Menu

Quand les grandes puissances contournent l’ONU : vers l’ère du fait accompli ?

Dimanche 1 Mars 2026

Les frappes menées le 28 février 2026 par les États-Unis et Israël contre l’Iran ont mis en lumière une réalité inquiétante : les règles internationales existent toujours, mais elles ne suffisent plus à contenir la logique de la force. Lorsqu’une action militaire intervient sans mandat collectif, ce n’est pas seulement un État qui est visé c’est l’architecture même de la sécurité internationale qui vacille.


Depuis 1945, le système onusien repose sur un principe clair : limiter l’usage de la force à la légitime défense ou à une décision du Conseil de sécurité. Ce mécanisme est imparfait, souvent paralysé par le veto, mais il constitue un repère. Or, chaque contournement crée un précédent. Et chaque précédent affaiblit un peu plus la norme.
Le problème central est structurel : un Conseil de sécurité puissant… mais bloquable. Quand les grandes puissances s’opposent, l’ONU se fige. Dès lors, certains États choisissent le fait accompli comme substitut à la décision collective. L’exception devient méthode. Et la règle implicite s’installe : la sécurité appartient à celui qui peut frapper le premier ou dissuader par le coût.


Les conséquences dépassent largement le théâtre régional. Une escalade au Moyen-Orient perturbe immédiatement l’énergie mondiale, le commerce maritime, les chaînes d’approvisionnement. Les crises militaires deviennent en quelques heures des crises économiques et sociales globales.

À cela s’ajoute une fracture morale : le sentiment d’un “deux poids, deux mesures” dans l’application du droit international. Cette perception nourrit la défiance et légitime, dans de nombreux pays, la tentation de la militarisation comme seule assurance.

La leçon sera observée ailleurs : Ukraine, mer de Chine, Taïwan, Caucase. Si les institutions ne protègent plus, on s’arme. Si la décision collective est bloquée, on agit seul. C’est ainsi qu’un système international bascule  par accumulation de précédents.
Refonder le multilatéralisme ne signifie pas naïveté, mais pragmatisme : protéger les biens communs stratégiques comme la liberté de navigation ; institutionnaliser des mécanismes permanents de désescalade ; créer des forums régionaux de sécurité progressifs ; adopter une cohérence stratégique, notamment européenne, entre discours juridique et action diplomatique.

L’enjeu dépasse l’ONU elle-même. Le multilatéralisme n’est pas un luxe moral : c’est une technologie de stabilité. S’il s’efface, la force devient norme. Et lorsque la “prévention” sert de justification universelle, elle peut devenir le masque de toutes les guerres.
La vraie question n’est pas qui a raison. La question est : quel ordre international sommes-nous en train de normaliser ?

 Amadou SYLLA- Militant associatif. Paris

Nouveau commentaire :



SPORTS

« Magic in the Air » : le petit garçon au ballon du célèbre clip de Magic System est devenu international sénégalais !

Équipe nationale : « Sadio a souhaité rester avec sa famille », les confidences de Patrick Vieira

Présidence de la FIFA : Kozo Tashima annonce sa candidature contre Infantino

« Je maîtrise mieux le Sénégal que lui » : El Hadji Diouf adresse un message à Patrick Vieira

Sélection nationale : Gana Guèye écarté, Sadio Mané encore absent, Vieira impose ses choix

Éliminatoires CAN 2027 : Patrick Vieira dévoile une liste de 25 Lions, encore sans Sadio Mané

Football: la superstar portugaise Cristiano Ronaldo annonce sa retraite internationale

Ligue des champions : le Real Madrid renverse l’AEK Athènes (3-2) grâce à un but décisif de Valverde

CAF Awards 2026 : le Sénégal à l’honneur avec sept joueurs et entraîneurs nominés

Football : l'attaquant Jesús de Miguel décède après une collision avec le gardien adverse




PEOPLE

Clip dédié à Ousmane Sonko : le nouveau clip de Maabo peine à franchir la barre des 500 000 vues

Musique : Cheikh Lô fait vibrer le public néerlandais à l’Afrika Festival Hertme

Derrière les tenues audacieuses et les controverses, qui est réellement Rebo Tchulo ?

Lamine Yamal : une image de foi et de sérénité

Sénégal : qui est Vénus Ndour, la fille de Youssou Ndour qui fait parler d’elle ?

Jorja Smith : qui est cette chanteuse britannique à la voix envoûtante qui a marqué le Ballon d’Or 2026 ?

Donald Trump fait des commentaires sur les fesses de Nicki Minaj en plein meeting

Il parlait de la mort : un crucifix tombe sur un prêtre et le tue en pleine messe

Musique : Angèle réinvente sa pop avec « Instinct », un album résolument électronique

Meurtre du rappeur Tupac Shakur: Duane Davis condamné à 40 ans de prison minimum