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Sénégal : l’AJS s’inquiète de la faible représentation des femmes dans le nouveau gouvernement

Vendredi 12 Juin 2026

L’Association des Juristes Sénégalaises (AJS) a exprimé sa « profonde préoccupation » après la publication de la composition du nouveau gouvernement nommé le 1er juin 2026, estimant que la place accordée aux femmes au sein de l’équipe gouvernementale reste largement insuffisante.
 

Dans un communiqué rendu public à Dakar, l’organisation relève que « sur 30 ministres, seules quatre femmes ont été nommées dont une comme ministre déléguée et aucune à un poste régalien ». Une situation qui, selon l’AJS, suscite « incompréhension et inquiétude » dans un contexte où les femmes sénégalaises démontrent quotidiennement leurs compétences dans tous les domaines de la vie nationale.

L’association considère que « rien ne peut justifier que ces compétences continuent d’être insuffisamment prises en compte dans les espaces de décision ». Elle rappelle que la participation des femmes à la gouvernance publique ne doit pas être perçue comme une faveur politique, mais comme un impératif démocratique. « La place des femmes dans la gouvernance publique ne saurait être perçue comme une faveur accordée au gré des circonstances politiques. Elle relève d’une exigence de justice, d’égalité et de respect des engagements pris par l’État du Sénégal en matière de promotion des droits des femmes », souligne le communiqué.



Pour l’AJS, cette faible représentation féminine au sein du gouvernement risque d’envoyer un signal négatif à plusieurs catégories de femmes engagées dans la vie publique. « La faible présence des femmes dans cette équipe gouvernementale envoie un signal préoccupant aux jeunes filles, aux femmes professionnelles, aux élues, aux militantes et à toutes celles qui contribuent quotidiennement au développement de notre pays », affirme l’organisation. L’association craint également que cette situation ne remette en cause les avancées obtenues au fil des années grâce aux efforts de plaidoyer menés par les organisations de défense des droits des femmes. Elle estime que « les acquis obtenus au prix de longues années de plaidoyer et de mobilisation collective » pourraient être fragilisés.



Dans son argumentaire, l’AJS rappelle que « la démocratie ne se mesure pas uniquement à l’organisation des institutions, mais également à la capacité de celles-ci à refléter la diversité de la société qu’elles représentent ». L’organisation insiste sur le fait que les femmes, qui constituent plus de la moitié de la population sénégalaise, jouent un rôle essentiel dans la cohésion sociale et la stabilité politique du pays. « Leur présence dans les instances de décision doit être à la hauteur de leur contribution à la Nation », soutient-elle.


L’Association des Juristes Sénégalaises appelle ainsi les autorités à garantir l’effectivité de l’article 7 de la Constitution, qui consacre le droit à un égal accès des femmes et des hommes aux mandats et fonctions publics. « Les autorités doivent rendre ce droit effectif notamment à travers des mesures correctives dans les futures nominations et des mécanismes institutionnels pour une représentation équilibrée des femmes aux fonctions publiques, qu’elles soient administratives, diplomatiques ou stratégiques », plaide l’organisation.

Estimant que « le Sénégal ne peut prétendre construire un projet de société juste et équitable en laissant les femmes à la périphérie des lieux où se décident les orientations majeures du pays », l’AJS réaffirme son engagement en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. L’association annonce enfin qu’elle poursuivra « avec détermination son action de veille, d’alerte, de plaidoyer et de mobilisation pour une gouvernance plus inclusive et respectueuse des droits fondamentaux ».


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