Attraites devant la barre, les deux prévenues reviennent sur les raisons de leurs bagarres répétées, deux prévenues se sont renvoyé la balle de la provocation. Elles écoperont de fortunes judiciaires diverses.
Seynabou, quant à elle, se considère aussi comme victime et réfute les accusations de sa voisine. « Je ne la provoque pas. On s’est battu une fois et elle a porté plainte, j’ai écopé d’un sursis, depuis j’ai compris qu’elle essaie de me nuire. J’ai même demandé à mes enfants de ne pas les approcher, sa famille et elle. Elle m’a trouvé à la boutique, elle a salué, je n’ai pas répondu et là elle s’est mise à vouloir me faire parler pour qu’on se chamaille. »
Au Président du Tribunal qui lui demande pourquoi, après le premier verdict où elle a écopé d’un sursis, elle ne s’est pas méfiée, Seynabou Thiaw dira : «Elle ne m’a pas salué à la boutique, du moins, je considère que ce n’est pas moi qu’elle a salué, comme on ne se parle plus. « Khady Mbaye t’a piégée une seconde fois et tu es tombée dans son piège », rétorque le juge.
« Une femme d’Imam ne mérite pas ça, tu dois être beaucoup plus responsable, en plus elle doit avoir l’âge de ta cadette », déclare le Président du Tribunal toujours . « Ça n’honore pas ta personnalité, vous êtes une référence et tu dois représenter la femme parfaite de l’histoire », dira le juge.
Prenant la parole, Mme la Procureur demande aux prévenues : « Est-ce que vous vous êtes battues? ». « Non on s’est juste chamaillé dans la boutique », souligne Khady Mbaye.
Avant de donner son réquisitoire, le procureur a sermonné les deux dames. « Il faut arrêter ces enfantillages, le tribunal n’est la propriété privée de qui que ce soit, on est là pour la justice. L’histoire va prendre fin, sinon vous risquez de passer le restant de vos jours en prison ».
L’avocat de la partie civile, Khady Mbaye, dénonce l’attitude des forces de l’ordre avant de charger Seynabou Thiaw, coupable, selon lui, de harcèlement, violences et voie de faits, sur sa cliente.
L’avocat de la défense plaidera la relaxe pour Khady Mbaye. L’un des avocats de Thiaw dans sa plaidoirie estime que les responsabilités sont partagées et que sa cliente devait être aussi considérée comme partie civile par prudence.
L’autre avocat de Seynabou déclare que Khady Mbaye était dans la logique de pousser Seynabou à la faute, vu qu’elle était sous contrôle judiciaire. Khady Mbaye était dans une dynamique de monter des preuves en filmant la scène. S’engageant à ce que sa cliente, Seynabou Thiaw, ne revienne plus à la barre, il demandera une application bienveillante de la loi.
Le Tribunal déclare les deux prévenues coupables de violences et voie de faits et condamne Khady Mbaye à deux mois assortis d’un sursis et Seynabou Thiaw à 6 mois dont un ( 01 ) ferme pour la quiétude du quartier.
