Le vice-président de PASTEF, Birame Souleye Diop, a livré de rares confidences sur les coulisses de l’organisation du parti entre la présidentielle de 2019 et celle de 2024, tout en réaffirmant sa fidélité au projet politique porté par Ousmane Sonko.
Cette sortie intervient au lendemain des déclarations du président Bassirou Diomaye Faye, qui avait mis en garde contre une possible « dislocation » de Pastef si le parti ne parvenait pas à dépersonnaliser son projet politique. Le chef de l’État avait également rappelé avoir lui-même « bâti » le parti de ses propres mains.
Invité de l’émission « Heure de vérité » sur la RTS, Birame Souleye Diop a choisi de replonger dans plusieurs épisodes marquants de l’histoire récente de Pastef, notamment durant les périodes de fortes tensions politiques précédant l’alternance. Le responsable politique a indiqué que l’actuel président de la République avait commencé très tôt à travailler sur la stratégie électorale du parti après la présidentielle de 2019.
« En 2019, quinze jours après les élections présidentielles de 2019, lui-même le président Bassirou Diomaye Faye est venu présenter la stratégie qu’il a mise en œuvre pour faire gagner en 2024 », a-t-il révélé.
Biram Souleye Diop affirme toutefois que c’est la première fois qu’il décide d’évoquer publiquement certains épisodes internes du parti. « C’est la première fois que je vais le dire en public, sur tout ce qui s’est passé. Je ne suis pas venu à la RTS pour parler de politique », a précisé Biram Souleye Diop. Dans son intervention, il revient notamment sur une nuit qu’il considère comme décisive dans l’organisation stratégique de Pastef. Selon lui, Ousmane Sonko avait transmis des instructions importantes après un échange avec Me Tall.
« Le président du parti, Ousmane Sonko, a parlé avec Me Tall. Ce dernier m’a informé. J’ai quitté là où je passais mon Gamou la nuit même. Et j’ai appelé tout le monde pour leur demander de se retrouver afin d’exécuter ce que le président du parti avait donné comme directive », a raconté le vice-président de Pastef.
Il révèle également que son domicile avait servi de quartier général pour plusieurs réunions sensibles du parti. « Le siège du parti, en tout cas pour les réunions stratégiques, était établi chez moi, dans mon salon », a-t-il confié. Malgré son implication dans les moments clés du mouvement, Biram Souleye Diop assure n’avoir jamais cherché à tirer un bénéfice personnel de son engagement militant. « Personne ne m’a jamais entendu revendiquer quoi que ce soit », a-t-il insisté.
Le responsable politique a enfin lancé un appel à l’unité et au dépassement des querelles internes.« Il n’y a pas de grade plus élevé que simplement le grade du militant. On ne peut être fort que quand on est ensemble », a précisé Biram Souleye Diop.

