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Papa Malick Ndour corrige Sonko: « Sa proposition est dangereuse, démagogique, ridicule et risque de placer notre pays dans les Etats voyous si...»

Lundi 17 Septembre 2018

Papa Malick Ndour corrige Sonko: « Sa proposition est dangereuse, démagogique, ridicule et risque de placer notre pays dans les Etats voyous si...»

Nous voudrons d'abord féliciter Monsieur Ousmane Sonko pour cette nouvelle approche de faire de la politique.Nous pensons qu'il est enfin venu le moment, pour les hommes politique qui aspirent au pouvoir, de formaliser leurs offres alternatives à travers la rédaction de livre.

Toutefois, nous avouons que nous avons été particulièrement déçu par la qualité du contenu et la faiblesse technique des propositions économiques de monsieur Sonko à qui nous vouons, quand même, une certaine considération intellectuelle. En vérité son offre programmatique est simplement fade, archaïque, démodé et pire populiste parfois. Ce qui m'a le plus surpris c'est que, dans son livre, Sonko remet en cause certains fondements ou théories de l'économie sans aucune référence scientifique ou faits stylisés appropriés. Vous pouvez le lire, son livre est dépourvu de bibliographie alors qu'il s'est pourtant attaqué à des evidences sur la politique fiscale, sur les régimes dérogatoires, sur l'endettement extérieure etc...

A cet effet, nous demandons aux senegalais de s'intéresser au chapitre 8 du livre là où le leader des "patriotes" traite des financements de son projet politique. Sur ce chapitre, Sonko dit s'appuyer, entre autres, sur deux piliers pour financer ses "solutions". Il s'agit, notamment, d'hypothétiques ressources qu'il espère tirer de sa promesse de dénoncer tous les contrats passés dans les domaines des mines, du gaz et du pétrole. Nous le disons avec force, cette proposition est dangereuse, démagogique, ridicule et risque, si elle est mis en oeuvre, de placer notre pays dans le lot des États voyous qui n'ont aucune crédibilité vis à vis des investisseurs étrangers. En dehors de cette proposition qui frise le populisme, il nous promet de remettre en cause une bonne partie des exonérations fiscales afin d'accroitre les ressources budgétaires de l'État. C'est sur ce point là surtout que nous avons eu plus de surprise et de déception. Puisque si nous pouvons lui reconnaitre son manque de culture diplomatique sur la première proposition qui peut être assimilable à une déclaration de guerre aux investissements directs étrangers, nous ne pouvons qu'être déçu d'un tel manque de culture économique de la part de quelqu'un qui se définit comme un brillant cadre issu de notre respectable fonction publique.


A travers cette proposition, les sénégalais doivent savoir que Sonko promet de s'attaquer à un levier important de régulation de l'activité économique et sociale du pays. En vérité, et contrairement à ce que le leader de Pastef veut faire croire, les exonérations fiscales ne sont rien d'autre que des subventions octroyées, par la voie fiscale aux chefs d'entreprise, aux collectivités publiques et autres ménages. En guise d'exemple, dans le dernier rapport sur les dépenses fiscales de 2015, ces différents agents ont bénéficié, de la part de l'État, près de 521,4 Mds, soit plus de 80% des exonérations fiscales.


 A cet effet, dire je vais m'attaquer aux dépenses fiscales c'est rien d'autre que diminuer le pouvoir d'achat des sénégalais et priver nos investisseurs privés de moyens supplémentaires nécessaires à leur développement. C'est curieux d'ailleurs de la part de celui qui promet de lutter contre les inégalités et qui fait du patriotisme économique son modèle de développement. Sonko doit apprendre que le socle du patriotisme économique ce sont des ménages épanouis dont le pouvoir d'achat est renforcé et un secteur privé local qu'on aide et qu'on accompagne. Promettre le matraquage ou le terrorisme fiscal c'est simplement tuer la consommation, l'emploi et le développement de l'initiative privée. Ensuite j'avoue que je n'ai pas reconnu le fonctionnaire Sonko quand il résume le changement de l'année de base de notre économie à une certaine " manipulation du ministère des finances consistant à redéfinir la base de calcul des indicateurs macro-économiques" (Voir page 151 du livre). Sur ce point il a douté de la probité morale de tous les agents assermentés de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie qui ont été au coeur du projet, mais mieux, et sans le savoir, remis en cause sa propre thèse sur la faiblesse du taux de  pression fiscale qu'il dit être en dessous du ratio des 17% et dont le niveau actuel est imputable au changement d'année de base qu'il critique lui-même. Sur ce point je relève un manque de rigueur intellectuelle puisque étayer une thèse sur la pression fiscale en se basant sur la révision de l'année de base et remettre en cause cette révision pour ne pas chercher des arguments valable quand ce même changement d'année base est à l'origine De la baisse du taux d'endettement c'est pas sincèrement digne d'un homme qui prône la rupture.


En vérité, dans son livre, Sonko n'a récité que ce qu'il a appris au syndicat des impôts et des domaines. Il doit juste apprendre à comprendre que notre pays, le Sénégal, n'est pas un syndicat corporatiste ou on peut facilement mettre en oeuvre des décisions qui accentuent des inégalités et exposent nos pays à tous les risques imaginables. Un pays, c'est du sérieux et on peut pas le diriger avec une idéologie qui divise. Une idéologie d'ailleurs qui s'inspire du populisme-ultranationaliste d'inspiration fasciste.

Heureusement que les sénégalais ne sont pas dupes, le 24 février 2019, nous parions qu'il nous refera le coup des législatives en insultant encore le peuple senegalais, lui qui disait que "le peuple ne doit plus pleurnicher. Il doit considérer que ce n’est pas le pays qui est Macky, mais ce sont eux même qui sont Macky. Ils n’ont qu’à l’assumer." (Conférence de presse de Sonko du mercredi 09 Août 2017).

Papa Malick NDOUR
Économiste des Finances Publiques
Président du Conseil départemental de Guinguineo

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