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Sénégal : l’APR rejette la révision constitutionnelle envisagée et exige un référendum

Dimanche 14 Juin 2026

L’Alliance Pour la République (APR) est montée au créneau contre le projet de révision constitutionnelle porté par des députés de la majorité parlementaire. Réuni à Dakar, le Secrétariat exécutif national (SEN) du parti de l’ancien président Macky Sall a vivement critiqué la démarche engagée à l’Assemblée nationale, qu’il considère comme une atteinte à la souveraineté populaire.


Cette sortie intervient quelques jours après une nouvelle avancée dans le processus de révision de la Constitution. Le Bureau de l’Assemblée nationale a annoncé avoir reçu, examiné et déclaré recevable une proposition de loi portant révision de la Constitution initiée par un groupe de députés. Dans un communiqué, l’institution parlementaire précise que le texte intègre les observations formulées par le Conseil constitutionnel dans sa décision n°4/C/26 du 25 mai 2026. Conformément au Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la proposition sera transmise au président de la République pour avis avant son examen par les instances compétentes.

Mais pour l’APR, cette réforme intervient dans un contexte où les préoccupations des Sénégalais se situent ailleurs. Le parti estime que le pays est confronté à « la dégradation continue des conditions de vie des populations, l’érosion du pouvoir d’achat, la persistance du chômage, la recrudescence des coupures d’électricité, les incertitudes économiques et une crise institutionnelle qui fragilise davantage la confiance des citoyens comme celle des investisseurs », peut-on lire dans le communiqué.

Selon le SEN, « alors que les Sénégalais attendent des réponses concrètes à leurs difficultés quotidiennes, le pouvoir semble davantage préoccupé par des querelles de positionnement politique, des luttes de leadership et des réformes institutionnelles dont l’urgence n’est nullement démontrée ».

Le parti rejette également la légitimité même de l’initiative parlementaire. « Cette démarche constitue une énième forfaiture politique contre la souveraineté du peuple après l’installation par effraction de son Président en violation de l’article 54 de la Constitution », souligne le communiqué.

L’APR considère que cette révision constitutionnelle est engagée sans débat inclusif ni consensus national. « Cette réforme constitutionnelle sans véritable débat démocratique, sans consensus national et, surtout, sans qu’aucune urgence nationale ne puisse la justifier, constitue une entorse grave aux règles démocratiques », affirme le document.

Le SEN s’est par ailleurs attardé sur ce qu’il qualifie de rivalités au sommet de l’État. « L’APR dénonce avec force la regrettable lutte de paternité qui entoure cette réforme constitutionnelle entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale, chacun cherchant à s’en attribuer le mérite dans une démonstration encore manifeste des rivalités qui minent aujourd’hui le sommet de l’État », peut-on lire dans le communiqué.

Le parti s’interroge également sur la précipitation observée autour du texte. Selon lui, « cette précipitation révèle moins une volonté de réforme que l’existence de rapports de force et de calculs politiques au sein même du pouvoir ».

Estimant que la réforme de l’architecture institutionnelle du Sénégal mérite une large concertation nationale, l’APR plaide pour une consultation directe du peuple. « Une Constitution n’appartient ni à un Gouvernement, ni à une majorité parlementaire, ni à une coalition politique. Elle appartient au peuple sénégalais qui doit demeurer le premier et le seul arbitre de son évolution », rappelle le communiqué.

Pour le parti de l’ancien chef de l’État, toute modification substantielle de la Loi fondamentale doit être soumise à référendum. L’APR appelle ainsi les partis de l’opposition, les organisations de la société civile, les syndicats, les universitaires et l’ensemble des forces vives de la Nation à se mobiliser afin de défendre, selon ses termes, « la souveraineté populaire » et d’exiger que le peuple sénégalais soit directement consulté sur toute réforme constitutionnelle.
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