La Rencontre africaine pour la défense des Droits de l’homme (RADDHO) a appelé l’État sénégalais à garantir vérité, justice et réparation aux victimes des violences politiques survenues entre 2021 et 2024, une période marquée par des morts, de nombreux blessés et des arrestations jugées arbitraires.
Dans un contexte où les conséquences humaines et psychologiques de ces événements demeurent lourdes pour les ex-détenus, les blessés et les familles des victimes, l’organisation estime que l’absence de justice continue d’affaiblir la cohésion sociale et la confiance des citoyens envers les institutions, notamment le système judiciaire.
À la suite des assises nationales de la justice, les autorités avaient affiché leur volonté de faire la lumière sur ces violences. En janvier 2025, une enveloppe de cinq milliards de francs CFA avait été allouée aux victimes à titre d’aide financière, accompagnée d’engagements visant à identifier et juger les auteurs des crimes.
Toutefois, la RADDHO déplore la lenteur des procédures judiciaires et l’absence de mesures concrètes. Elle souligne qu’aucune structure officielle n’a encore été mise en place pour accompagner les victimes, maintenir le dialogue avec elles et soutenir leurs démarches judiciaires, malgré les réformes institutionnelles annoncées par le président de la République dans son discours du 3 avril 2025.
« Une justice tardive équivaut à un déni de justice », rappelle l’organisation, qui exhorte les victimes à saisir les juridictions compétentes afin d’engager des poursuites contre les responsables présumés.
La RADDHO recommande enfin la création d’une commission vérité et réconciliation dédiée aux violences politiques de la période 2021-2024, afin d’établir les responsabilités, favoriser la réconciliation nationale et assurer des réparations globales, en complément de l’action judiciaire.

