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Réponse à la déclaration de M. Ousmane SONKO sur la présence de notre Armée nationale au Mali

Lundi 22 Août 2022

Se taire ! Non, je ne le ferai jamais, dès lors que des hommes de la trempe de Monsieur Ousmane Sonko tentent, par le verbe, la méconnaissance et la recherche de buzz médiatique, d’emballer l’opinion nationale sur des sujets d’une extrême sensibilité tel que l’engagement de notre Armée nationale en République sœur du Mali dans le cadre des Nations Unies.


En effet, dans une déclaration tenue jeudi dernier, il a tenu les propos suivants : « Nous avons vu que Macky SALL a rapatrié les quelques éléments sénégalais qui étaient là-bas, puisqu’ils n’étaient pas là-bas en tant que Sénégalais ; ils étaient là-bas parce que la France lui avait demandé d’amener des troupes (…) ».

En ma qualité de spécialiste en Défense et Sécurité Nationale, diplômé du CHEDS, je m’inscris en faux contre de tels propos d’une extrême légèreté venant d’un homme qui aspire à devenir le chef suprême de notre Armée nationale à partir de 2024.


Afin que nul ne l’ignore, l’engagement de notre Armée nationale en République sœur du Mali dans le cadre de la MINUSMA (Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation du Mali) remonte en 2013, à la suite de la résolution 2100 du 25 avril de la même année du Conseil de Sécurité des Nations Unies instituant cette force de maintien et de stabilisation de la paix dans les cinq Secteurs d’interventions que couvre cette mission. L’engagement de l’Armée sénégalaise en République malienne est constant depuis 2013, avec un système de rotations et de relèvements périodiques des effectifs engagés.


Il faut comprendre que cet engagement au Mali, en plus d’être stratégique et institutionnel, obéit à une vieille tradition. Dès 1960, l’Armée sénégalaise envoie des troupes pour des missions de rétablissement et de maintien de la paix dans le cadre des Nations Unies. A ce titre, il importe de relever que la première mission de notre armée date de 1960 dans le cadre de l’ONUC (Congo) avec l’envoi de 600 hommes. Aujourd’hui, cette posture de notre Armée a fait de notre pays le huitième contributeur de troupes pour les Nations Unies avec comme côtés positifs : l’entrainement permanent de nos soldats sur de réelles zones de guerres, l’acquisitions de nouveaux équipements et d’expertise permettant de faire face aux nombreuses menaces sécuritaires asymétriques.

Par ailleurs, à la mémoire de nos 79 soldats tombés dans les différentes missions des Nations Unies, aucun homme politique responsable y compris Monsieur Ousmane Sonko ne doit dénigrer nos vaillants soldats comme si ses composants sont à la solde d’une personne. Ces derniers démontrent sans cesse leur sens de l’honneur et de la République ainsi que leur professionnalisme caractérisé et mondialement reconnu.

Ainsi, notre engagement au Mali est une haute affaire de souveraineté nationale. Il répond à un besoin hautement sécuritaire pour notre pays qui a tout intérêt de voir le Mali renouer avec une paix durable. La chute de Kadhafi a ouvert un grand boulevard d’insécurité et libre circulation de l’essentielles des combattants Djihadistes du monde (Niger-Tchad-Burkina-Mali) qui s’est arrêté pour le moment en territoire malien grâce à l’immense travail de veille, d’alerte et d’anticipation de nos vaillantes Forces de Défenses et de Sécurités (FDS). A ce titre, il importe de relever que cet engagement n’est pas assujetti à la France, mais répond à notre besoin sécuritaire et à la solidarité envers un pays frère qui, il faut le rappeler, a partagé avec le Sénégal un même drapeau et un même Etat dans le cadre de la fédération du Mali.


A présent, le 10 eme détachement de l’Armée sénégalaise qui a séjourné au Mali depuis 15 mois est de retour en terre sénégalaise depuis la semaine dernière. Ce détachement est remplacé par le 11 eme qui a reçu déjà son drapeau depuis le 23 février dernier, après une série d’entrainements et de formations dans les différents centres tactiques que compte notre Armée nationale.

A côté des militaires sénégalais, 26 autres armées de 26 autres états souverains sont présentes au Mali dans le cadre de la MINUSMA, à l’exception de la France qui, après une présence sur le sol malien depuis 2014 à travers les opérations SERVAL et BARKHANE, a quitté le théâtre des opérations le 18 aout 2022 en raison d’une décision et de la volonté souveraine des autorités maliennes.

Afin de lever toute équivoque sur notre présence et engagement sur le sol malien, nous renvoyons Monsieur Ousmane Sonko au rapport du Secrétaire général des Nations unies https://minusma.unmissions.org/sites/default/files/n2236095fr.pdf  en date du 02 juin 2022 devant le Conseil de de Sécurité des Nations Unies et à la résolution 2640 en date du 29 juin 2022 renouvelant la mission de la MINUSMA pour une durée d’une année avec une clause d’exclusion des forces armées françaises qui jadis apportaient le soutien aérien aux différentes forces de la MINUSMAhttps://minusma.unmissions.org/sites/default/files/n2240621.pdf
Les retards qui ont été notés dans le déploiement des forces engagées dans le cadre de la MINUSMA pour le renouvellement des effectifs trouvent leurs sources, sur : le sentiment de suspicion naturelle des autorités maliennes suite à leur différend avec la France, qui a conduit à la révocation unilatérale par la partie malienne des accords bilatéraux de défenses de 2014 et sur l’affaire des 49 militaires Ivoiriens arrêtés. A ce sujet, les spécialistes en sécurité et défense sont unanimes, reconnaissant ainsi la position et la décision souveraine des autorités maliennes à l’origine de la suspension provisoirement, depuis le 14 juillet dernier, des rotations aériennes.

Grâce à la diplomatie, au rôle des Nations Unies et à la clairvoyance du président Assimi GIOTA, la situation est revenue à la normale. Les 26 Etats engagés au Mali ont commencé, depuis une semaine à convoyer leurs troupes. Sur ce, il faut rappeler que le Sénégal trône à la quatrième place des pays contributeurs de troupes de la MINUSMA derrière le Tchad, le Bangladesh et le Niger.

Par conséquent, nous invitons toute la classe politique nationale sans exception à ne pas mêler notre vaillante Armée Nationale dans le débat politicien. A cause de sa sensibilité du fait de son double cantonnement territorial et juridique pour reprendre le Professeur El hadji Mbodji, laissons la muette.
 
Alinard NDIAYE
Spécialiste en Défense et Sécurité nationale
Diplômé du Centre des hautes Etudes de Défense et de Sécurité (CHEDS)
 

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