Au moment où une grande partie du monde du football dénonçait le projet de la FIFA d'ouvrir sa nouvelle structure commerciale à des investisseurs privés, la plupart des fédérations africaines sont restées silencieuses. Alors que l'UEFA, la Concacaf et plusieurs dirigeants du football mondial exprimaient ouvertement leurs inquiétudes, la Confédération africaine de football (CAF) a choisi une autre voie.
Contrairement aux autres confédérations, la CAF n'a pas rejeté le projet. Elle a annoncé qu'elle l'examinerait lors de sa prochaine réunion du Comité exécutif. Dans un communiqué, elle a confirmé avoir reçu la proposition de la FIFA et invité ses 55 associations membres à participer au processus de consultation.
Selon la CAF, cette démarche visait à rechercher de nouvelles ressources financières pour soutenir le développement du football africain et mondial. À mes yeux, cet argument est insuffisant. Lorsqu'il s'agit de préserver l'intégrité et l'indépendance du football, les considérations financières ne devraient pas primer.
Le football n'est pas une simple entreprise commerciale. C'est un patrimoine sportif, culturel et populaire. Ouvrir les droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés, quels qu'ils soient, risquait, selon de nombreux observateurs, de modifier profondément la gouvernance de ce sport.
Je regrette que la CAF n'ait pas adopté une position plus ferme, comme l'ont fait l'UEFA et d'autres acteurs du football mondial. Son silence a été perçu par beaucoup comme une forme de soutien implicite au projet.
Cette attitude interroge également sur la place qu'occupe aujourd'hui la CAF au sein de la FIFA. Depuis plusieurs années, de nombreux observateurs estiment que Gianni Infantino bénéficie d'un soutien massif des fédérations africaines, ce qui lui confère une solide base électorale.
Pendant ce temps, plusieurs décisions contestées concernant le football africain ont été prises sans véritable capacité de résistance de la CAF. Beaucoup de supporters ont le sentiment que les intérêts du continent passent parfois au second plan.
Finalement, si Gianni Infantino a renoncé à son projet, c'est avant tout parce qu'il s'est heurté à une opposition déterminée de l'UEFA et d'autres confédérations. L'instance européenne est allée jusqu'à déclarer que le président de la FIFA avait « perdu la confiance » d'une partie de la famille du football. Cette mobilisation a largement contribué au retrait du projet.
Je salue donc le courage des fédérations qui ont défendu leur vision de la gouvernance du football. J'aurais souhaité voir la même détermination du côté africain.
Le football appartient à tous. Il ne devrait jamais être guidé uniquement par des considérations financières, mais avant tout par les valeurs sportives, l'intérêt des supporters et le respect de son histoire.
Par IKDIEME

