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Serigne Béthio, les retrouvailles de la famille et moi

Mercredi 7 Avril 2021

A la tête du «Thiant» depuis le rappel à Dieu de son père, Cheikh Béthio Thioune - né entre 1938 et 1939 à Keur Samba Laobé, actuellement appelé Madinatou Salam près de Mbour, et décédé le mardi 7 mai 2019 à Bordeaux (France)-, Serigne Saliou Thioune «Ndigueul» revient, dans cette interview accordée à L’Observateur en marge de la célébration du 17 avril 2021, sur la vie de son père, ses projets, ses dernières recommandations. Il évoque aussi l’unité de la famille du défunt guide spirituel des thiantacônes.

Serigne Saliou, les Thiantacônes cheminent vers le 17 avril, date de la rencontre entre Cheikh Béthio Thioune et Serigne Saliou Mbacké, comment comptez-vous célébrer cet événement ?
Comme d’habitude, nous le préparons activement. Mais avec une touche assez particulière pour cette année, parce que le 17 avril est une date repère dans la vie des Thiantacônes. Tous les Thiantacônes connaissent l’importance de cette date. C’est le jour où notre guide, mon père, Serigne Béthio Thioune, avait rencontré Serigne Touba Serigne Saliou Mbacké, cinquième Khalife général des Mourides. C’est ce jour-là à Tasset (Mbour), et pour la première fois, que Serigne Béthio Thioune a rencontré Serigne Saliou Mbacké. C’est à partir de ce jour que le destin de Serigne Béthio a complétement changé. Son pouvoir spirituel, sa richesse, sa célébrité… tout est parti de cette rencontre. C’est un jour spécial, nous allons essayer de le célébrer au mieux, comme il faisait de son vivant. Sinon faire plus en termes de récital du Saint Coran, des Khassidas (panégyriques de Khadimou Rassoul à l’endroit du Prophète Mohamed -Psl). Pour les «Berndel (restauration gratuite)» nous comptons faire plus cette année. Surtout que l’année dernière, l’événement a été célébré dans la sobriété à cause de la pandémie de Covid-19 et des mesures de restrictions prises par le gouvernement. Sur instructions du Khalife général des Mourides, Serigne Touba Serigne Mountakha Mbacké, tous les grands événements religieux mourides ont été célébrés dans la sobriété. 


Vous avez fait allégeance à la famille de Serigne Saliou Mbacké. Avez-vous l’accord de Serigne Cheikh Saliou Mbacké pour la célébration de cet évènement  ? 
Je reviens comme ça, ce dimanche (l’interview a eu lieu ce jour, vers 16 heures, Ndrl), de Darou Salam Mouride (à quelques 80 Km de Khelcom où séjourne actuellement Serigne Cheikh Saliou). Nous avons évoqué plusieurs sujets, dont notre participation financière pour la construction de l’Université de Touba - comme le font tous les Mourides auprès de Serigne Mountakha - et la célébration de la date du 17 avril. Nous lui avons exposé la manière dont nous souhaitions célébrer cet événement. Et il nous a donné son accord. Nous allons donc célébrer l’événement sous le «Ndigueul (la bénédiction)» de Serigne Cheikh Saliou. 


Ne redoutez-vous pas que ce qui s’est passé lors de la célébration du dernier Gamou à Médinatou Salam se reproduise ? N’y a-t-il pas de risques d’affrontements entre Thiantacônes ? 
Je ne crois pas que de tels affrontements se reproduiront. Comme je vous l’ai dit, et eu égard à la situation sanitaire, tout se fera dans la sobriété. Mais cela ne veut pas dire que nous allons faire moins que nous faisions les anneés passées. Des cuisines seront installées à Médinatou Salam, à Dakhar Mbaye (Thiès), au Croisement Serigne Béthio  (Dakar) et à Dianatou Makhwa (Touba). Nous avons le vœu de restaurer les malades des hôpitaux de Dakar, notamment Principal et Dalal Jaam. Nous souhaitons aussi procéder de cette manière dans certains établissements pénitentiaires, comme la prison de Thiès.  


Avez-vous l’autorisation préfectorale pour la célébration du 17 avril à Médinatou Salam où vous serez basé, selon nos informations ? 
Nous avons déposé la demande et nous avons bon espoir. 


Célébrer le 17 avril sans Cheikh Béthio, ce devrait être pesant, difficilement supportable ?
Cheikh Béthio n’est plus de ce monde, mais il est toujours avec nous. C’est lui qui nous a appris que tout ce qui touche à Serigne Touba demeure éternellement. Donc, Serigne Béthio est toujours parmi nous parce que son œuvre est là et restera pour toujours. Tant que nous continuerons à perpétuer son œuvre, Serigne Béthio sera avec nous. Donc nous ne sommes pas seuls. Cependant, je dois l’avouer, il est difficile de perpétrer l’œuvre de ce grand homme. Dans l’absolu, Serigne Béthio est irremplaçable. Mais nous avons beaucoup appris à ses côtés.  


Où en êtes-vous avec les retrouvailles de la famille de Cheikh Béthio Thioune ? 
J’y travaille tous les jours et j’ai bon espoir que tout le monde reviendra à la raison. Je ne cesserai jamais d’appeler à l’unité, à la concorde, parce que c’est aussi cela le vœu de Serigne Béthio. C’est vrai que j’ai beaucoup à faire. Mais, malgré tout, je fais de ces retrouvailles une de mes priorités . 


Dans vos déclarations, vous lancez toujours un appel à l’unité en direction des Thiantacônes qui ont choisi Sokhna Aïda Diallo comme guide spirituelle. Ne pensez-vous pas, avec le temps, que c’est peine perdue ? 
Non ! Je crois fermement à ces retrouvailles et j’y travaille chaque jour que Dieu fait. Parce que cette union est pour le salut de tous. Je suis l’aîné de mon père et mon rôle est de rassembler et non de diviser. C’est cette recommandation que m’ont faite Serigne Touba Serigne Moutakha et Serigne Cheikh Saliou Mbacké. D’ailleurs, Serigne Cheikh me l’a rappelée lors de notre dernière entrevue avant celle de ce dimanche.  Il m’avait chargé de réunir toutes les parties autour de lui et j’ai fait passer le message à qui de droit. Je pense que les retrouvailles se feront bientôt. En tout cas, c’est mon souhait et j’y travaille.


Cheikh Béthio avait beaucoup de projets pour Madinatoul Salam dont vous avez, aujourd’hui, la lourde charge de mener à bien. Où en êtes-vous ?
C’est vrai que Serigne Béthio avait une attention particulière pour Médinatoul Salam. A ses yeux, ces terres représentaient énormément et il y a érigé un village sur instruction de son vénéré guide, Serigne Saliou Mbacké. Et si vous avez ne serait-ce qu’une petite compréhension des relations ou plutôt de la liaison Serigne Saliou-Serigne Béthio, vous comprendrez ce que je dis. Même sur son lit de mort, Serigne Béthio continuait à parler de Médinatou Salam. Il a cherché toute sa vie à faire de ce village un havre de paix, avec toutes les commodités. D’ailleurs, il ne pouvait imaginer que Médinatou Salam ne soit pas suffisamment doter en eau. Il avait un grand projet de forage pour le village, mais Dieu avait décidé que c’est nous, ses enfants, qui allons réaliser ce vœu si cher pour Médinatoul Salam. J’en profite pour remercier le président de la République, Macky Sall, et les services techniques de la Sones, qui nous ont aidés à réaliser ce forage. Mon souhait, c’était que le forage fonctionne au plus tard le 17 avril prochain, mais pour des raisons techniques, c’est impossible. Mais, il va être fonctionnel pour bientôt. Outre le forage, Serigne Béthio voulait goudronner la route Médinatou Salam-Mbour. Et aujourd’hui, c’est presque fait. Les travaux ont commencé. J’ai eu une discussion à ce sujet avec le Directeur général de l’Ageroute et, bientôt, cet autre vœu de Cheikh Béthio sera réalisé. 


Beaucoup pensent que vous avez commencé à vous intéresser au «Thiant», après le décès de votre papa, alors que durant son vivant, vous étiez à l’écart. Qu’en est-il ? 
J’ai toujours vécu à l’ombre de mon père. Je ne connais que lui et j’ai grandi dans le «Thiant». Il m’a toujours amené avec lui. J’étais toujours présent quand il rencontrait son vénéré guide, Serigne Touba Serigne Saliou Mbacké. Les vidéos en témoignent. A l’époque, j’étais très jeune, mais j’avais déjà des rapports privilégiés avec Serigne Béthio. Et avec l’âge, je suis devenu un de ses principaux confidents. En tant que fils aîné, je m’occupais de tout. 


On ne vous a pas vu lors de son dernier voyage à Bordeaux où il était accompagné de ses épouses. Pourquoi ?   
J’ai été plusieurs fois à Bordeaux. Je vais vous faire une confidence : je me suis toujours occupé des voyages de Serigne Béthio. Comme je vous l’ai dit, je ne peux pas et je n’entrerai jamais dans certains détails, parce que c’est assez intime. Mais je me suis occupé de toutes les évacuations sanitaires de Serigne Béthio. La première à l’hôpital Le Val-de-Grâce (un ancien Hôpital d’instruction des Armées français situé dans le 5e arrondissement de Paris, Ndlr). Et la deuxième à Bordeaux. J’ai toujours était présent à ses côtés, mais comme je travaillais à la CDE (le Consortium d’entreprises est une entreprise générale sénégalaise du secteur du bâtiment et travaux publics, Ndlr), je ne pouvais pas cumuler de longues absences. C’est pourquoi, mon jeune frère Seydina Thioune avait pris le relais pour son dernier voyage à Bordeaux. Et toutes les deux semaines, je m’y rendais pour m’enquérir de l’Etat de Santé de Serigne Béthio. Le téléphone ne me suffisait pas, il fallait que je sois présent et je l’ai été. Il faut savoir que j’ai toujours accompagné Serigne Béthio, mais dans la discrétion. Je ne fais pas de tape-à-l’œil. Je ne suis pas du genre à faire des vagues. Concernant les voyages, je me suis toujours occupé personnellement des papiers administratifs du Cheikh et de tous ses accompagnants, y compris ses épouses. J’ai toujours été présent. 


Quelles sont les dernières recommandations que Serigne Béthio vous a faites ? 
Nous avons parlé de plusieurs choses. Je me souviens de notre dernier entretien à Bordeaux avant son décès. Nous avions évoqué sa maladie, mais aussi l’avenir du «Thiant». Il me préparait. Il m’a fait des confidences que je ne peux dévoiler dans les médias. Nous avons été très proches. Et jusqu’à présent, je fais tout pour respecter ses vœux. 


Quels sont vos rapports avec les «Thiantacônes» établis à l’étranger, surtout les responsables des dahiras ? 
L’écrasante majorité des «Thiantacônes» établis à l’étranger, dans la diaspora, poursuivent avec nous la voie tracée par Cheikh Béthio. Que ce soit à Bordeaux, à Paris, à Nice, en Italie, à Genève… Nous continuons ensemble de perpétuer l’œuvre de Serigne Béthio. Nous nous parlons tous les jours, je viens de raccrocher avec deux de mes «Dieuwrignes (représentants)» en Italie. Il y a un peu plus d’un an, j’étais en tournée en Europe et j’ai rencontré beaucoup de mes condisciples. Cette année, je n’ai pas pu le faire à cause de la pandémie du Coronavirus. Mais je compte me rendre prochainement aux Etats-Unis où il y a une grande communauté Thiantacône. 


Il semble que vous avez plus de disciples à l’étranger qu’au Sénégal ? 
Pas du tout ! Il y en a beaucoup plus au Sénégal. Je les remercie d’ailleurs de leur engagement et le respect des recommandations de Serigne Béthio dont ils font montre. La gestion aurait pu être difficile, mais ce n’est pas le cas. Au-delà des Thiantacônes, il y a un énorme élan de sympathie autour de ma personne. Et cela, je le dois à Serigne Touba.


Beaucoup vous reprochent de vouloir réinventer le «Thiant». La preuve, la plupart de vos disciples ne portent pas votre effigie ou celle de Serigne Béthio autour du cou. Qu’en est-il ? 
La réponse est toute simple. On me prête beaucoup de choses, mais je ne ferai jamais quelque chose qui sorte des recommandations de Serigne Béthio. Si beaucoup de mes disciples ou condisciples ne portent pas d’effigie autour du cou, c’est parce que simplement, Cheikh Béthio avait, lui-même, donné l’ordre aux talibés de se séparer des effigies. Il avait rendu public sa décision. Et je m’y conforme. La même décision concerne aussi l’utilisation de tam-tams dans les Thiants.


Que pensez-vous des dernières émeutes qui se sont soldés par plusieurs morts ?
C’est regrettable. J’en profite pour présenter mes condoléances aux familles éplorées. Je ne vais pas entrer dans les détails parce que, étant mouride, nous n’avons pas de pouvoir de décision, car nous avons un guide, Serigne Touba Serigne Moutakha Mbacké, qui le fait très bien à notre place. Je prie pour que de tels évènements ne se reproduisent plus. Je le souhaite vivement. 

L'OBSERVATEUR
La Redaction


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