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Pour une majorité présidentielle responsable ( Par El Hadji Diaydi Bâ Cissé)

Lundi 6 Juillet 2026

La recomposition politique en cours ne doit pas être réduite à des ralliements ou à des calculs électoraux. Elle pose une question essentielle de science politique : comment transformer une légitimité électorale en capacité durable de gouvernement ?

Un Président élu ne peut gouverner efficacement sans une majorité organisée, lisible et présente sur le terrain. Une coalition électorale permet de conquérir le pouvoir ; une majorité politique permet de l’exercer. La première rassemble pour gagner, la seconde organise pour gouverner. C’est dans cette perspective que la structuration d’une majorité autour du Président Bassirou Diomaye FAYE peut être défendue. Elle ne vise pas à confisquer le jeu politique, mais à donner une forme organisée à la volonté populaire exprimée dans les urnes.


Cette majorité présidentielle responsable doit reposer sur cinq principes.
D’abord, la liberté des élus : un maire ou un responsable local n’est la propriété d’aucun parti. Il reste libre de soutenir une dynamique politique, dès lors que ce choix se fait sans pression, sans marchandage et dans la transparence.


Ensuite, la séparation entre l’État et le parti : le Président incarne l’État, mais il est aussi porté par une majorité. Cette double réalité impose une ligne claire afin d’éviter toute confusion entre les institutions publiques et l’organisation partisane.


Troisièmement, la territorialisation de l’action politique : une majorité qui n’existe qu’à Dakar reste fragile. Le soutien au Président doit être structuré dans les communes, les départements et les quartiers, au contact direct des citoyens. Quatrièmement, la responsabilité politique : soutenir un Président ne signifie pas seulement applaudir son action. Cela signifie porter son projet, expliquer ses choix, défendre les réformes, mais aussi alerter et corriger lorsque cela est nécessaire.

Enfin, la stabilité démocratique : un pouvoir sans organisation politique solide devient vulnérable aux tensions internes, aux résistances et aux échéances électorales futures. Structurer une majorité n’est donc pas une distraction ; c’est une condition de cohérence gouvernementale. La position défendue par Madame Aminata Touré ouvre ainsi un débat utile. Elle rappelle que la démocratie ne s’arrête pas à l’élection. Elle exige une organisation capable de traduire le vote populaire en action publique durable.


Le véritable enjeu n’est donc pas de savoir si le Président doit disposer d’une majorité organisée. La réponse est oui. L’enjeu est de construire cette majorité dans la transparence, la liberté politique et le respect strict de la séparation entre l’État et les activités partisanes. C’est à cette condition que la recomposition actuelle pourra être comprise non comme une transhumance politique, mais comme une consolidation démocratique.



Par El Hadji Diaydi Bâ Cissé
Administrateur public – Spécialiste en gouvernance publique

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