique.
« On peut comprendre que certains rappels historiques assez lointains ne correspondent pas toujours aux réalités d'aujourd'hui. Mais nous respectons tous les pays de la région. Il n'y a ni petits ni grands pays. Nous sommes tous des pays amis et frères », a-t-il déclaré, mettant ainsi un terme à cet échange diplomatique inattendu.
Intervenant à son tour, l'ambassadeur du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri, a appelé au calme et au dialogue. Il a souligné que les défis auxquels fait face le continent exigent de privilégier l'unité des efforts et le renforcement de l'intégration africaine. Selon lui, un règlement de la question du Sahara ouvrirait de nouvelles perspectives de coopération entre les pays du Maghreb, le reste de l'Afrique, le monde arabe et l'espace méditerranéen.
M. Naciri a également mis en avant les liens historiques et humains unissant le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal, estimant que ces relations constituent un socle pour approfondir le dialogue et la coopération dans le respect des spécificités de chaque État. Organisée en présence de plusieurs chefs de mission diplomatique, de responsables politiques, d'universitaires et d'acteurs de la société civile, cette cérémonie a offert un cadre d'échanges sur les dimensions historiques, géopolitiques et stratégiques de la question du Sahara marocain.
avec l'AS
À l'origine de cette passe d'armes, une déclaration de Cheikh Tidiane Gadio sur les liens historiques entre le Sénégal et le Maroc. « Nous, Sénégalais, dans notre imaginaire, avons grandi quasiment avec l'idée que le Maroc était à quelques kilomètres du Sénégal », a-t-il affirmé. Évoquant notamment les réalités historiques de la région, M. Gadio a suscité une vive réaction de l'ambassadeur de la République islamique de Mauritanie au Sénégal, Mohamed Ould Abdellahi Ould Ethmane, qui a interrompu l'orateur pour dénoncer des propos qu'il a estimés offensants pour l'histoire et l'identité de son pays. Un échange verbal nourri s'est alors engagé entre les deux hommes.
Prenant la parole, Mohamed Ould Abdellahi Ould Ethmane a tenu à rappeler la place de son pays dans l'histoire et la géographie de la sous-région. « J'ai écouté les propos de M. Gadio. J'espère que ce n'est pas l'avis de tous les Sénégalais sur la position géographique de la Mauritanie. Votre voisin, c'est la Mauritanie. Ce sont les Mauritaniens qui ont combattu les colons à Saint-Louis dans les années 1800. Il y a un peuple à côté de vous qui s'appelle la Mauritanie. C'est un pays de 1 800 000 km². C'est celui qui assure aujourd'hui la stabilité du Sahel », a-t-il déclaré.
Cheikh Tidiane Gadio a ensuite repris le micro afin de lever toute ambiguïté. « Vous ne m'avez pas du tout compris. Vous avez compris tout le contraire de ce que j'ai dit. On va prendre le temps de se parler. De tous les diplomates sénégalais, je serai le dernier à qui on peut donner des leçons sur la Mauritanie. Ma sœur qui vient après moi est une Mauritanienne », a répondu l'ancien chef de la diplomatie sénégalaise.
Poursuivant ses explications, Cheikh Tidiane Gadio a replacé ses propos dans leur contexte historique. Il a évoqué le royaume du Tekrour, qui entretenait des relations avec les Almoravides entre les IXᵉ et Xᵉ siècles, précisant que ni le Sénégal ni le Maroc n'existaient alors sous leur forme actuelle.
« Quand on parle du Tekrour, qui allait jusqu'à Tombouctou, entre le IXᵉ et le Xᵉ siècle, pour les gens du Tekrour qui communiquaient avec les Almoravides, nous, Sénégalais, avons grandi dans notre imaginaire que c'était cela l'empire du Tekrour. En ces temps, ni le Sénégal ni le Maroc n'existaient. Personne ne peut me prendre à défaut sur ces questions », a-t-il soutenu.
Face à cette montée de tension, l'ambassadeur du Maroc, Hassan Naciri, a choisi de calmer les esprits en appelant à dépasser les divergences d'interprétation historique.
« On peut comprendre que certains rappels historiques assez lointains ne correspondent pas toujours aux réalités d'aujourd'hui. Mais nous respectons tous les pays de la région. Il n'y a ni petits ni grands pays. Nous sommes tous des pays amis et frères », a-t-il déclaré, mettant ainsi un terme à cet échange diplomatique inattendu.
Intervenant à son tour, l'ambassadeur du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri, a appelé au calme et au dialogue. Il a souligné que les défis auxquels fait face le continent exigent de privilégier l'unité des efforts et le renforcement de l'intégration africaine. Selon lui, un règlement de la question du Sahara ouvrirait de nouvelles perspectives de coopération entre les pays du Maghreb, le reste de l'Afrique, le monde arabe et l'espace méditerranéen.
M. Naciri a également mis en avant les liens historiques et humains unissant le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal, estimant que ces relations constituent un socle pour approfondir le dialogue et la coopération dans le respect des spécificités de chaque État. Organisée en présence de plusieurs chefs de mission diplomatique, de responsables politiques, d'universitaires et d'acteurs de la société civile, cette cérémonie a offert un cadre d'échanges sur les dimensions historiques, géopolitiques et stratégiques de la question du Sahara marocain.
avec l'AS

