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Presse mondiale : 77 % des menaces proviennent des autorités publiques

Lundi 27 Avril 2026

À l’approche de la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée le 3 mai, une enquête menée auprès de plus de 200 journalistes menacés dans 53 pays dresse un constat alarmant sur les risques croissants auxquels sont confrontés les professionnels de l’information à travers le monde.

Malgré les efforts d’organisations engagées dans la défense de la presse, exercer le métier de journaliste n’a jamais été aussi dangereux. Dans plusieurs régions, l’accès à l’information repose désormais sur le courage de quelques reporters exposés à des pressions multiples.

Les résultats de l’étude révèlent que 37 % des journalistes interrogés ont déjà été victimes d’agressions physiques, d’enlèvements ou d’arrestations, tandis que près d’un tiers affirme recevoir des menaces au moins une fois par mois.

Les sujets les plus sensibles restent largement dominés par la corruption (63 %), suivie des violations des droits humains (59 %), du crime organisé (34 %) et des crimes environnementaux (30 %).

L’enquête met également en lumière l’origine des menaces : 77 % des répondants pointent des représentants des autorités publiques — fonctionnaires, élus ou forces de l’ordre — soit un niveau deux fois supérieur à celui des groupes criminels ou armés (36 %).

Face à ces pressions, la confiance dans les systèmes judiciaires apparaît fortement érodée. 88 % des journalistes déclarent ne pas avoir porté plainte, ou l’avoir fait sans résultat, traduisant un sentiment d’impunité généralisée.

Paradoxalement, les personnes mises en cause redouteraient davantage la médiatisation internationale que les recours juridiques. 68 % des journalistes estiment que leurs agresseurs craignent avant tout les enquêtes journalistiques internationales, contre 15 % pour les déclarations d’ONG et 17 % pour les actions en justice.

Cette crainte s’explique notamment par l’exposition des intérêts à l’étranger. 83 % des répondants considèrent que les enquêtes internationales sur les avoirs, réseaux et activités transnationales constituent une réelle menace pour leurs intimidateurs.

Dans ce contexte, les mécanismes de solidarité journalistique apparaissent comme une réponse efficace. Au sein du réseau SafeBox Network, 65 % des membres constatent une évolution positive après avoir rendu publique leur affiliation à un réseau international de journalistes, réduisant ainsi l’impact des tentatives d’intimidation.

Ces résultats mettent en évidence une dynamique nouvelle : lorsque les enquêtes deviennent collectives et internationales, les menaces perdent en efficacité. Pour les initiateurs de l’étude, la protection des journalistes ne peut plus reposer uniquement sur des réactions après coup, mais doit s’inscrire dans des stratégies préventives et globales.

Dans un monde de plus en plus interconnecté, la défense de la liberté de la presse dépasse désormais les frontières nationales. L’enjeu est de taille : sans journalistes, pas d’information fiable, et sans information fiable, il devient impossible de relever les grands défis contemporains.

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