Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) hausse le ton contre la gestion de l’aide publique à la presse pour l’exercice 2025. Lors d’une conférence de presse tenue à Dakar, l’organisation patronale a dénoncé de « graves irrégularités », une « opacité persistante » et une « rupture manifeste d’égalité » dans la répartition du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP). Elle annonce saisir dans les prochains jours l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) ainsi que les juridictions compétentes pour contester ce qu’elle qualifie de « détournement de deniers publics ».
Dans son texte liminaire, le CDEPS affirme avoir suivi « avec indignation » la récente sortie médiatique du ministre de la Communication, entouré de membres de son cabinet et du Comité de gestion du FADP. Selon l’organisation, l’analyse du rapport officiel et des déclarations faites à cette occasion révèle une répartition des ressources et des procédures qui « trahissent l’esprit et la vocation première du Fonds ».
Le CDEPS rappelle que plusieurs décisions réglementaires prises par le ministère ont été annulées par la Chambre administrative de la Cour suprême. L’organisation cite notamment l’arrêt n°71 du 11 décembre 2025, qui a annulé les arrêtés ministériels relatifs à la plateforme numérique « Déclaration Médias Sénégal » (DMS) et à la commission d’examen et de validation, estimant que le ministre avait outrepassé ses prérogatives en imposant aux entreprises de presse des obligations non prévues par la loi.
Un second arrêt, rendu le 12 février 2026 dans l’affaire opposant la journaliste Aïssatou Diop Fall à l’État du Sénégal, a également annulé un arrêté portant cessation de diffusion et de publication de médias jugés non conformes au Code de la presse. La Cour a rappelé que la compétence de suspendre ou de fermer un organe de presse relève exclusivement du Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA).
Pour le CDEPS, ces décisions constituent « des désaveux judiciaires répétés » qui interrogent la légalité de l’action ministérielle.
Une gestion jugée contraire au décret sur le FADP
Au fond, le CDEPS estime que la gestion 2025 du FADP constitue une violation du décret n°2021-178 du 27 janvier 2021, qui encadre le fonctionnement du Fonds. Selon l’organisation, ce texte précise que l’aide est destinée en priorité aux entreprises de presse sénégalaises régulièrement constituées et exerçant sur le territoire national.
Or, la répartition publiée pour l’exercice 2025 aurait attribué près de 29,6 % du budget global à des médias publics. L’Agence de Presse sénégalaise (APS) aurait ainsi reçu près de 197 millions de francs CFA, la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) environ 186 millions et le quotidien Le Soleil, à travers l’Agence de Développement et de Promotion (ADP), 190 millions de francs CFA.
Le CDEPS considère que ces allocations sortent du cadre réglementaire du FADP, notamment pour la RTS et Le Soleil/ADP, qui ne figureraient pas parmi les bénéficiaires explicitement mentionnés par le décret.
L’organisation souligne par ailleurs une forte disparité entre les bénéficiaires : selon ses calculs, un média public aurait perçu en moyenne plus de 187 millions de francs CFA, contre environ 18 millions pour une entreprise de presse privée.
Autre point de discorde : les modalités de dépôt des dossiers. Le CDEPS affirme que la période de dépôt physique, ouverte du 24 au 27 décembre 2025, n’a laissé qu’une fenêtre très courte aux entreprises de presse pour constituer leurs dossiers.
Selon l’organisation, le taux d’acceptation des dossiers physiques serait d’environ 38 %, contre plus de 80 % pour les dépôts numériques via la plateforme DMS. Une plateforme dont l’usage avait pourtant été contesté devant la justice et jugé irrégulier par la Cour suprême.
Pour le patronat de la presse, cet écart révèle « une inégalité procédurale majeure » qui aurait pénalisé les entreprises de presse privées.
Recours annoncés
Face à ce qu’il qualifie de « violations manifestes de la loi et du décret organique du FADP », le CDEPS annonce son intention de saisir l’OFNAC ainsi que les tribunaux afin d’obtenir l’annulation des décisions contestées et d’établir les responsabilités.
L’organisation précise que ces démarches s’inscrivent dans « l’exercice légitime des voies de droit » et ne relèvent pas d’une contestation politique.
Le CDEPS indique par ailleurs que lui-même et l’Association de la Presse en Ligne (APPEL), tous deux membres du Conseil de gestion du FADP, ont choisi de ne pas participer à la conférence de presse organisée par le ministère, afin de ne pas cautionner un processus qu’ils jugent entaché d’irrégularités.
Au-delà de ce contentieux, l’organisation estime que la controverse actuelle pose la question de la crédibilité du mécanisme de soutien public à la presse. Elle appelle à « un sursaut institutionnel fondé sur la transparence, l’équité et le respect du droit », estimant que l’avenir d’une presse libre et indépendante en dépend.
Dans son texte liminaire, le CDEPS affirme avoir suivi « avec indignation » la récente sortie médiatique du ministre de la Communication, entouré de membres de son cabinet et du Comité de gestion du FADP. Selon l’organisation, l’analyse du rapport officiel et des déclarations faites à cette occasion révèle une répartition des ressources et des procédures qui « trahissent l’esprit et la vocation première du Fonds ».
Le CDEPS rappelle que plusieurs décisions réglementaires prises par le ministère ont été annulées par la Chambre administrative de la Cour suprême. L’organisation cite notamment l’arrêt n°71 du 11 décembre 2025, qui a annulé les arrêtés ministériels relatifs à la plateforme numérique « Déclaration Médias Sénégal » (DMS) et à la commission d’examen et de validation, estimant que le ministre avait outrepassé ses prérogatives en imposant aux entreprises de presse des obligations non prévues par la loi.
Un second arrêt, rendu le 12 février 2026 dans l’affaire opposant la journaliste Aïssatou Diop Fall à l’État du Sénégal, a également annulé un arrêté portant cessation de diffusion et de publication de médias jugés non conformes au Code de la presse. La Cour a rappelé que la compétence de suspendre ou de fermer un organe de presse relève exclusivement du Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA).
Pour le CDEPS, ces décisions constituent « des désaveux judiciaires répétés » qui interrogent la légalité de l’action ministérielle.
Une gestion jugée contraire au décret sur le FADP
Au fond, le CDEPS estime que la gestion 2025 du FADP constitue une violation du décret n°2021-178 du 27 janvier 2021, qui encadre le fonctionnement du Fonds. Selon l’organisation, ce texte précise que l’aide est destinée en priorité aux entreprises de presse sénégalaises régulièrement constituées et exerçant sur le territoire national.
Or, la répartition publiée pour l’exercice 2025 aurait attribué près de 29,6 % du budget global à des médias publics. L’Agence de Presse sénégalaise (APS) aurait ainsi reçu près de 197 millions de francs CFA, la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) environ 186 millions et le quotidien Le Soleil, à travers l’Agence de Développement et de Promotion (ADP), 190 millions de francs CFA.
Le CDEPS considère que ces allocations sortent du cadre réglementaire du FADP, notamment pour la RTS et Le Soleil/ADP, qui ne figureraient pas parmi les bénéficiaires explicitement mentionnés par le décret.
L’organisation souligne par ailleurs une forte disparité entre les bénéficiaires : selon ses calculs, un média public aurait perçu en moyenne plus de 187 millions de francs CFA, contre environ 18 millions pour une entreprise de presse privée.
Autre point de discorde : les modalités de dépôt des dossiers. Le CDEPS affirme que la période de dépôt physique, ouverte du 24 au 27 décembre 2025, n’a laissé qu’une fenêtre très courte aux entreprises de presse pour constituer leurs dossiers.
Selon l’organisation, le taux d’acceptation des dossiers physiques serait d’environ 38 %, contre plus de 80 % pour les dépôts numériques via la plateforme DMS. Une plateforme dont l’usage avait pourtant été contesté devant la justice et jugé irrégulier par la Cour suprême.
Pour le patronat de la presse, cet écart révèle « une inégalité procédurale majeure » qui aurait pénalisé les entreprises de presse privées.
Recours annoncés
Face à ce qu’il qualifie de « violations manifestes de la loi et du décret organique du FADP », le CDEPS annonce son intention de saisir l’OFNAC ainsi que les tribunaux afin d’obtenir l’annulation des décisions contestées et d’établir les responsabilités.
L’organisation précise que ces démarches s’inscrivent dans « l’exercice légitime des voies de droit » et ne relèvent pas d’une contestation politique.
Le CDEPS indique par ailleurs que lui-même et l’Association de la Presse en Ligne (APPEL), tous deux membres du Conseil de gestion du FADP, ont choisi de ne pas participer à la conférence de presse organisée par le ministère, afin de ne pas cautionner un processus qu’ils jugent entaché d’irrégularités.
Au-delà de ce contentieux, l’organisation estime que la controverse actuelle pose la question de la crédibilité du mécanisme de soutien public à la presse. Elle appelle à « un sursaut institutionnel fondé sur la transparence, l’équité et le respect du droit », estimant que l’avenir d’une presse libre et indépendante en dépend.
