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Procès Sonko : Me Clédor Ly charge violemment le système judiciaire

Lundi 22 Décembre 2025

Les avocats de Ousmane Sonko ont tenu un point de presse explosif autour du recours en révision de son procès. Loin d’un exposé technique, la sortie de Clédor Ly s’est imposée comme un acte d’accusation politique majeur, mettant en cause les fondements mêmes de l’État de droit au Sénégal. Une charge d’une rare virulence contre ce qu’il qualifie sans détour de « conspiration politico-judiciaire », aux ramifications nationales et internationales.

D’emblée, Me Ly inscrit la procédure de révision dans une dimension historique. « Ce recours en révision est porteur d’une bonne nouvelle et d’une bonne espérance pour le peuple sénégalais, pour la diaspora, pour l’Afrique et pour tous ceux qui ont tremblé pour ce pays », affirme-t-il. Selon lui, le Sénégal a frôlé un basculement durable vers la tyrannie, sous l’effet de « forces compradores, supports de l’impérialisme occidental », pour lesquelles Ousmane Sonko incarnait une rupture existentielle.



L’avocat dresse le portrait d’un leader systématiquement combattu pour ses choix politiques : « Ousmane Sonko a été violenté, martyrisé, embastillé, en violation de tous ses droits fondamentaux. Son seul tort : avoir porté une vision audacieuse pour l’Afrique ». À ses yeux, Sonko constituait une menace directe pour des intérêts politiques, économiques et diplomatiques hérités de l’ordre postcolonial.

Le ton se durcit encore lorsque Me Ly tranche : « Nous sommes face à l’une des plus grandes conspirations de l’histoire politique du Sénégal, visant à confisquer la démocratie, les libertés et à vassaliser des juges ». Le procès ayant conduit à la condamnation de Sonko est ainsi présenté comme un instrument politique, conçu pour neutraliser un projet de souveraineté nationale et empêcher son porteur d’accéder au pouvoir.

« Le débat sur son éligibilité est clos »

Balayant toute polémique persistante, l’avocat se veut catégorique : « Ousmane Sonko est électeur et éligible aujourd’hui. Tant qu’il aura un souffle de vie, tout débat sur cette question est sans intérêt ». Il précise que le recours en révision ne vise nullement l’éligibilité, mais la restauration de la vérité judiciaire face à une condamnation qu’il juge inique.

Me Ly déroule ensuite un inventaire sévère des manquements procéduraux : « Comparutions forcées, dispositif sécuritaire à caractère militaire, violations répétées des droits de la défense, appels abusifs du parquet et de la partie civile, programmation du dossier avant l’épuisement des délais légaux ». Verdict sans appel : « Le droit a été bafoué. Le procès a été conduit au mépris du droit à un procès équitable ».


L’avocat n’épargne aucune institution. « Le refus de la Cour suprême d’examiner le recours en inconstitutionnalité restera une tache », lance-t-il, avant d’accuser le Conseil constitutionnel d’avoir invalidé une candidature sur la base d’une décision non définitive. « Une commande politique a été exécutée froidement », martèle-t-il.

« Un mensonge d’État organisé »

Pour Me Ly, les accusations reposaient sur une construction délibérée : « Le monde entier était convaincu que ce procès procédait d’un complot politique national, avec des complicités à l’étranger ». Il parle ouvertement d’un « mensonge d’État », entretenu jusque dans les rouages judiciaires.

Dans ce schéma, Mame Mbaye Niang apparaît, selon lui, comme « la tête de Turc d’un système utilisé à des fins politiques ». Il l’accuse d’avoir persisté dans le mensonge avant de quitter le pays pour éviter la confrontation avec la vérité judiciaire.

Enfin, Me Ly insiste sur la portée du recours engagé : « L’amnistie efface la peine, mais pas la condamnation. La révision, elle, annule la condamnation pénale et civile ». Une procédure qui ouvre la voie à une réhabilitation totale, à l’annulation de la déclaration de culpabilité et à la réparation des préjudices économiques, moraux et politiques.

Pour l’avocat, le procès à venir fera date : « Ce procès en révision sera inédit, parce qu’il ne s’agit pas d’une simple erreur judiciaire, mais d’une conspiration politico-judiciaire ». Et de conclure, solennel : « L’immortalité réside dans la vérité, l’éphémère est le dessein du mensonge ».
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