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VADE RETRO SATANA (Par Bocar Diouf )

Mardi 6 Avril 2021

Le bateau Sénégal, qui a l’habitude de naviguer dans toutes les mers (commune omnium) vent en poupe et gouvernail bien tenu a, cette fois-ci, failli couler en haute mer à l’image des pirogues des émigrés clandestins.

Pourtant le commandant sait choisir les routes les plus sûres (pas forcément les plus rapides). Mais comme les conditions de navigation ne sont jamais tout à fait les mêmes et que nous navigateurs n’avons certainement pas trop de toute notre imagination, le bateau s’est retrouvé face une tempête de niveau élevé qui nous aura fait frôler le pire. Le commandant du navire, qui a fait ses humanités dans les mers tumultueuses de Sinig et Ndounn, a été obligé de faire appel à son expérience dans la détection des courants et la lutte contre les anticyclones pour nous éviter la catastrophe.


Il semble que la mer ait été agitée par une simple chanson qui était interdite en haute mer, en raison de sa surprenante capacité à faire couler les navires. Comme pour les sénégalais, il est interdit d’interdire, un des matelots, un bâbordais, a tenu coûte que coûte à vérifier les pouvoirs mystiques de la chanson.


Des vagues, sans origine décelable, se sont abattus sur nous par tribord et bâbord et il aura fallu que tout le monde se mette résolument au travail pour nous sortir d’un traquenard diabolique qui ressemblait fort à un tsunami.


Il est vrai que, pour ce faire, le commandant et le Bosco qui développaient parfois de sérieuses divergences quant à la manœuvre, se seront tous les deux fait violence. Mais, en définitive, ce sont des sages parmi les sages qui ont convaincu l’équipage de fournir des efforts surhumains pour stabiliser le navire. Ce dernier avait déjà commencé à perdre son mât, une partie de la cargaison et des membres de l’équipage qui, pour la plupart, n’étaient pas des gens de mers.
Le commandant accusait le bosco d’avoir effectué une fausse manœuvre qui méritait qu’on le mette aux arrêts de rigueur. Le Bosco, quant à lui, soupçonnait le commandant d’avoir saboté ses instruments de navigation pour lui faire faire une fausse manœuvre, dans le but non avoué de le faire échouer à l’examen de passage au grade de commandant.
 
Il soutient avoir aperçu le maître d’équipage avec des mécaniciens dans la salle des machines.
Le grand sage parmi les sages a rappelé qu’un navire aussi grand que le nôtre avait besoin d’unité pour traverser les mers et que les uns et les autres devaient respecter la charte des marins. Il nous a demandé de ne jamais oublier que sur le bateau sévissait un hôte indésirable et invisible, certainement un assistant de l’ange de la mort qui effectuait une mission. Cet hôte avait la fâcheuse habitude d’ôter tous les jours la vie parmi les occupants âgés du navire sans faire de distinction de genre, de popularité ou de poste.


Au moment où la catastrophe était derrière nous, que certains étaient à l’infirmerie et d’autres à la réparation du mât, les hauts parleurs diffusaient une chanson dédiée à l’ancien commandant, aujourd’hui à la retraite, qui recommandait de ne pas déséquilibrer notre précieux navire. 
Soudain, un son strident sortît des hauts parleurs. Le Radio était en train de diffuser la fameuse chanson qui avait failli nous faire couler. Avec des commentaires genre disc- jockey qui accusaient une partie de l’équipage d’anthropophagie, par le simple fait qu’elle parlait leur dialecte et le français et parlait difficilement la langue la plus utilisée dans le bateau. Ce fût la panique.
Je reconnaissais la voix du commentateur mais n’arrivais pas à l’identifier. Un mousse me le décrivît comme un ‘’Hamann‘’ à la noirceur de cobra, affublé d’un prénom qui n’inspirait pas confiance, car renvoyant curieusement aux verbes ‘mélanger’’ ou ‘’brouiller’’, dans notre dialecte Diamb ou Diambal ‘’triturer pour autrui ‘’. Je commençais à me faire une idée du quidam. Je l’avais attaqué à l’époque quand il demandait de capturer le bateau battant pavillon anglais du tonitruant commandant Yaya Dokhouldiamm dans le but de délivrer son équipage.


La deuxième fois qu‘on a ferraillé, il s’attaquait à notre illustre commandant qu’on appelle familièrement Mbourou, certainement pour son goût prononcé pour le pain (qu’il aura acquis des peuplades séranké de sa terre de naissance), qu’il accusait de vouloir donner, sans consultation, le poste de commandant du navire à l’actuel commandant en second, un certain Soow.
Pour cette fois, je le soupçonnais de vouloir saborder le navire et me disais qu’il fallait l’en empêcher à tout prix, au besoin en le mettant aux arrêts et en le bâillonnant, pour éviter qu’il ne puisse chanter.
 
 
Après mûre réflexion, j’arrivais à la conclusion qu’il devait forcément être un suppôt de satan et qu’il fallait utiliser les grands moyens. L’Amatelotage faisant que je devais bénéficier du hamac, je me vautrais dedans pour débiter mes litanies d’invocation de Harwak et Langadong avant de terminer par un puissant VADE RETRO SATANA.


Boucar DIOUF, Président de la CIAR (Convergence d’Idées et d’Actions autour de la République).
 
La Redaction



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