Un an après la signature de l'accord de paix entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, le bilan apparaît largement en deçà des attentes. Malgré l'implication des États-Unis et les pressions exercées sur Kigali, les avancées restent limitées tant sur le plan sécuritaire qu'économique.
Présenté en juin 2025 comme une étape historique pour mettre fin à trois décennies de conflit dans l'est de la RDC, l'accord négocié sous l'égide de Washington devait ouvrir la voie à une normalisation des relations entre Kinshasa et Kigali. Mais les événements qui ont suivi, notamment la prise d'Uvira par les rebelles de l'AFC/M23 appuyés par l'armée rwandaise, ont rapidement montré les limites du processus.
Selon un rapport d'évaluation réalisé par plusieurs universités américaines et consulté par Jeune Afrique, seulement 35 % des engagements prévus par l'accord ont été mis en œuvre. Les combats dans l'est de la RDC se poursuivent, les populations civiles continuent de payer un lourd tribut et plus de 3,6 millions de personnes ont été déplacées, tandis que les deux pays s'accusent mutuellement de ne pas respecter leurs engagements.
Le principal point de blocage demeure le volet sécuritaire. La RDC exige le retrait des troupes rwandaises de son territoire, alors que Kigali conditionne cette mesure à la neutralisation des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), un objectif dont les modalités n'ont jamais été clairement définies dans l'accord. Cette ambiguïté complique considérablement son application.
Face à cette impasse, l'administration américaine a choisi d'accentuer la pression. Après plusieurs sanctions visant des responsables et des intérêts rwandais, Washington espère obtenir des avancées concrètes, notamment le retrait progressif des forces rwandaises de l'est de la RDC. Toutefois, ces mesures ont également renforcé la méfiance de Kigali, qui accuse les États-Unis de favoriser Kinshasa.
Sur le plan économique, les résultats sont également modestes. Les projets d'intégration régionale, notamment dans les secteurs des mines et de l'énergie, peinent à voir le jour en raison de l'insécurité persistante et du manque de confiance entre les deux voisins. Malgré cela, les États-Unis continuent de miser sur les importantes ressources minières congolaises, considérées comme un levier stratégique de leur engagement dans la région.
Pour plusieurs observateurs, l'accord de Washington risque de rester une réussite diplomatique de façade si les engagements sécuritaires ne sont pas effectivement mis en œuvre. Ils estiment qu'en l'absence de progrès sur le terrain, les violences pourraient se poursuivre et favoriser l'émergence de nouveaux groupes armés dans l'est de la RDC.


