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SENEGAL : LA DEMOCRATIE CRUCIFIEE AU PILOIR DES EGOÏSMES

Lundi 4 Mars 2024

Le président Macky Sall a acté, samedi 3 février, l’annulation du scrutin présidentiel  qui devait  se tenir le 25 février 2024. Par son acte, il met fin à l'ensemble du processus électoral déjà en cours. Pire des « dépités » du peuple ont préféré le respect de la consigne à la conscience légitimant l’acte de la honte par la crucifixion de la démocratie au piloir des égoïsmes.


Report et dialogue inopinés en plein processus sont simplement un recul démocratique et un précédent dangereux pour le Sénégal où tous s’accordent à affirmer de l’inexistence d’une quelconque instabilité de quelle nature que ce soit des institutions devant occasionner un report impropice et mauvais de la présidentielle 2024. Mais quand les intérêts personnels priment, on trouve toujours des astuces pour liquider la vérité comme quoi : « qui veut tuer son chien l’accuse de rage »


En effet, au moment où tout est presque urgence dans quasi tous les domaines, le Sénégal s’amuse à liquider intelligemment sa seule ressource qui faisait de lui une vitrine en Afrique de l’Ouest à savoir sa démocratie. Quelle honte devait-on dire !
Le culte de l’égoïsme et du pouvoir, la sanctification du voyeurisme et de l’avidité dans ce pays ont atteint le paroxysme de non-retour qui entraine des dérives de gestion. Ainsi tout pour moi, rien que moi a fini par empoisonner la conscience responsable du devenir d’un Sénégal de liberté où le calendrier républicain est respecté, où les institutions sont fortes et où la loi s’applique à tous.

Par contre nous assistons à l’adoration  de la consigne irresponsable guidée par des intérêts personnels d’un clan. Cette attitude a plombé la démocratie sénégalaise l’ouvrant à des lendemains incertains.


La conscience étant la faculté réflexive de l'esprit humain lui permettant de mesurer les enjeux du moment et d’y prendre des décisions objectives, responsables et surtout de penser intérêt général n'a jamais été égocentrée, elle est ouverte. Elle dépasse le cadre rassurant de l’écogeste prosaïque pour être sur le chemin des hommes et des femmes qui repensent ce qui fonde leur bien vivre, l’intérêt suprême du Sénégal. A cet effet, notre responsabilité est le fait d’avoir à répondre de nos actes, du pouvoir que l’on détient et des charges que l’on doit assumer, en tant que sénégalais. Ainsi, notre part de responsabilité est donc proportionnelle à notre pouvoir d’action. C’est pourquoi, la conscience se fonde exclusivement sur l’intime conviction et la stricte application du droit.


Par ailleurs,  la consigne, se basant sur une loyauté à l’autorité dont les préoccupations politiques, éloignent le jugement, le discernement, l’intérêt général, le droit en passant de l’objectivité à la subjectivité, ignorant la matérialité des preuves, pour n’écouter que la voix immatérielle et intéressée, n’est que culte de l’intérêt personnel, de l’irresponsabilité et du « je m’en foutisme » des règles établies pour son triomphe à tout prix.
Aujourd’hui, cette situation qui prévale au Sénégal n’est que la résultante irresponsable de la consigne politique qui, sans réflexion préalable est exécutée avec fierté pour assoupir à ses intérêts personnels et ceux d’un groupe foulant ainsi la responsabilité. Ce culte de l’égoïsme à l’autel de ses intérêts a fini de ternir l’image du Sénégal vitrine et à sacrifier la démocratie au piloir des égoïsmes. En respectant la consigne, ces hommes et femmes ont  fini de porter l’estocade d’une image déjà écornée et d’accroître le non-respect de la volonté populaire oubliant que la souveraineté d’un pays démocratique vient des électeurs.


Travestissant la conscience, la consigne a fini de faire du Sénégal une démocratie autoritaire où les intérêts personnels, le vouloir d’un seul homme sont généralisés et automatisés. La mise à mort de la conscience s’empare de la décrépitude de la démocratie au Sénégal. Notre démocratie est crucifiée au piloir des égoismes.
Restaurons la conscience !
Nicolas Silandibithe Bassène

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