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Pr. Fatoumata Hane: «L’inclusion des femmes dans les processus de paix ne doit plus relever du symbole, d’une obligation normative ou d’une simple tendance»

Jeudi 19 Janvier 2023

S’expliquant sur le thème «Femmes leaders et promotion de la culture et de la paix», à l’occasion de ce séminaire de deux jours qui a été organisé par l’UNESCO à Ziguinchor, «l’inclusion des femmes dans les processus de paix ne doit plus relever du symbole, ‘une obligation normative ou d’une simple tendance», a défendu Mme Fatoumata Hane, Socio-Anthropologue, Enseignante Chercheure à l’université Assane Seck de Ziguinchor.

Introduisant l’une des thématiques de cet atelier d’échanges sur les femmes leaders et la promotion de la culture de la paix, «cette thématique importante pour l’UNESCO qui soutient depuis plus de 20 ans des initiatives, consultations et recherches pour une approche globale et genre de la prévention des conflits et l’instauration d’une culture de la paix, reste d’actualité dans nos contextes marqués par des incertitudes et des crises diverses : sécuritaire, sanitaire, politique, environnementale, etc.. dont les issues débouchent sur des tensions et conflits. Des préjugés et stéréotypes de genre tendent à présenter les femmes comme des artisanes et bâtisseuses de paix, pourtant leur marginalisation dans les tribunes officielles malgré leur expérience au niveau communautaire nous amène à nous interroger et à discuter de la place des femmes dans les dynamiques de paix », a fait savoir Mme Fatoumata Hane. Si la résolution 1.325 adopté par le conseil de sécurité de l’ONU consacre en 2000 la représentation des femmes dans toutes les instances et à tous les niveaux des institutions de résolution des conflits, «pourtant selon ONUFEM, 5% seulement des signataires des traités de paix étaient des femmes et les équipes de médiation n’étaient constituées que de 2% de femmes entre 1990 et 2017», a ajouté le Pr universitaire (Fatoumata Hane). «L’objectif de cette communication est d’analyser la place des femmes dans les dynamiques de paix qui restent des processus fluctuants et changeants au gré des contextes. Si les femmes sont considérées comme des piliers et des leviers importants de la paix durable», a soutenu Mme Fatoumata Hane. «Comment peut-on comprendre leur mise à l’écart et la non reconnaissance de leur contribution ? Quelles sont les nouvelles dynamiques qu’elles peuvent, en tant qu’agent de transformation sociale, mettre en place pour instaurer une paix durable?», s’interroge-t-elle. «Les dynamiques de paix passent par l’identification des phases temporelles, du reste de plus en plus imbriquées dans les conflits modernes, que l’on appelle les temps de la paix. C’est-à-dire : préserver la paix, rechercher la paix, reconstruire la paix. Pour se faire, il est important de documenter l’ensemble des actions menées tout en impliquant les femmes pour en faire un référentiel pour les acteurs engagés dans les négociations et processus de paix. En effet, la préservation de la paix passe par la prévention des conflits et la promotion des droits, la recherche de la paix par le dialogue, la médiation et la participation citoyenne mais également les conditions de sortie de crise. Pour reconstruire la paix, il est important de promouvoir la justice sociale et le respect des accords de paix et surtout identifier et favoriser les facteurs de paix. La paix, pas plus que la guerre, n’est pas une affaire d’hommes comme l’a montré Joan Johnson Freese. Les femmes n’ont jamais été nulle part des acteurs passifs des victimes silencieuses et leurs formes différentes d’implication doivent être reconnues et partagées pour en inspirer plus d’un. L’inclusion des femmes dans les processus de paix ne doit plus relever du symbole, d’une obligation normative ou d’une simple tendance », a conclu Mme Fatoumata Hane

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